The supremacy of Pure Blood begin here.
Dans la nuit du 31 octobre 1981.
Attaque perpétrée par les forces du Lord: Peter Pettigrow tue le jeune Harry dans son sommeil pendant que James et Lily Potter sont aux mains des Mangemorts qui perquisitionnent le couple. Peter transplane avant de se faire repérer par ses amis.

Pendant ce temps …
Un groupe de chercheur en médicomagie présentent les résultats d’une étude sur le développement d’un vaccin pour protéger les sorciers des morsures de loups-garous. Personne n’entend parler de la mort du jeune Harry Potter... - Lire le contexte -
RèglementLa vielle magieLe sangPrédéfinisLes BottinsPartenariats
A savoir
# Forum dans l'univers de J.K. Rolling - Première guerre - Uchronie Dystopique - Monde adulte.
# Contexte évolutif, chaque personnage compte! Luttez pour la victoire de votre camps!
# Codage par Okhmhaka sur Never-Utopia; Images par Lüly (Eléonore); Codages supplémentaires par Sulpica;
Intrigue II
Suite à l’attaque du Chaudron Baveur par le ministère en quête de nés-moldus à emprisonner, le bilan des pertes est lourd. Remus Lupin, fidèle membre de l’Ordre a été emprisonné en sa qualité de Loup-Garou et se fait chaque jour torturer afin de lui sous-titrer des informations. Coup dur pour l’Ordre, dont l’information leur parvient grâce à Sulpicia Mulciber, la colocataire de Remus. Une opération de libération se profile à la prison de l’Abbey de Westminster. Leadée par Sirius Black, Nyneve Mckinnon, Peter Pettigrow et Sulpicia Mulciber s’infiltrent avec fracas dans la prison. Si Severus Rogue et Lucius Malefoy tentent de les arrêter, ils se retrouvent rapidement en position délicate grâce à l’arrivée du groupe de secours composée d’Arthur Weasley, Elena Dragomirov et Eléonore de Phily.
Le bilan est difficile pour les mangemorts. Non seulement Remus est sauvé, mais tous les prisonniers sont libérés et ce malgré l’équipe d’une dizaine de mangemorts et d’Aurors envoyés par le ministère. C’est une belle victoire pour l’Ordre, l’orage gronde au Ministère. Amycus Carrow est furieux, il va falloir payer les pots cassés...
Intrigue I
« Harry Potter est mort. L ‘élu a été tué. Le monde magique est proche de sa fin. Résistez ou fuyez! Harry Potter est mort! ». En ce beau matin de novembre 1981, la une de la gazette du sorcier aurait pu annoncer la tragique attaque de Goodrich’s Hollow. Les sorciers du royaume uni auraient pu se réveiller avec une nouvelle bien tragique, s’ils savaient qui était Harry Potter. Au lieu de cela, la gazette annonçait en sa première page la découverte prodigieuse d’un vaccin pour protéger les sorciers des morsures de loups-garous. Nul ne se doutait des terribles événements qui avaient eu lieu dans la nuit, relatés page 12 de la gazette dans un tout petit encadré : « Des Mangemorts perquisitionnent un couple suspecté de faire partit de l’ordre du phénix. Tournant au vinaigre, un enfant meurt durant l’intervention. ». Ni plus, ni moins, le jeune Harry James Potter était mort. La prophétie ne se réalisera jamais. Voldemort venait d’assoir son pouvoir en tant que 1er Ministre de la Magie.
1981; Grande-Bretagne
everything is falling apart

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 Come Together, Together as One [Mereath]

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Come Together, Together as One
Mérope Valentine Greengrass & Heathcliff Armand Lovecraft

L'aube naissait à peine d'une lune rousse qui disparaît à l'horizon. Les lueurs moirées de l'astre de la nuit évanescente avortent de leurs derniers maigres rayons pour laisser la pâleur de l'aurore éclore. Les bruissements infimes du vent agite quelques feuilles à la cime du grand charme qui veille sur le manoir Lovecraft. Aucun son ne semble vouloir déranger le lever paresseux d'un soleil tiède à la lueur encore trop farouche. Il dort. Paisiblement. Son souffle aussi régulier que le balancement morne du métronome céleste. Son visage blafard aux yeux cernés est enfouis dans un oreiller en plume d'oie. Deux lèvres blêmes et gonflées s'entrouvrent pour laisser s'échapper les effluves âcres de la nuit. Le sommeil rend ses traits moins carrés et apporte de la finesse à son faciès. Il sourit presque, porté par la douceur manifeste de ses songes. Son long corps blanc, enlacé dans un draps de soie noire, laisse entrevoir la multitude de dessin dont l'encre sombre frémit à chaque respiration lente et profonde. Ses jambes immenses sont repliés sur son ventre et l'on dirait presque qu'il retrouve la position d'un enfant à naître.

Prudence Rosier, devenue Prudence Lovecraft, le regarde. Bien que son fils ait grandi, elle le voyait toujours avec les yeux d'une mère contemplant son bébé. Sa posture restait la même que dans son enfance, lorsqu'il n'était qu'un minuscule garçon à la chair d'albâtre et à la tignasse noir corbeau. Il avait la même façon de caler la paume de sa main sous sa joue, la même expression du visage malgré les quelques rides qui apparaissaient ça et là, mues par les affres du temps. Émue, Prudence contourne le lit à baldaquin gigantesque, à pas lents, sans faire un bruit. Des lourdes tentures de velours pourpres empêchent les premiers rayons du jour de poindre dans la chambre au style gothique qu'occupait l'endormi. Elle s'approche, venant tout contre sa tête et laisse une paume tendre caresser doucement l'arrière de sa nuque, là où les cheveux longs rencontraient le crâne rasé. Dans un feulement presque inaudible, elle chantonne une comptine sans parole, un simple mélopée légère. L'homme ondule, fronce légèrement son grand nez droit, laissant une langue rose venir humidifier sa bouche sèche. Prudence poursuit sa mélodie en fredonnant plus fort. Bien qu'elle dépasse la soixantaine, sa voix est toujours aussi claire, presque cristalline. Lentement, le géant se laisse happer hors de son délicieux sommeil.

Ses paupières papillonnent, les différents tatouages s'animent alors qu'il étend les bras pour s'étirer. Deux pupilles à la couleur différentes apparaissent enfin et se pose sur la femme attendrie, assise au bord du lit. Un immense sourit fend le visage encore endormi d'Heathcliff alors qu'il se retourne du côté de sa mère. D'un bras long, il l'enlace doucement tandis qu'elle baise son front avec affection. Il ronronne, surprit par ce réveil plutôt inhabituel. Il était rare que Prudence vienne troubler le repos de son fils, d'autant plus lorsqu'il était aussi tôt. Mais cette journée avait cela de spécial qu'elle ne put attendre qu'il se lève de lui même. Elle sourit de ces mêmes lippes pleines et pâles avant de lui tendre un petit paquet emballé de papier kraft et de ruban. Intrigué, Heathcliff se redresse, le draps coincé entre ses cuisses pour masquer sa nudité, et passe une paume pour tirer ses cheveux en arrière. Il baille et attrape finalement le paquet qu'il s'affaire à dénouer précautionneusement. Prudence reste là, immobile et muette, observant simplement les gestes de son fils avec une lueur de curiosité et d'impatience dans le regard. Le brun termine de déballer un écrin recouvert de velours qui parait ridiculement petit dans ses larges paumes. Pourtant, il tient l'objet presque religieusement, avec un respect touchant du sacré. Bouche bée et les doigts tremblants, il ouvre lentement la boite et dévoile un magnifique bijou.

N'y tenant plus, Prudence émit un petit cri strident avant de prendre l'écrin des mains de son fils. Elle en extirpe un anneau d'or blanc tressé, d'une finesse inégalée, monté d'un splendide saphir d'un bleu profond serti dans un pétale de nacre. L'ouvrage était aussi régulier et parfait qu'on aurait pu l'attendre d'un bijoutier sorcier de cette renommée. Prudence remet attentivement la bague dans son coffret et le tend à nouveau à Heathcliff qui fronce légèrement les sourcils. Sa mère a toujours été une incorrigible curieuse. C'était déjà miraculeux qu'elle l'ait attendu pour ouvrir le paquet. Le professeur n'aurait sans doute jamais du la mettre au courant de son projet avant l'arrivée de la bague, mais il ne pouvait rien cacher à sa mère. Il jette un coup d'oeil plus insistant au joyau qui brille de mille éclats. Korsakoff avait fait un travail formidable sur cette création. Il retourne le bijou et inspecte l'intérieur du pétale de nacre où il trouve comme il l'avait commandé, une hirondelle finement gravée. Satisfait, Heathcliff referme l'écrin et s'étire à nouveau. Il lance un coup d’œil complice à sa mère :

"C'est pour ça que tu m'as réveillée ? Curieuse !"

Elle ne répond pas et se contente de quitter la chambre le pas leste alors que pour la première fois, Heathcliff distingue une odeur gourmande de café chaud et de croissants sortis du four.

***

Il se redresse. Il vient d'attacher à la patte de son corbeau Lazarus, une missive des plus urgentes. Des jours qu'il attendait de recevoir le bijou, des jours que cette lettre invitant Valentine au bord du loch Ness, sur la rive ouest en face du Manoir, là où les moldus voyaient les ruines du château d'Urquhart, était écrite et n'espérait qu'à être envoyé. Il tire une fois de plus sur le ruban de satin bleu pâle qui accroche le parchemin et vérifie sa solidité avant de laisser Lazarus s'envoler en direction de Liverpool. Il sent un fourmillement naître dans chaque muscle de ses longues jambes et déjà l'impatience le saisit à la gorge. Il quitte la plus haute tour du manoir Lovecraft, non sans un regard pour la poutre du plafond portant encore les stigmates de la corde magique qui l'eut ceinte avec force. Un soupire grave et il descend quatre à quatre les escaliers en colimaçon avant de se rendre dans sa suite. Les elfes de maison, surement avertis par sa tendre mère, avait déjà sorti pour Heathcliff, un magnifique costume noir, de facture anglaise, coupé sur mesure pour sa taille immense. Une chemise bleu nuit, une longue cravate de soie et un veston ajusté complétait la tenue qu'il porterait avec ses sempiternelles cuirasses de cuir. Il est presque midi quand il parait enfin, entièrement vêtu, le visage poudré de blanc, les lèvres couvertes de pigment vermillon, les yeux cernés de khôl, une touche de parfum de musc et de santal derrière les oreilles et dans le creux des poignets.

Trônant sur la table de lit, l'écrin miroite dans les reflets du loch baigné de soleil se réfléchissant dans les grandes fenêtres hautes de la chambre. Heathcliff l'empaume avec délicatesse et le range dans la poche intérieure de sa veste, vérifiant une dernière fois la perfection étincelante du bijou qui patientait paresseusement dans sa boite. L'horloge ancienne du grand hall du manoir retentit de douze coups quand le professeur descend avec prestance et charisme l'escalier de marbre menant à la porte d'entrée. Dans l'ombre d'une tapisserie, Prudence observe en silence la scène, murmurant des encouragements pour son fils chéri, sans pour autant se risquer à le déranger. Elle s'efface finalement alors qu'il ouvre les battants de chêne massif de ses larges paumes gantées de velours, et enfile ses lunettes fumées pour protéger ses fragiles rétines du soleil. Le majestueux astre du jour luit paisiblement en se reflétant dans l'onde opalescente du loch. Heathcliff s'avance, contemplant le magnifique château d'Urquhart qui lui fait face. Dans sa lettre, il précisait attendre Valentine sur les berges du loch dans les ruines de l'ancienne chapelle, au cœur d"un cimetière médiéval aux pierres tombales inclinées et à la pelouse verte bien entretenue. Dans un délicat mouvement du poignet, il transplane avec grâce exactement à l'endroit décrit dans sa missive. Parfaitement à l'heure, il range sa baguette dans son étui, tapote doucement la poche contenant la bague, réajuste son veston, sa cravate et ses gants, et se tourne finalement vers le loch, cherchant dans les méandres des profondeurs s'étalant sous ses yeux, le courage pour la demande qu'il s'apprêtait à faire.


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Mereath
With this hand I will lift your sorrows. Your cup will never be empty, for I will be your wine. With this candle, I will light your way into darkness. With this ring, I ask you to be mine. ▬ CORPSE BRIDE

Une lueur d'été aussi douce qu'une caresse se fraye timidement un chemin dans l'interstice entre les deux rideaux épais et sombres qui masquaient les fenêtres. Créant un mur d'obscurité, ils s'étendent de toute la hauteur des hauts plafonds de la pièce et glissent lourdement jusqu'au parquet ancien sur lequel ils traînaient de quelques centimètres. L'éclat de lumière glisse avec douceur le long du sol créant un sillon flavescent d'un rectiligne parfait, traversant la pièce jusqu'à venir escalader l'ossature aux ornements complexes d'un grand lit à baldaquin en chêne surplombé d'une épaisse couverture assortie au bleu roi des rideaux. Lentement l'éclat poursuit son chemin jusqu'à rencontrer la peau neigeuse d'une petite main aux doigts fins, légèrement osseux raccroché à un poignet fin duquel pend un bracelet en argent finement tressé.

Sous la peau claire la couverture se soulève au rythme d'une respiration aussi endormie que silencieuse. Ses traits lisses, ses longs cils noirs et ses lèvres d’un rose nacré lui donnent les allures d'une jeune Vélane encore toute plongée dans les songes volatiles d'une douce nuit d'été. Dans son sommeil elle gigote doucement et se tourne jusqu'à ce que le halo astral vienne couvrir ses traits inanimés, les caressant d'une doucereuse chaleur qui la tirent lentement hors de sa léthargie somnolente. Ses deux voiles s'ouvrent enfin, lentement et avec la grâce d'un levé de rideau sur la beauté translucide de ses deux prunelles fraîchement ravivées.

Elle cligne légèrement en silence, comme pour s'assurer qu'elle ne rêve plus et dans un léger râle elle se redresse et étire son corps svelte, ses gestes sont souples et silencieux, son expression calme et sereine. Elle reste un moment là, immobile dans la semi obscurité de sa chambre avant de repousser l'épaisseur de draps sur elle pour se hisser hors du lit, se laissant presque glisser sur le sol frais qui craquelle légèrement sous son poids. D'un pas lent elle se dirige vers la fenêtre d’où se diffuse la traînée lumineuse et d'un geste assuré tire le rideau, baignant alors l'intégralité de la pièce dans la clarté de cette fin de matinée de juillet. La luminosité est telle qu'elle la force à plisser les yeux quelques instants avant de s'y habituer pour de bon. De l'autre côté de la vitre le jardin du manoir s'étend de tout le calme dont il puisse être capable, véritable jardin d’éden au cœur de la jungle urbaine.

Ses yeux se portent sur les murs d'enceinte qui entourent à présent le manoir et un instant elle se rappelle les longues heures qu'elle avait passé derrière cette fenêtre lorsqu'elle était enfant, que le jardin n'existait pas et que ces vitres lui offraient une vue imprenable sur l'agitation des rues, sur les rires des enfants de son âge qui jouaient chaque jours sous ses fenêtres sans jamais s’apercevoir du petit regard innocent et tellement envieux qu'elle portait sur eux. Un jour sa mère l'avait ainsi surprise en pleine observation contemplative de la vie des enfants moldus dehors et la petite Mérope avait alors cru recevoir une correction à la hauteur de la colère qu'elle avait lu dans ses yeux. Pourtant elle n'en fit rien et s'était contenté de quitter la pièce sans mot dire. Quelques jours plus tard, les terrains autour du manoir avaient été rachetés et les maisons détruites au profit d'un sublime jardin qui vit le jour quelques mois plus tard, un jardin confortablement entouré de hauts murs de pierre qui lui cachèrent à jamais la vue sur la rue.

Dans un soupire silencieux la jeune femme s'éloigne de la fenêtre et se retourne doucement. Ses yeux traversent la pièce et viennent se poser de l'autre côté de celle-ci sur le secrétaire ancien et luxueux orné des même graphismes complexes que le lit, qui lui sert là plupart du temps à lire ou à travailler. A cette distance elle y distingue une pile de parchemins sur lequel elle a griffonné quelques notes notes ainsi que sa baguette magique. Au sommet du meuble, trône un grand vase de cristal ciselé dans lequel baigne un bouquet de roses dont les pétales resplendissent d'un rouge cramoisi d'une profondeur enjôleuse, similaire à l'encre teignant habituellement les lèvres d'un homme plus que cher à son cœur.

Voilà plusieurs semaines qu'elle était rentrée de Poudlard pour la dernière fois non sans un pincement au cœur après sept années passées au château. Le dernier jour avait un des plus angoissant qu'elle avait eu à vivre entre ces murs. En effet c'est pendant cette ultime journée que devaient être révélés aux septième année les résultats de leurs ASPIC et bien que Mérope était une excellente élève qui n'avait théoriquement pas à s'angoisser, naturellement elle s'angoissait, faisant les cent pas depuis le matin à travers les appartements d'Armand qui s'était absenté. Aux dernières nouvelles les résultats devaient être affichés dans le hall à partir de quinze heure et environ une demie heure avant, la Serdaigle mourant d'impatience avait prit la décision de descendre et d'attendre dans le hall. C'est à cet instant qu'elle avait eu la surprise de voir Armand s'engouffrer dans la pièce armé de son plus beau sourire tandis qu'entre ses mains immenses il tenait avec une certaine excitation le bouquet de roses qu'il s'apprêtait à lui offrir sans se rendre compte qu'il avait été trop hâtif et qu'il venait de lui révéler le résultat avant l'heure prévue et officielle, ce qui fut pour le coup un des avantages les plus concrets d'avoir pour unique amour un professeur de Poudlard.

Il lui avait offert le bouquet en déposant un tendre baiser sur son front, ses deux iris asymétriques brillantes d'une joie et d'une fierté non dissimulée, inlassablement posées sur celle qu'il aime. La prenant tendrement entre ses longs bras il lui avait expliqué qu'en plus d'être éternelles, il avait lui même ensorcelé le bouquet de sorte que les roses se teignent automatiquement de cette teinte pourpre si particulière lorsqu'il pensait à elle. Le problème – si c'en est un- c'est que depuis qu'elle l'avait, jamais elle n'avait eu l'occasion de le voir prendre une autre couleur que celle-ci.

Cette pensée ne tarda pas à lui arracher un énième sourire d'une niaiserie sans fin comme à chaque fois qu'elle lui effleurait l'esprit et alors qu'elle rêvasse telle une adolescente aux bras de son tendre aimé un cliquetis sec contre la vitre derrière elle se fait entendre et la fait légèrement sursauter. Elle se retourne et découvre Lazarus, le messager d'Armand posé sur le rebord de la fenêtre, il semble porter à la patte quelque chose de lourd. Lorsqu'elle entrouvre la fenêtre l'oiseau déploie ses grandes ailes sombres et se pose sur l'épaule nue de la jeune femme, la griffant légèrement entre ses serres. « Bonjour Lazarus, tu as quelque chose pour moi c'est ça? » Comme pour lui répondre le corbeau croisse, tapotant légèrement son crane du bout de son bec pointu tandis qu'elle détache avec douceur la missive de sa patte. Non loin de là, Elsa dans sa cage semble s'offusquer du spectacle qui se déroule sous ses yeux jaunes, remuant ses petites ailes rousses et hululant plus fort que de raison ce qui finit par attirer l'attention de sa maîtresse qui s'approche de la cage « Elsa, sois un peu raisonnable, tu vois bien que tu n'aurais jamais pu transporter un morceau de parchemin si lourd.»  Boudeuse, la chouette lui lance un regard farouche tandis qu'elle lui tourne le dos en silence. Levant les yeux au ciel Mérope reporte son attention sur le parchemin soigneusement enroulé et scellé d'un ruban de satin bleu pâle tandis que Lazarus quitte son épaule et rejoint rapidement le rebord de la fenêtre pour s'envoler à nouveau. Lorsqu'elle l'ouvre elle y distingue la calligraphie fine et penchée d'Armand.

Valentine,

Peut-on se rencontrer aujourd'hui ? Je t'attendrai à midi trente sur les berges du loch dans les ruines de l'ancienne chapelle, au cœur d'un cimetière médiéval aux pierres tombales inclinées et à la pelouse verte bien entretenue.


J'espère t'y retrouver bientôt, bien à toi,
Armand.

Son cœur décrit un bon dans sa poitrine tandis qu'elle pose la missive près de la cage d'Elsa qui ronchonne toujours. Sa maîtresse elle est tellement emplie de liesse qu'elle ne s'en préoccupe guerre et s'avance d'un pas décidé vers le secrétaire duquel elle sort un petit morceau de parchemin qu'ainsi qu'une plume et de sa plus belle écriture griffonne un petit mot qu'elle laisse ensuite bien en évidence sur le bord du meuble.

Je suis sortie faire quelques achats au chemin de traverse. Ne m'attends par pour déjeuner.
Mérope

Bien qu'elle sache que sa mère n'apprécie pas vraiment qu'elle s'absente, Mérope avait cependant pu remarquer qu'elle semblait s'être radoucie depuis qu'elle avait vu ses résultats irréprochables en ASPIC ce qui lui laissait pour le moment une petite longueur d'avance pour mener ses projets de la journée à bien.

Après plusieurs minutes d'hésitation, la jeune femme fini par enfiler une petite robe de couleur blanche, simple et cintrée qui semble merveilleusement mettre en valeur sa taille de guêpe tout en masquant par un peu plus d'évasé vers le bas ses formes fluettes. Lorsqu'elle passe devant le miroir elle laisse tomber sur ses épaules et son dos la cascade de boucles dorées qui au contact de la lumière forme une couronne opalescente et sauvage autour de son visage à la peau laiteuse. Un léger trait de khôl venant accompagner la clarté translucide de ses deux iris humides apporte à ses traits enfantins la touche qu'il manquait pour que le petit bourgeon proche de l'éclosion ne devienne un majestueux lys immaculé.

Elle laisse couler à l’intérieur de ses poignets et au creux de sa gorge quelques gouttes de jasmin avant de se saisir d'une minuscule bourse blanche qu'elle a ensorcelé dans laquelle elle glisse quelques affaires ainsi que la lettre d'Armand qu'elle a prit soin de plier. Enfin et à l'aide de sa baguette elle noue soigneusement le ruban pâle autour de son poignet, terminant la manœuvre par un nœud fin. Une fois prête et alors que l'horloge est sur le point de sonner le douzième coup de midi, la jeune femme prend une profonde inspiration et transplane.

L'exercice est quelques fois encore un peu laborieux pour une novice, tant et si bien qu'elle se rend vite compte qu'elle a atterri de l'autre côté du cimetière décrit par Armand. Celui-ci se trouvant un peu en contrebat, l'espace et la hauteur lui laissent tout le loisir d'observer la beauté presque théâtrale du lieu. L'astre majestueux, dont les reflets se projettent dans l'eau du loch lui donnent l'aspect d'un miroir immense et scintillant dans lequel semblent se fondre la nature verdoyante et le ciel d'un bleu parfait. Sur les bords du miroir, de petits sentiers de pavés anciens et grisâtres sillonnent la terre entre les rangées de croix penchées où reposent depuis des temps immémoriaux les âmes endormies de ceux qui ont jadis peuplés ces terres celtiques.

Prenant soin de ranger sa baguette dans la bourse qu'elle laisse pendre à son poignet, Mérope s'avance, silencieusement, religieusement comme pour ne pas déranger tandis qu'elle emprunte les vestiges d'un escaliers dont les pierres détruites et rongées par l'érosion sont pour la plupart réduites de moitié. Précautionneusement elle atteint la terre ferme et entame une épopée errante entre les sépultures dont les inscriptions gravées dans la pierre s'effacent ostensiblement.  

Au centre du cimetière se dresse comme il l'avait indiqué les ruines encore importantes d'une petite chapelle de pierre grise sur laquelle la nature semble par endroits avoir reprit ses droits, le lierre s'infiltrant ça et là entre les pans de mur restants. Elle s'avance et franchi les quelques marches qu'il reste du seuil avant de s'immobiliser aux pieds de la nef. Il se tient là prêt de l'autel, dos à elle et faisant face au loch dont on peut à nouveau apercevoir l'étendue brillante à travers le peu qu'il subsiste du mur de fond de l'édifice à ciel ouvert. Son cœur qui n'a cessé de battre la chamade depuis l'ouverture du courrier semble avoir atteint en l’apercevant le paroxysme de cette danse infernale qui lui serre la gorge et lui tord légèrement les entrailles. Lentement elle sent le sol devenir mouvant sous ses jambes de coton qui peinent à lui obéir lorsqu'elle entreprend d'avancer vers lui.

Prenant une grande inspiration elle s'avance le long de la nef dont les délimitations sont encore perceptiblement marquées au sol par les restes d'une sorte de peinture dont les reflets vermillon ont déteint. Les deux mains entrelacés l'une dans l'autre comme si elle tenait un bouquet devant elle, Mérope se prête un instant au jeu telle une enfant rêvant au jour où ce sera son tour de revêtir une robe blanche et de marcher droit devant elle vers l'homme avec lequel elle a choisit de partager sa destinée. Les joues légèrement roses et affichant cet éternel petit sourire niais qu'elle n'arrive même pas à cacher en pinçant les lèvres elle arrive à hauteur des trois marches qui mènent à l'autel. Juste derrière lui elle reste quelques secondes là en contrebat à l'observer de toute sa magnificence ainsi monté sur ce piédestal sacré. Ses yeux s'emplissent d'une tendresse infinie à mesure qu'elle continue à le regarder. « Armand ?» prononce-t-elle doucement, comme un murmure dans le dos de celui à qui elle aurait offert toutes les destinées possibles, si il le lui avait simplement demandé.


©️ Gasmask

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-ELLE EST L'ECLAT DE LUMIÈRE QU'IL ENTOURE DE SES OMBRES. -
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Il attend. Le souffle erratique d'une brise estivale caresse sa nuque et ébouriffe les petits cheveux qui s'entortillent dans le bas de son cou. L'onde se poursuit sans se casser sur la minuscule chapelle aux murs de pierre massifs, ébranlant les pans séculaires de calcaire qui toise les tombes penchées l'entourant d'un repos sempiternel. La surface opalescente du loch frémit à peine sous la bourrasque, les quelques saules dont les feuilles pendent à sa surface vibrant dans un bruissement léger presque hypnotisant. Il reste là à se repaître de la mélopée du vent dans les branches et de la symphonie de sifflement lorsqu'il s'engouffre entre les vieilles roches de la bâtisse médiévale. Un frisson coule le long de son échine et il tire machinalement sur les pans de son veston pour en maîtriser le tombé, parfaitement ajusté à sa stature gigantesque pour marquer le pli de son aine. Il réajuste pour la douzième fois le nœud parfait de sa cravate de soie pour qu'il enserre délicatement la base de son cou. Ses clavicules saillent sous la chemise bleu nuit et la veste noire ouverte. Ses deux bras se repositionnent, droits et raides, ses paumes gantées superposé sur son entrejambe pour masquer la crispation de ses longs doigts arachnéens. Il sait que midi est passé, comptant mentalement les minutes qui s'égrainent et le séparent de l'apparition enchanteresse qu'il attend depuis son réveil.

Il ferme les yeux. Sous ses paupières closes se dessinent les traits fins et angéliques de son aimée. La courbe féminine de sa mâchoire, son nez fin et droit, ses prunelles banquises mêlant le feu et la glace dans le même regard d'une profondeur abyssal, ses longues mèches flavescentes qui illuminent son visage d'une grâce inégalée, ses lèvres à la moue boudeuse, pétales de nacre qu'il rêve de mordre de ses crocs acérés pour en triturer la muqueuse tendre. L'attente est insoutenable. Elle lui coupe le souffle et fait battre son cœur plus vite. Trop vite. Il est attentif au moindre frémissement, au moindre bruissement anormal qui trahirait la présence de Valentine. Mais les feulements du vent l'assourdissent et l'empêche de distinguer le pas chaloupé de la silhouette minuscule qui a transplané dans son dos. Il ne la voit pas marcher lentement en mesurant chaque pas comme si elle fredonnait intérieurement la marche nuptiale, les mains jointes sur son ventre, dans sa ravissante robe blanche. L'illusion était parfaite et c'est heureux qu'il ne s'en soit nullement rendu compte aux vues de la teneur de cet entretien. Ce n'est que lorsqu'elle l'interpelle de sa voix cristalline, un simple murmure à peine plus audible que la brise qui tourbillonne autour de leur deux corps bientôt réunis. Il fait volt face. Un sourire fend immédiatement son visage anguleux, ouvrant ses lèvres carmines dans un rictus familier à la jeune femme qui s'est accoutumée à cette manière particulière de sourire.

Son myocarde loupe un battement et il sent ses jambes se ramollir sous son poids. Elle est là, quelques marches en contre bas, petite poupée de porcelaine dans sa robe blanche cintrée à la taille qui ne demande qu'à tourner au creux de sa boîte à musique. Douce ballerine à la couronne d'or, elle rayonne plus encore que le soleil de midi qui caresse sa peau pâle. Elle a l'air encore plus minuscule que d'ordinaire, plus fragile aussi avec sa bourse blanche pendant au bras auquel Heathcliff remarque le ruban de satin qui scellait sa missive, noué autour des minces os du poignet. Son rictus s'agrandit encore et il semble que la commissure de ses lèvres cherche à atteindre ses zygomatiques. D'un pas, il descend les trois marches qui les séparent encore l'un de l'autre. Précautionneusement, comme s'il manipulait une statue de verre, il enroule ses bras reptiliens autour de ses hanches et vient la presser contre son corps comme s'il cherchait à l'absorber toute entière. L'étreinte se fait longue et tendre, le temps s'étant arrêté pour les deux amoureux qui se retrouvent après une trop longue séparation. Finalement il écarte son visage émacié et dépose délicatement ses lèvres pleines recouvertes de pourpre sur les pétales satinées de Valentine. Le baiser reste chaste quelques secondes avant que la langue affamé du professeur se fasse mutine. Aventureuse, elle passe la barrière de ses lèvres et rejoint sa compagne pour une danse effrénée. Un bras entoure toujours sa taille alors qu'une main gantée vient empaumé son visage avec douceur, laissant le tissu moiré effleurer la peau velouté de son ancienne élève.

A bout de souffle de l'embrasser à en perdre haleine, Heathcliff pose tendrement son front contre celui de Valentine, le dos cassé en deux pour parvenir à sa hauteur bien qu'elle se soit instinctivement mise sur la pointe des pieds. Son sourire est encore plus carnassier lorsqu'il se relève sans retirer son étreinte possessive. La petite poupée aurait pu être effrayée, mais elle avait à présent apprivoisé le géant aux traits monstrueux. Elle savait voir la beauté derrière chaque mimique grimaçante, l'éclat magnifique d'un sourire derrière le rictus goguenard, les yeux brillant d'amour derrière les deux pupilles asymétriques. Les doigts du professeur agrippe inconsciemment les poignées d'amour de sa compagne, serrant comme pour s'assurer quelle était bien là, auprès de lui. Un énième baiser papillonnant sur ses lèvres pleines et il l'entraîne en l'enlaçant par la taille sur les petites marches de l'autel. De là, la vue sur le loch est imprenable. Le cimetière entourant la chapelle s'étant en contre bas des ruines du château d'Urquhart, les berges du loch venant lécher paresseusement la plage de galet de la même roche calcaire que les murs des reliques du passé. Les reflets du soleil font miroiter lascivement la surface de l'eau que le vent fait onduler lentement. Un frisson glisse encore le long de sa colonne alors qu'il se positionne derrière Valentine, la poussant tout au devant pour qu'elle puisse mieux contempler la vue alors qu'il entoure son ventre de ses larges paumes jointes. Dans un murmure qu'il coule à son oreille, son souffle brûlant venant happer la chair de sa nuque, il lui demande :

"Cela te plait-il, petite hirondelle ?"



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So Long As We Are Together ... So Long

 
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“Would you kill, kill, kill for me ? I love you enogh to ask you again would you kill, kill, kill for me ?”
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Come together, Together as One
Mereath
With this hand I will lift your sorrows. Your cup will never be empty, for I will be your wine. With this candle, I will light your way into darkness. With this ring, I ask you to be mine. ▬ CORPSE BRIDE

Quelques minutes passent sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte. C'est souvent ce qui arrive lorsqu'elle se perd à l'observer. Le temps s'écoule telle l'eau cristalline se déversant avec fluidité au cours de ses pensées. La plupart du temps et à son insu elle s'égare dans la contemplation solitaire et égoïste de ces instants où le spectacle n'appartient qu'à elle seule. Ces instants où derrière le Monstre, apparaît timidement l'Homme dans toute la simplicité de son être, telle l'ombre prenant enfin l'ascendant sur son alter-ego,comme l'acteur quittant les artifices théâtraux du personnage qu'il s'efforce d'incarner jours après jours pour redevenir tel que la nature l'a ainsi fait.

Loin des légendes et des regards qui l'ont forgés, loin des feux de la rampe qui l'ont hébergés ses deux anneaux asymétriques perdent de la férocité qu'on leur a imaginé au profit d'une douceur sans fin dont elle est la seule muse, l'unique destinataire des caresses de ses grandes mains osseuses couronnées de serres aiguisées, l'ultime objet des désirs de sa monstrueuse stature aux encrages chimériques. La suprême contemplatrice de ces instants où dans le huit-clos de leurs étreintes il lui livre le plus intime des spectacles, celui qui n'appartiendra jamais qu'à ses beaux yeux, celui de cet homme que le destin lui a sommé d'aimer de toutes ses forces ainsi simplement couché contre elle, sa peau laiteuse sortant ça et là des vagues de drap foncé, les traits paisibles de ses yeux clos et de son visage doucement enfoui au creux de ses seins blancs dont l'un reste inlassablement sous sa large paume qu'il garde malgré son sommeil posé contre son cœur.

Quelques minutes sont passées sans qu'elle ne s'en soit rendue compte, ayant perdu un instant la notion des choses. Juste le temps que son inconscient l'enlève au loin, loin de tous mais toujours plus près de lui, là où sa destinée court vers elle et lui tend des bras au creux desquels elle se réfugie presque désespérément, se pendant au cou de ce rêve qu'elle entretien toujours plus fort lorsque ses prunelles se posent sur lui. Elle est resté là, immobile à le regarder avec douceur, s'octroyant une nouvelle fois de ces images qu'elle se plaît à garder jalousement enfermées dans l'écrin de son âme tandis qu'il se tient quelques marches au dessus d'elle comme si sa hauteur surnaturelle ne suffisait pas encore à le surélever assez haut aux yeux de sa douce. En silence elle reste à observer sa posture magistrale fermement ancrée dans le sol. L’étoffe sombre de son costume épouse à la perfection la courbe osseuse de ses épaules tandis qu'elle sublime la droiture de son dos, la cambrure de ses reins et jusqu'à la longueur de ses interminables jambes enfermés dans ses habituelles cuirasses impeccablement cirées. A la naissance de sa nuque et sur ses poignets elle distingue les prémices des encrages qui ondulent silencieusement sous le tissu et son visage se fend d'un sourire intimidé tant elle se sent petite, presque insignifiante à côté de lui.

Son cœur se serre dans sa poitrine et rajustant légèrement sa robe, rabattant un peu nerveusement une de ses boucles derrière son oreille elle se décide à briser le silence dans un murmure presque inaudible. Autour d'eux elle a l'impression que plus rien ne bouge comme s'ils étaient entouré d'un décor factice uniquement présent que pour étayer leurs retrouvailles. Il se tourne d'un geste et même sous l'opacité de ses larges verres fumés elle sent son regard glisser sur elle comme une étreinte tandis qu'un large sourire tire un peu plus les traits de son visage cireux. D'un geste élégant il retire ses lunettes et les glisse dans sa poche avant de s'avancer et d'à peine une enjambée être déjà à la hauteur de cette minuscule poupée dont la peau de porcelaine vibre imperceptiblement devant lui. Toujours en silence elle sent ses longs bras encercler sa taille comme les anneaux d'un serpent se serrant autour d'une proie particulièrement désirée, il garde cependant dans cette possessivité le secret de ces étreintes d'une douceur sensible, d'une légèreté infinie qui la font chavirer tandis qu'elle pose précautionneusement ses petites mains à plat de chaque côté de son bassin, enfouissant son visage contre son torse qu'elle devine froid au travers du tissu de sa chemise. Prenant une grande bouffée de son odeur de musc et de santal, les yeux clos elle sent son cœur battre la chamade alors que sous sa caresse son corps se détend.

Sans lâcher sa prise sur ses hanches elle le sent s'écarter légèrement et presque instinctivement elle lève la tête et se hisse avec grâce sur la pointe des pieds, son corps se déplaçant dans la continuité du sien comme les pas d'une danse parfaitement synchronisée entre deux êtres qui semblent ne faire plus qu'un lorsqu'ils sont réunis.

Son corps frissonne avant même que leurs lèvres se touchent, elle sent son souffle chaud se rapprocher de son visage alors qu'il se penche sur elle et poussant une dernière fois sur ses pieds elle franchit les derniers centimètres qui les séparaient encore, une main toujours à plat contre son corps tandis que l'autre glisse doucement dans sa nuque sous le col de sa chemise. Au contact de ses lèvres son cœur se fend d'extase et comme à chacun de ses baisers elle a la sensation qu'il va s'arrêter net. Pourtant il bat et ne cesse de battre plus fort au fur et à mesure qu'il veut ce baiser plus passionné, l’entraînant dans une étreinte pleine de fougue et débordant de ce désir qu'il dissimule de moins en moins aisément dans les gestes qu'il lui porte. Elle sent son corps immense frémir contre le sien alors qu'il empaume son visage, une chaleur suave envahi ses entrailles la poussant à agripper doucement la racine de ses cheveux entre ses doigts fins. Enfin, tout deux hors d'haleine, leurs lèvres se séparent sans quitter ce sourire niais d'apaisement et de satisfaction.

Sans jamais la lâcher un instant il dépose un énième bref baiser sur ses lèvres avant de l’entraîner au haut des marches de l'autel.

Doucement elle se laisse porter auprès de lui, venant chercher une de ses mains pour enlacer ses doigts entre les siens tandis que se dessine à leurs pieds toute la magnificence romanesque de la nature sublimée par le masque de l'été. Il se glisse derrière elle, entourant son ventre de ses larges paumes et ainsi surélevés, enlacés, ils sont les dieux adorés de cette nature sauvage ainsi mise à genoux devant eux, une nature aux couleurs éclatantes, d'une beauté imaginaire et aussi irréelle que la scène qui se déroule en son sein.

C'est magnifique..

Elle ignore si elle parle autant de la vue que de l'émotion qui l'empli toute entière lorsqu'elle réalise que cet instant fait parti des premiers qu'ils puissent partager sans cacher leur amour aux  yeux de monde. Désormais exempts du poids des murs de Poudlard et de leur statuts sur leurs épaules, libérés des craintes d'être découverts, de la contrainte de devoir faire semblant. Alors qu'elle serre un peu plus ses mains contre les siennes de fines larmes lui montent aux yeux et viennent diluer un peu plus la clarté opaline de ses iris. Doucement elle se retourne pour lui faire face.

Nous n'aurons plus jamais à nous cacher, n'est-ce pas ?

Désormais ils n'étaient plus qu'un homme et une femme parmi tant d'autres, deux être unis par un amour aussi profond qu’indéfectible et qu'importe à présent l'interdit de son origine puisque plus rien n'y personne ne pourrait s'y opposer ni les punir pour ça. Ils étaient enfin libres.  


©️ Gasmask

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We do not destroy the person who we love.

 
-ELLE EST L'ECLAT DE LUMIÈRE QU'IL ENTOURE DE SES OMBRES. -
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Mérope Valentine Greengrass & Heathcliff Armand Lovecraft

Elle se retourne pour lui faire face. Ses prunelles banquises s'inondent de larmes qui refusent de couler, baignant seulement ses iris, leur offrant un scintillement d'une intensité qui fait frémir le professeur. Se plaquant contre elle, il attrape l'arrière de sa tête et enfoui impétueusement son visage contre son torse. Une bouffée de jasmin l'envahit alors qu'il plonge son nez dans les mèches d'or soyeux et inspire profondément. L'étreinte se fait plus forte, la fougue que ressent Heathcliff éclatant lorsque son hirondelle avoue à demi mot son soulagement de ne plus avoir à se cacher. Il serre, serre aussi fort qu'il le peut pour imprimer ses côtes contre le corps de Valentine et s'unir à elle comme si leur vie en dépendait. Puis, glissant ses paumes gantées le long de ses bras, il entrelace leurs doigts et se redresse de toute sa stature, déposant ses pupilles asymétriques au creux des orbes polaires de sa belle, la forçant à lever la tête pour croiser son regard sombre. Il adopte un air grave, plein du sérieux de la demande qu'il s'apprête à faire, incapable de contenir son impédance plus longtemps. Heathcliff lâche délicatement les paumes de Valentine et resserre imperceptiblement plusieurs fois ses jointures crispées par l'angoisse.

Lentement, il se baisse devant la poupée en robe blanche, face à l'étendue magnifique du lac qui miroite paresseusement à leurs pieds, et dépose un genou à terre. Il glisse sa main droite dans le pan de sa veste et attrape adroitement l'écrin recouvert de velours, l'agrippant fermement pour dissimuler les tremblements de ses doigts. Il ose à peine lever les yeux pour contempler sa promise et se contente de fixer ostensiblement le haut de son col, craignant l'expression qu'il pourrait lire dans ses yeux s'il laissait son regard se faire plus aventureux. Le temps s'est suspendu au souffle court qui sort à peine de ses lèvres gonflées, le vent a tu ses hurlements pour un murmure romantique qui berce leurs âmes et fait onduler les boucles blondes de Valentine. Sa bouche entrouverte ne sait plus comment trouver davantage d'oxygène et la tête commence à lui tourner. Une profonde goulée d'air parvient jusqu'à ses poumons révélant son regard troublé et son coeur menace d'imploser dans sa cage thoracique. Les battements frénétiques de son myocarde font écho au sang qui se propulse partout dans son corps, comme s'il devenait capable de ressentir le trajet de chaque artère, chaque veine, chaque nerf qui innervaient son imposante carcasse. Il ne la touche plus, comme face à un ange d'apparition céleste, respectant le sacré de sa fine et leste stature.

Finalement, il franchit la barrière de ce visage diaphane qui le détaille avec une intensité incomparable. Il décrit le tremblement léger de cette lèvre rose aux pétales satinées, le frémissement de ses narines à chaque nouvelle inspiration, la moue de cette mâchoire qui cède à l'envie de se serrer d'appréhension, et ce regard. Les milles nuances de bleu qui rendent ses iris presque translucides alors qu'il y plante ses orbes vaironnes. L'émotion qu'il ressent à ce moment pourrait bien rompre chacun de ses os, lâcher chacun de ses muscles, et le laisser fracasser, pantois, désarticulé comme un pantin défectueux, aux pieds de sa petite hirondelle. Il inspire profondément pour empêcher sa voix de se fendre d'un sensible trémolo et passe sa paume gauche dans ses cheveux pour les replacer sur l'arrière de sa tête. Lentement, il exhibe sa petite boite, la présentant humblement à Valentine. Heathcliff ouvre précautionneusement l'écrin, dévoilant le bijou délicat qu'il dissimule. Un anneau d'or blanc, des pétales ciselées et un saphir à la brillance subjuguante dans leur creux. Le soleil de midi fait miroiter chaque face polie de la pierre, dévoilant le travailler délicat et précieux pour sertir le joyau. Satisfait de la beauté de son présent, le professeur affronte le regard banquise si familier et s'y plonge tout entier, cherchant l'absolution de sa compagne pour la proposition qu'il s'apprêtait à lui faire.

"Non, mon amour, nous n'aurons plus jamais besoin de nous cacher. Mérope Valentine Greengrass, je t'aime plus que j'aime ma propre vie. Plus encore que je n'aurais jamais cru aimer quiconque. Je veux passer le reste de mes jours à tes côtés. Je veux t'aimer chaque nouvelle journée plus encore que la précédente. Je te choyer, faire de toi la femme la plus heureuse au monde. Je veux fonder une famille à tes côtés et élever ensemble nos enfants. Si comme moi tu veux que tout cela se réalise, alors me ferais-tu l'immense plaisir et l'indicible honneur de devenir ma femme ?"



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