The supremacy of Pure Blood begin here.
Dans la nuit du 31 octobre 1981.
Attaque perpétrée par les forces du Lord: Peter Pettigrow tue le jeune Harry dans son sommeil pendant que James et Lily Potter sont aux mains des Mangemorts qui perquisitionnent le couple. Peter transplane avant de se faire repérer par ses amis.

Pendant ce temps …
Un groupe de chercheur en médicomagie présentent les résultats d’une étude sur le développement d’un vaccin pour protéger les sorciers des morsures de loups-garous. Personne n’entend parler de la mort du jeune Harry Potter... - Lire le contexte -
RèglementLa vielle magieLe sangPrédéfinisLes BottinsPartenariats
A savoir
# Forum dans l'univers de J.K. Rolling - Première guerre - Uchronie Dystopique - Monde adulte.
# Contexte évolutif, chaque personnage compte! Luttez pour la victoire de votre camps!
# Codage par Okhmhaka sur Never-Utopia; Images par Lüly (Eléonore); Codages supplémentaires par Sulpica;
Intrigue II
Suite à l’attaque du Chaudron Baveur par le ministère en quête de nés-moldus à emprisonner, le bilan des pertes est lourd. Remus Lupin, fidèle membre de l’Ordre a été emprisonné en sa qualité de Loup-Garou et se fait chaque jour torturer afin de lui sous-titrer des informations. Coup dur pour l’Ordre, dont l’information leur parvient grâce à Sulpicia Mulciber, la colocataire de Remus. Une opération de libération se profile à la prison de l’Abbey de Westminster. Leadée par Sirius Black, Nyneve Mckinnon, Peter Pettigrow et Sulpicia Mulciber s’infiltrent avec fracas dans la prison. Si Severus Rogue et Lucius Malefoy tentent de les arrêter, ils se retrouvent rapidement en position délicate grâce à l’arrivée du groupe de secours composée d’Arthur Weasley, Elena Dragomirov et Eléonore de Phily.
Le bilan est difficile pour les mangemorts. Non seulement Remus est sauvé, mais tous les prisonniers sont libérés et ce malgré l’équipe d’une dizaine de mangemorts et d’Aurors envoyés par le ministère. C’est une belle victoire pour l’Ordre, l’orage gronde au Ministère. Amycus Carrow est furieux, il va falloir payer les pots cassés...
Intrigue I
« Harry Potter est mort. L ‘élu a été tué. Le monde magique est proche de sa fin. Résistez ou fuyez! Harry Potter est mort! ». En ce beau matin de novembre 1981, la une de la gazette du sorcier aurait pu annoncer la tragique attaque de Goodrich’s Hollow. Les sorciers du royaume uni auraient pu se réveiller avec une nouvelle bien tragique, s’ils savaient qui était Harry Potter. Au lieu de cela, la gazette annonçait en sa première page la découverte prodigieuse d’un vaccin pour protéger les sorciers des morsures de loups-garous. Nul ne se doutait des terribles événements qui avaient eu lieu dans la nuit, relatés page 12 de la gazette dans un tout petit encadré : « Des Mangemorts perquisitionnent un couple suspecté de faire partit de l’ordre du phénix. Tournant au vinaigre, un enfant meurt durant l’intervention. ». Ni plus, ni moins, le jeune Harry James Potter était mort. La prophétie ne se réalisera jamais. Voldemort venait d’assoir son pouvoir en tant que 1er Ministre de la Magie.
1981; Grande-Bretagne
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 Nos mots innocents | Sanders & Lucius

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Nos mots innocents
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« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
Quand je regarde la photo qui s'anime, cette vivacité intemporelle due à la magie, j'ai du mal à croire que la femme que je serre dans mes bras sur le cliché n'est plus de ce monde. Elle aura continué. L'image nous montre en train de danser, moi avec un maintien parfait dû à des années de pratiques dans les soirées organisées par la haute société sorcière auxquelles mon père s'obstine à m'obliger à aller, elle avec une maladresse amusante. Elle me marche sur les pieds dans une valse chaotique et éclate de rire à chaque raté. Je peux me souvenir précisément du son de ce rire qui explose en un millier de clochette plus précisément encore que le son de mon propre rire. Mes doigts s'agrippent désespérément sur le papier glacé, prêts à le froisser, l'évitant jusqu'à la dernière seconde où je la range dans les poches sans fonds de ma cape. Cheveux aux vents, le coeur en berne, je resserre le foulard au dessus de mon veston et m'engage dans l'allée des embrumes. Quand je tire sur la chaîne de ma montre à gousset, par réflexe plus qu'autre chose, je serais prêt à parier une dent de dragon qu'elle grince pour protester. Les aiguilles se stabilisent au bout d'un certain temps ou d'un temps certain pour me montrer l'heure. Elle me cherche, vraiment, toujours ! J'ai tout mon temps, apparemment, et l'aiguille du danger me positionne dans une légèreté bancale. Je décide de n'en avoir cure et continue mon chemin.

Derrière mes lunettes carrées, enfilées aujourd'hui comme elles auraient pu l'être demain, pour un effet de style ou je ne sais quoi, j'observe les alentours avec précaution. Ce n'est pas un endroit où l'on peut se promener en rêvassant. J'ai des affaires à y faire, des ingrédients particuliers à trouver et nom d'un Pitiponk, je ne vois pas pourquoi je me justifie, je ne fais rien d'illégal ! Le froid de ce début de soirée de fin de novembre ne m'atteint pas réellement, mais le vent s'amuse à jouer avec mes cheveux toujours en bataille, impossible à dompter. Je songe doucement en m'enfonçant dans les ruelles sombres que je dois dîner demain avec Père et Antonin. Je me surprends à espérer que Nikolaï soit absent. Il est des propos que j'ai de plus en plus de mal à supporter. Mon oncle cherche n'importe quelle occasion pour me mettre à mal. Et pour autant, assister à ces dîners de famille aussi froids qu'oppressants, est une nécessité. Je dois garder ce faux semblant pour ne pas faire imploser ma couverture, continuer de pouvoir travailler à Sainte-Mangouste et d'évoluer parmi les sangs-purs, pour récolter des informations et au passage, ne pas être poursuivi comme terroriste, emprisonné, torturé, etc... La vérité, c'est qu'en plus de cette raison raisonnable, il y a la raison de l'amour : ces repas et ces moments ne me déplaisent pas totalement. Je serre les dents pour garder mon sang-froid, mais j'apprécie la compagnie de ces deux hommes qui font ma vie. Quand pourrai-je sortir de leur emprise ? Il semble que mon coeur ne soit pas d'accord avec cette idée. Je n'ai pas le choix d'aimer. Les reproches tomberont encore et toujours devant ma neutralité apparente, à les faire pleurer. Je devrais agir, être avec eux, porter la marque, accepter mon maître. J'ai refusé. Mais sous cet éternel combat entre nous, il y a des liens puissants, possiblement indestructibles. Et malgré leur réticence à se montrer affectueux, familiers, intimes, ils ne peuvent me cacher cet amour qui palpite dans leurs yeux et me laisse avec mes doutes éternels.

Une rafale de vent s'engouffre dans la venelle que je traverse, avec une violence étonnante. Je rabats ma cape contre moi et tente de lutter vainement contre ce souffle puissant. Les phénomènes magiques sont parfois imprévisibles.. Ils se profilent sans demander l'avis d'aucun sorcier, libres et mesquins. Et il est impossible que ce vent soudain soit d'origines naturelles. Dans l'allée des embrumes, rien ne me surprend vraiment. J'ai l'air sans doute ridicule, à me battre pour avancer, seul dans ce coin de rue, quand brusquement, tout s'arrête. Je me sens propulsé en avant, trébuche, et emporté dans mon élan, je bute contre quelqu'un, jusqu'à nous faire chuter ensemble sur le sol. Embarrassé, je me relève rapidement et tend la main à ce sorcier que j'ai mis à terre, involontairement. Je suis en train de prier pour qu'il ne soit pas quelqu'un de haut placé qui n'hésiterait pas à m'insulter copieusement, hautain et fier de cette supériorité insupportable. Antonin en entendrait sûrement parler et me passerait un savon. J'ai une réputation à tenir, celle d'une famille noble et fière et bla bla bla...

- Veuillez m'excuser, je ne regardais pas où j'ai été projeté !

Le ton est neutre, calme. Toujours dire que c'est de ma faute, une habitude de survie, sans doute. Je pourrais évoquer le sort, mais j'aurais l'air de me justifier dans l'erreur. Je remets en place mes cheveux, instinctivement, d'une manière gênée, bien que cela soit futile. La personne devant moi présente une particularité sur laquelle je n'arrive pas à mettre le doigt. Il semble que je touche quelque chose, une erreur dans le tableau, ou un je ne sais quoi... Mais une incohérence me saute au coeur sans que je puisse la nommer.
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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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Il n'était pas si tard lorsque tu sortis du Ministère. Tu avais pris la fin de ton après-midi pour pouvoir emmener Draco chez le médicopédiatre pour ses vaccins. Tu transplanas au manoir pour te préparer et récupérer ton fils, passant une robe de sorcier moins formelle et regroupant les différents documents que tu devrais présenter au médicomage. Tu étais toujours auss précis et pointilleux lorsqu'il s'agissait de ton héritier. Peu de personnes avaient ta confiance et encore moins ton affection sincère. L'amour sans borne que tu éprouvais pour ce bébé était invraisemblable. Tu n'aurais jamais imaginé l'aimer autant, ressentant au fond de tes tripes cet élan viscéral qui te poussait à tout faire, tout endurer, pour lui. Narcissa partageait ta soudaine sensibilité, son instinct maternel décuplant également l'amour qu'elle ressentait pour le petit blond. Votre couple factice n'ayant au moins pas menti sur le fruit de leur union charnelle, l'adorable petit Draco. Finalement, tu quittas le manoir avec ton enfant dans les bras, transplanant pour arriver devant Sainte Mangouste. La consultation fut brève et trop expéditive à ton goût, n'ayant pas manqué de faire remarquer au médicopédiatre qu'il prenait son travail bien trop à la légère à ton goût et qu'une étude approfondi de son lignage sanguin pourrait bien survenir sous peu. Ton retour au Manoir te permit de déposer Draco aux bons soins de Narcissa qui était rentrée de sa journée de tournage. Tu croises son regard quelques secondes, échanges plusieurs banalités après avoir raconter la consultation et monte te changer à nouveau pour ta soirée.

Depuis des années maintenant, tu te rendais dans le Londres sorcier pour assouvir ton appétit charnel et soulager le désir qui brisait tes reins. Pour sauver la réputation qui était la tienne et ne pas apporter une honte infâme sur ta famille, tu ingurgitais du polynectar pour dissimuler ta véritable identité. L'homme dont tu empruntais l'apparence était grand, blond avec des cheveux courts et une barbe de quelques semaines. Il avait l'air plus rustre, moins distingué que toi, mais ta prestance et ton charisme naturel prenait le pas sur le trait de ton avatar. On ne savait qui tu étais, on pressentait seulement que tu n'étais pas n'importe qui. Et c'était tout ce qu'il t'importait : assurer ton rang parmi ceux que tu considérais comme tes inférieurs et sur lesquels tu rejetais tes assauts concupiscents. Tu transplanas dans l'allée des Embrumes, décidé à te rendre dans un bar de ta connaissance où il t'arrivait sans mal de repartir accompagné. Tu marchais d'un pas strict, le dos droit et le maintien impeccable dans ta robe de sorcier gris perle, couleur que tu affectionnais même si cette apparence ne possédait pas les deux orbes de mercure en fusion que tu appréciais tant dans ton physique. Tu portais une cape de fourrure blanche dont l'immaculé rehaussait la blondeur intense de ta chevelure. Tu n'avais pu te résoudre à abandonner ta longue crinière flavescente qu'au prix de conserver cette blondeur de miel que tu contemplas d'un rapide coup d'oeil dans la devanture d'une boutique. Ton attention avait été momentanément focalisé sur ton reflet et tu ne vis pas arriver à pleine vitesse une silhouette blotti dans une épaisse cape de fourrure.

L'impact fut violent et tu te sentis attiré vers le sol alors que le sorcier qui t'avait percuté t'entraînait dans sa chute. Tu ne pus te retenir car le choc était trop brusque, et déséquilibré, tu tombas contre le corps osseux d'un homme jeune, brun, à l'air taciturne et manifestement ailleurs. Tu n'as pas le loisir de le détailler avant que, s'étant relevé précipitamment, il te contemple l'air gêné en te tendant une paume chaleureuse pour t'aider à te redresser. Il avait le cheveux brun et le teint affable, le nez droit et la lèvre fine, l’œil perçant et pourtant doux. Tu perçois un charme discret et plein d'une délectable légèreté qu'on ne perçoit que chez ceux de belle naissance. Tu parierais qu'il s'agissait d'un homme au sang aussi pur que le regard qu'il posait sur toi en s'excusant d'une moue contrite. Tu bats longuement des cils en continuant de laisser glisser ton regard sur son corps long et fin, enlacé dans une cape épaisse qui le faisait paraître plus imposant qu'il ne l'était vraiment. Tu attrapes sa paume et t'appuies sur lui pour te remettre sur tes pieds. Le contact entre vos deux paumes t'électrise un peu et un frisson coule le long de ton échine alors que tu mets quelques secondes à lâcher cette main. Nerveusement, le sorcier remet ses cheveux en arrière d'un geste prompt et précis, s'excusant à demi mot de l'avoir percuté. Ses manières bien qu'évaluées dans une phrase succincte, était impeccable et te réconfortait sur l'idée première que tu te faisais du brun. Tu poses sur lui un sourire enjôleur en pressant sa paume entre tes phalanges dépourvues de l'habituelle imposante chevalière de ta famille.

"Il n'y a aucun mal, ne vous excusez pas, j'étais distrait également. L'usage veut qu'une rencontre quelle qu'elle soit ne soit jamais le fruit du hasard et j'aime croire qu'il existe un motif derrière la chance impromptue qui fait que je vous sois tombé dessus en ce début de soirée. Permettez moi de vous demandez votre nom, mon cher, j'en suis fort curieux après cette rencontre cavalière."

Tu ne voulais pas que le sorcier s'en aille comme si de rien n'était et que vos chemins ne se recroisent plus jamais. Tu avais l'intuition que cette rencontre était de prime importance et qu'il ne fallait pas négliger ce que le destin avait accompli. Superstitieux malgré ton ascendance sang pur, tu avais été élevé en parti par une elfe de maison qui t'avait bien enseigné de ne jamais ignorer ce que la chance pouvait offrir, quoi qu'il advienne. La voix de la petite Dita te revenait en mémoire alors que tu laissais craquer l'os de ta mâchoire en grinçant des dents, tic usuel que quiconque te connaissant sous ta véritable apparence, aurait reconnu. Tu réajustes les pans de ton manteau en fourrure blanche et offre un sourire éblouissant au sorcier qui te fait face, espérant suscité un intérêt aussi évident que celui que tu éprouvais pour le jeune inconnu.


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« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
L'élégance qui est devant moi me rend maladroit. L'homme que j'ai bousculé impose une prestance qui me scie les jambes. Je pourrai m'effacer allègrement à tout moment. Je songe que s'il a ce pouvoir de montrer le sien, c'est que dans sa vie, celle de tous les jours, il doit naturellement inspirer ce mélange de puissance et d'élégance presque froide. Je frissonne quelque peu. Je baisse les yeux, gêné par la voix d'Antonin qui me sermonne. Il n'est pas là, bien sûr. Mais quand il s'agit de me faire des reproches à moi-même c'est la voix de mon frère qui résonne dans ma tête. Tu es incorrigible, Sanders, à ne considérer la supériorité comme la grandeur. Je pourrais opposer à Antonin que grandeur et supériorité n'ont de commun que cette pensée de hauteur. Sauf que la première n'exige pas de comparaison comme la seconde qui suppose même un abaissement de l'autre. J'ai l'impression de me révolter naturellement contre cette idée. Et je me révolterai presque contre l'homme en face de moi qui semble user de supériorité si je n'hésitais pas avec sa voix d'une douceur extrême qui se fait entendre dans la ruelle.

Je suis surpris du peu d'animosité que je ressens. Loin de l'avoir froissé, au contraire, j'ai l'impression d'avoir suscité la curiosité et... J'en rougirais presque si je ne savais rester de marbre après ces années à remuer du moindre sentiment. Je sens comme une chose que je refuse de ressentir s'insinuer en moi et je détourne tout de suite mon attention de ce sentiment qui n'est pas le mien, ou peut être si... Ce désir ? Je ne sais pas. C'est flou. Curiosité, tenons-en nous là pour le moment. Je ne suis pas toujours fiable et je me méfie des émotions volages, de celles qui fluctuent sans arrêt et qui se confondent souvent avec les miennes, s'y mêlent et s'y emmêlent pour s'y perdre. Et quelque chose me gêne encore, me picote, me titille comme une erreur qui s'est glissée, un anachronisme ou une perturbation invisible. Ses paroles sur les rencontres sonnent étrangement. Il y a peu de sorciers qui s'en remettent au destin ou qui croient que les coïncidences sont des évidences. J'ai cette satisfaction de partager son avis. Il est des magies inexplicables. Le vent souffle encore, naturellement cette fois, apportant une fraîcheur soudaine, quelques gouttes de pluie. Le ciel est triste et beau, cette harmonie du soir. Et dans l'air de la nuit sonne un violon qui frémit. Les notes s'évaporent, me laisse transi, d'un langoureux vertige. Et les vestiges d'une flagrance d'orage encense un souvenir Je reprends mes esprits et ébauche un sourire.

- Sanders. Sanders Alexei Dolohov. Enchanté. Et vous ?

J'éprouve souvent le besoin de décliner mon identité en entier. Mon premier nom ayant été offert par ma mère et le second par mon père. Et bien que je ne sois d'accord ni avec ce que l'une imaginais, ni avec ce que l'autre pense, c'est au dessus de mes forces de renier cet héritage qui fait de moi un être complet. Je lui retends la main, comme pour allier la parole au geste et puisqu'il est des civilités que j'honore. Je n'ai peut être pas le sentiment de supériorité, une faiblesse que me reproche mon oncle et mon père, mon frère également, mais j'ai l'éducation de cette noblesse hypocrite et j'en ressors une politesse extrême, la grâce d'une danse, le respect de l'autre. Seulement, pour ma part, l'autre est n'importe qui et la danse s'offre naturellement, sans distinction. Un rire mélodieux fait vibrer mes cordes vocales dans une musique oubliée.

- Je ne suis pas si maladroit, habituellement.

C'est vrai. Je n'ai pas la force brute, mais la nuances subtile. J'ai développé au fur et à mesure des années une dextérité précise qui est nécessaire dans mon combat de tout les jours, à manier une magie délicate, à tracer des runes exigeantes, à puiser dans des forces volatiles, aléatoires et oubliées, pour sauver ces vies qui s'accrochent malgré la souffrance. La curiosité du sorcier est devenu mienne également. Et je fais sans aucun problème la distinction. J'éprouve ma propre indiscrétion, cette soif de connaissance dans un besoin d'humanité. Je n'ai pas toujours le contact facile, mais j'ai le partage aisé. Le partage a cela de substantiel qu'il ne peut s'effectuer seul.  

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Dolohov. Il ne faut que quelques secondes après l'énoncé de ce nom pour que tu vois venir derrière tes paupières mi-closes le visage ferme et rustre d'Antonin Dolohov. Ce mangemort de quelques années ton aîné était d'ascendance russe, une ancienne famille des pays de l'est qui portait allégeance à Grindelwald avant l'ascension au pouvoir du Seigneur des Ténèbres. Tu revoyais le nez droit, la lèvre fine et la mâchoire anguleuse du slave qui portait rarement son masque d'or pâle, plus enclin à assumer proprement ses actes de cruauté en faisant face à ses victimes. Il y avait une soif de souffrance dans son regard, et une moue moqueuse dans son sourire acide qui faisait écho à ton propre goût pour la douleur d'autrui. Rien pourtant à voir avec la douceur pure et chaste du visage qui te faisait face. Il y avait une innocence d'une finesse sans nom dans les traits de Sanders, une impression de suave naïveté qui rendait le personnage immensément sympathique. Il devait être le jeune frère d'Antonin, celui là même que le Lord cherchait à recruter depuis plusieurs années et qui se mettait sciemment en retrait. Tu lui lances un regard de velours en prenant la main qu'il te tend. L'intérêt que tu lui portes est immédiatement décuplé par l'identité dévoilée du jeune sorcier.

"Luce. Seulement Luce. Les patronymes ont cela de réducteur qu'il limite un individu à un nom et annihile tout ce qu'il peut dissimuler en son sein."

Tu te montres volontairement mystérieux, envoûtant intentionnellement le brun au creux de ta brume opaline. Tu crois suscité l'intérêt, la curiosité de Sanders et tu comptes bien continuer ainsi. Tu serre cette paume qu'il te présente avec respect et politesse, laissant la pâleur d'albâtre de ta main enlacé, dévorante, sa comparse, appréciant le contact frais et électrisant de vos peaux qui s'effleurent à nouveau. Tu la gardes d'ailleurs quelques secondes de plus qu'il n'est d'usage, te délectant de la sensation de confort diffus qui naissait dans ta poitrine. Tu fixes les traits de son visage avec une intensité calculée, laissant tes yeux devenus bleu polaire dévorer les prunelles brunes de Sanders. Il y a dans un regard, un échange et un partage parfois démesuré et il est de ces regards qui remettent en cause tout ce que l'on peut penser. Tu éprouves une constante intrigue pour le sorcier qui te fait face, seuls face à la foule qui se masse et se brasse alentours, dans une bourrasque de vent frais qui pique de frissons les doigts dévêtus qui s'étaient enserrés auparavant. Ce contact en appel un autre et tu ne peux te lasser de contempler encore les traits fins et lisses de ce visage étranger et pourtant si familier. Ton regard se fait plus scrutateur, presque inquisiteur, comme s'il cherchait à lire dans ses expressions pour en décoder toute la vérité.

"Sanders ... désireriez-vous boire un verre en ma compagnie ? Je me rendais justement au Parfum un excellent établissement très chic et pourtant timoré. Il siérait à nous deux, assurément, je suis prêt à parier qu'il vous plairait tout autant qu'à moi."

Tu attends sa réponse comme s'il s'agissait d'une nouvelle capitale, comme si elle déterminerait le déroulement de ton existence tout entière. Te voila suspendu à ses lèvres fines dans une moue presque alléchante de contrition. Il y avait chez ce sorcier une allégorie de la vie, un simulacre de dévotion, et une note d'osés paradoxes qui captivaient ton attention. Tu n'étais pas légilimence et pourtant tu avais l'impression de pouvoir lire en son visage comme si tu plongeais la tête dans une pensine, chaque trait de son faciès te renseignant indubitablement sur ce qui se cachait, tapi, au plus profond de lui. Tu voyais une fragilité et pourtant une très grande force, tu devinais une incommensurable intelligence et une passion pour l'existence qui t'intriguait autant qu'elle te captivait. A la faveur de cette rencontre fortuite, il te semblait que beaucoup pouvait en découler, une sorte d'intuition déguisée par la curiosité qui grandissait à mesure que tu attendais une réponse favorable à ta proposition. Tu affiches un sourire radieux, ta voix se faisant plus rauque lorsque tu parles à nouveau, déposant tes yeux banquise sur la bouche étirée dans un sourire de façade du jeune homme. Il fallait que tu parviennes à le convaincre, ton charme aidant, à venir boire un verre en ta compagnie. Tu n'aurais su dire pourquoi, mais cela s'imposait à toi comme une brûlante nécessité.

"Qu'en dites vous ?"  



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« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
Le pseudonyme est le pendant du mystère. Cette ineffable tentation de l'inconnu, provoquée, indue par ce regard bleu qui me contemple sans vergogne. Je ne sais plus où me cacher et si je dois me cacher. Il me semble être l'objet d'une volonté que je ne saisie pas, pas encore. Et j'ai l'art et la manière de n'y rien comprendre, du moins jusqu'au moment où la lumière d'un fait éclaire ma connaissance. Luce, donc. Luce et c'est tout. Luce et quoi ? Il est des silences qui sont comme des mensonges, ces omissions volontaires qui protègent à tort des secrets pudiques. Le sorcier joue cette provocation, avec l'envie de dissimuler quelque chose, sans doute, si j'ose dire, pour piquer à vif ma curiosité. Je lui serai reconnaissant de ne pas aller trop loin, je suis de ceux qui peuvent aisément passer des nuits blanches à remuer les pensées incomplètes, réfléchir à ce qui s'est dit et ce qui s'est tu pour tirer ce je ne sais quoi que je trouve rarement. Je hoche la tête, tranquillement, pour essayer d'éviter de laisser paraître ce feu dévorant de la frustration. J'ai offert mon identité, il m'a refusé sciemment la sienne, pure provocation. Et ce qui fait naître un malaise en mon ventre est cette sensation que la provocation n'a rien de gratuit ou de violent, mais plutôt de doux, enrobée dans ce sourire de miel et cette stature imposante.

Le sorcier enchaîne sur une invitation qui me mène aux portes de l'hésitation. Je dessine mentalement l'énorme liste de choses à faire et compte les cases non cochées qui s'étalent à perte d'imagination. Je n'ai pas pénétré l'allée des embrumes avec le dessein de n'y rien trouver ou un divertissement bienvenu malgré tout. J'ai un devoir. Le tiraillement de son accomplissement nourrit mon hésitation. Le Parfum... Je ne fréquente aucun bar, si c'en est un, du moins pas ceux où le but est de boire jusqu'à l'ivresse ou d'y trouver une ébriété de chair et de sang. J'ai une nette préférence pour les breuvages plus doux, qui n'altèrent pas l'esprit. Le thé, à vrai dire, est une passion que je ne pourrai démentir. J'ose même, le soir, par des nuits froides et longues, ou toutes nuits même, faire bouillir de l'eau et aux premiers frémissement, y plonger des feuilles séchées. Les tisanes ainsi infusées me tiennent compagnie, me réchauffant les mains comme elles réchaufferaient le coeur d'une grand-mère, un livre aux pages jaunies par le temps, craquelées par les années dans les mains, balancée au rythme lent d'un rocking-chair. C'est une sorte de sensiblerie qui me détache de bien des jeunes sorciers et qui me fait passer aux yeux de ce frère si intransigeant pour un être décidément bien à part, dont il prétend ne jamais entendre cette complexité décriée.

La volonté de l'homme face à moi est écrasante et pressante. Sa voix se fait douce, presque suppliante, et son visage avenant affiche une mine penaude. Il me semble, à le voir ainsi, ce sorcier inconnu qui n'a révélé qu'un surnom, qu'il veuille s'excuser. Il me semble que ce n'est pas moi qui l'ai bousculé, mais lui qui m'aurait fait chuté. Hors il n'en est rien. Je me sens déconcerté. Et je n'aime pas trop cela. Mais c'est une amertume qui n'est pas désagréable, et cette attirance étrange qui flotte dans l'air, presque palpable, renforce ce sentiment volage d'entre-deux, d'hésitation entre malaise et envie. Je me sens perdu, là dans cette ruelle sombre, à peut être suivre un inconnu. Dans l'allée des embrumes, ce genre de situation est habituellement synonyme de danger. Je tique. Je tire ma montre à gousset d'un geste souple. La chaîne tinte doucement. Ce n'est pas l'heure, que je regarde, mais je fais comme si. Et l'aiguille du danger refuse de se positionner sur un baromètre précis ou au moins approximatif. Je grincerais des dents si cela ne risquait de l'offenser. Je range la montre dans sa poche sur mon veston, juste sur la poitrine.

- Je suppose que j'ai le temps.

J'ai essayé d'avoir un ton détaché, totalement à l'aise dans cette situation qui m'échappe et m'attire. Je ne suis pas du genre à me laisser avaler par le danger. Je n'ai pas le désir de m'y confronter. Ces convictions habituelles semblent être bafouées, mise à mal, par une simple question. J'ai le coeur qui se sert à l'idée que je suis peut être en train de faire une erreur qui pourrait me coûter chère. Je ne sais qui est Luce. Je peux même toucher du doigt une incohérence insaisissable. Et pourtant il m'intrigue. Pour cela, j'abandonne toute prudence. Nous commençons à marcher et je le laisse me montrer le chemin. Je ne sais où ce trouve l'endroit qu'il a cité. Le nom me frappe alors. Ce n'est pas un établissement qui doit se revendiquer d'une clientèle du tout venant. J'ai naturellement songé à un bar. Peut être est-ce différent. Je ne saisirai sa spécificité qu'en en passant la porte. Les frétillements électriques qui agitent l'air et les émotions autour me font me demander si le sorcier qui m'invite ne songerait pas lui, à autre chose... La pluie éclate soudainement.

- Je crois qu'il est bien temps de se mettre à l'abris.

L'eau commence à mouiller mes cheveux, couler le long de mon visage.

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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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Dernière édition par Sanders A. Dolohov le Dim 2 Déc - 23:37, édité 1 fois
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Lucius A. Malfoy & Sanders A. Dolohov

Tu ne cesses de déposer ton regard sur son visage, avec la légèreté d'une plume de plomb. Il hésite et tu peux le deviner à la compulsion de ses gestes, à la façon presque nerveuse de regarder sa montre tout en feignant la pls grande décontraction. Tu l'as déstabilisé et tu le vois bien. Tu ne peux t'en excuser car ta provocation a cela de tentateur qu'elle le pousse à s'interroger à l'infini pour arriver à trancher. Faut il accepter ou refuser ? Tu brûlais d'envie qu'il te dise "oui" sachant parfaitement qu'au Parfum l'humeur serait davantage à la connivence qu'en pleine allée des embrumes un soir d'hiver. Le froid glisse dans ton dos en un long frisson suspendu au regard sombre de Sanders qui détaille les aiguilles de sa montre comme s'il cherchait là une réponse à lui donner. Tes orbes polaire brillent d'un éclat presque étincelant lorsqu'il finit par conclure qu'il avait le temps pour boire un verre. Tu n'es pas de ceux qui s'enchantent pour une broutille. Ton caractère est celui d'un homme froid, calculateur, voyant à chaque circonstance une situation qui pourrait se devenir profitable, opportuniste pour la moindre évocation de profit. Pourtant, tu n'étais pas toujours cet homme là. Lorsque tu revêtais le masque de Luce, tu laissais ton être se galvanisé d'une bonhomie qui t'est habituellement étrangère. Il y avait de la douceur dans ton regard, de la patience dans tes mots et une étrange curiosité dévorante pour tout ce qui suscitait ton intérêt. Tu étais cette dualité, ce personnage aristocratique et glacé qui impose sa stature charismatique et son orgueilleuse fierté, et celui qui restait de ton enfance, le petit garçon plein de rêves, croyant aux contes que Dita lui lisait le soir, se plaisant à penser qu'il resterait éternellement dans ce corps enfantin avec pour seules préoccupations ces jouets et divertissements.

Tu avais remarqué que le petit Lucius avait survécu en Luce, abandonnant la coque inébranlable de Lord Malfoy, suscitant respect, autorité et même parfois de la crainte. Sanders avait le droit de goûter à cette facette si rarement exprimée de ta personnalité, celle là même que tu chérissais en ton sein, un peu trop pour vouloir pleinement t'en séparer pour correspondre à l'image que la société sorcière se faisait de toi. Prenant le pas sur le brun, tu le guides plus en profondeur dans l'allée des Embrumes, le perdant dans un dédale de ruelles jusqu'à parvenir devant le Parfum. La pluie commençait à tomber. C'était un établissement magnifique. La devanture dévoilait un plafond d'une hauteur ahurissante auquel pendait un lustre de verre dépoli. Un bar de marbre noir s'étendait sur toute la longueur de la pièce, desservant une vaste salle de tables d'ébène ciré et de fauteuil en velours bleu nuit. D'immense tapis de perse recouvrait le sol d'albâtre et partout des ferronneries en bronze lustré ornementaient le lieu. En entrant, tu reçus une bouffée brûlante mêlant le parfum entêtant du lys, celui plus gourmand du caramel au café et au miel et cette impression familière d'entrée dans les vestiaires de Quidditch à Poudlard où tu percevais le musc suave des joueurs entrain de se doucher. Tu captes les grands chaudrons bouillonnant derrière le comptoir et les montre discrètement à Sanders sans avoir besoin de lui en expliquer le contenu. Le Parfum faisait toujours chauffer des litres d'Amortentia, laissant chaque client se voir enivrer par les fragrances uniques que la potion dégageait pour eux. Tu fermes délicieusement les yeux, sentant presque le goût du caramel sur le plat de ta langue. Ta mâchoire se serre imperceptiblement et tes dents grincent à nouveau quand tu remontes le bar du regard pour croiser celui d'un serveur. Celui-ci arrêta immédiatement ce qu'il faisait et accourut à votre hauteur en s'inclinant précipitamment en courbant le dos.

Tu laisses Sanders te suivre et vous accompagnez le jeune homme à la chevelure ébène plaqué en arrière et aux deux grandes billes d'un vert amarante, vers un petit salon privé. Il fallait contourner le bar où bouillonnaient les chaudrons d'Amortentia et emprunter un grand escalier de marbre et de bronze qui vous entraîne à l'étage. Tu passes devant plusieurs alcôves aux paravents tirés de tenture qui dissimulaient les silhouettes des occupants, jusqu'à arriver à un salon familier. Il y avait une banquette d'angle qui entourait sur trois côtés une table en ébène cerclée de bronze. Tu laisses Sanders prendre place avant de t'installer à ton tour, lui faisant face sur les volumineux coussins du sofa pourpre. Ici les volutes et les vapeurs de l'Amortentia était plus nuancées, plus diffuses, se révélant agréables sans être entêtantes. Tu jettes un regard au serveur aux grands yeux verts qui attend patiemment la commande. Tu hoches abruptement la tête en ne délaissant pas une seconde le brun du regard.

"Comme d'habitude pour moi Travis. Sanders, prenez ce qu'il vous sied, je vous invite."  

Le regard que tu poses sur Sanders est presque dévorant, détaillant à loisir chacun de ses traits, chaque courbe de son visage, en apprenant les contours comme pour pouvoir les dessiner de la pulpe de tes doigts. Le parfum d'Amortentia aidant, tu imagines quelle odeur pouvait bien sentir le brun, là, juste au creux de sa gorge blanche, où quelques cheveux en bataille venait se perdre dans le tissu de l'écharpe qu'il portait autour du cou. Tu te sens bien trop enivré par les effluves de la potion et tu arrêtes ton égarement en te concentrant sur les détails du paravent aux tentures parme qui a été tendu derrière vous. De la hauteur du petit salon, vous pouviez voir derrière une fine étoffe d'ornement, le rez-de-chaussée où se brassait les clients affluant de plus en plus à cette heure. Tu perds un moment tes yeux polaires dans la masse impersonnelle, cherchant à comprendre ce qui pouvait attiser ainsi ta curiosité et ton intérêt pour Sanders. Une indescriptible aura entourait le jeune homme et te troublait assurément. Tu serres la mâchoire et hausse un sourcil sardonique en dévoilant la scène qui se joue sous vos yeux d'un geste ample de la paume.

"Alors Sanders, qu'en dites vous ?"  

Travis revient d'un pas pressant avec les commandes qu'il dépose sur la table sans un bruit avant de s'incliner à nouveau et de replacer la tenture comme paravent qui vous isole du reste du bar. Tu attrapes le verre de vodka martini avec trois olives et le fait un moment tourner entre tes longs doigts graciles avant de le lever en regardant Sanders d'un air entendu.

"Je propose que nous buvions à cette rencontre. Et à cette soirée qui débute d'une très agréable façon."  


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« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
Le Parfum apparaît bien assez tôt et je peux découvrir une façade respirant un luxe porté sur une sensualité sobre et puissante. Le sorcier au teint de glace se laisse disparaître à l'intérieur et moi avec. Le peu de crainte que je peux avoir se met à frétiller nerveusement au bout de mes doigts. J'attrape ma baguette et l'agite nonchalamment, sans prononcer un sort, pour me sécher. L'humidité dégoulinante que je présentais ne seyait pas à l'endroit qui semble être d'un raffinement dont je ne m'encombre pas habituellement. Pour autant, il ne m'est pas étranger et loin de là. Je peux frayer parmi ceux qui se revendiquent de cette noblesse sorcière parfois écœurante de préjugés et de suppositions péremptoires, puisque, après tout, c'est ce que je fais depuis toujours. On pourrait dire que je suis né avec une cuillère d'argent dans la bouche, si seulement cela s'approchait ne serait-ce qu'un peu de la réalité. Mon père n'est pas de ces hommes qui honore le luxe dans le simple but de vivre agréablement et loin de tous soucis. C'est une volonté de montrer à tous cette puissance indiscutable, froide et imposante, d'asseoir une certaine supériorité, rien que par l'absence de besoin matériel. Aussi, j'aurai pu ne manquer de rien si Sevastian Dolohov n'avait pas eu le soucis d'élever ses fils à la dure. Il nous montrait ce que l'on pouvait avoir, mais ne nous l'accordait jamais. Ou du moins pas à ce fils qui ne brillait pas assez par sa fierté d'être un sang-pur.

Le parfum des embruns de la mer me frappe aussi violemment qu'un jour de tempête, mêlé à l'odeur électrique de l'orage et les senteurs suave de ce thé... Je me surprends à songer que je pourrais rougir. Les volutes d'Amortensia se dégagent de chaudrons bouillonnants dans toute la salle, plutôt remplie. En ce soir d'hiver, les clients semblent ne pas s'être donné rendez-vous là pour se réchauffer autour d'un feu ronflant paisiblement dans un foyer accueillant. Ils sont présents ici, ce soir, pour une toute autre chaleur qui n'est autre qu'humaine. Les sentiments avides et les élans nombreux, les tressaillements d'excitation et les désirs profonds, cette multitudes de sentiments charnels et chasseurs me font tourner la tête. Les sorciers, car il ne s'agit pas de sorcières, n'ont apparemment que peu d'idées chastes en tête. Ma montre se foutait bien de ma gueule avec cette estimation bancale de danger relatif. Luce a une autre idée en tête que papoter tranquillement pour se découvrir une passion mutuelle pour le tricot à deux baguettes. J'ai le coeur qui commence à battre la chamade pour une panique insidieuse. Cela se ressent dans cet humour de bas étages que je développe soudainement. Le sourire de l'homme aux yeux céruléens me laissent imaginer d'autres choses et je me demande si prendre la fuite est encore envisageable.

Si seulement il n'y avait pas cette étincelle... Je me mords les lèvres alors que nous allons dans un salon isolé et que je suis Luce et le serveur docilement. Il n'est rien de pire que cette étincelle dévorante de curiosité et d'attirance soudaine pour me mettre dans la même situation qu'une licorne poursuivie par un hypogriffe. Les sentiments alentours, le parfum envoûtant de l'Amortensia, les émotions intenses de Luce, et ma propre constitution font qu'il est difficile de ne pas céder. Je n'ai plus aucun mal à discerner cette attirance du sorcier, cette volonté de fer et cette curiosité aiguisée. Ou bien est-ce réellement le mélange de ces clients prêts à batifoler à n'importe quel moment, là en bas ? Je m'assois en face, commandant presque timidement un Earl Grey citronné avec la honte enfantine de celui qui ne touche pas à l'alcool. Je crispe mes mains, involontairement, avec ce souvenir provoqué par les relents langoureux de la potion d'amour. L'évocation de notre baiser, aux Trois Balais, alors que nus partagions le même thé que celui qui arrive devant moi, me laisse presque tremblant de remords inavoués. Je ne pourrai dire que je suis à l'aise à présent. Curieux toujours, sur le vif, frissonnant, oui. Mais pas à l'aise. J'ai l'impression de trahir Rose à chaque instant déjà alors que nous n'avons encore, ni lui ni moi, rien évoqué. J'ai l'impression de la contenter également puisqu'il n'a jamais été question pour elle d'être mon unique amour. Et on ne parle même pas d'amour, là, dans cet établissement propice à la luxure. Là, sur le sofa de velours, dans cette ambiance tamisée, je me surprends cependant à fixer intensément le visage attirant de ce sorcier impromptu.

- Je pense que je n'imaginais pas cela.

Je lui souris, encore timide, qu'il n'y décèle aucun reproches. Et ses yeux dans les miens me provoquent un frisson. Je voudrai regarder ailleurs, me détacher de ces glaciers miroitant tant de choses. Alors, sans pour autant retirer mes prunelles de ses iris étincelants, je lève ma tasse en même temps que son verre, et bois une gorgée. Le liquide brûlant n'est rien en comparaison de l'ambiance. Je ne sais plus où me mettre. Il est rare que je perde à ce point mes moyens, rare aussi que cette empathie subite soit aussi intense et déconcertante. Elle me perd plus que je ne m'y retrouve. Je ne comprends plus où sont mes frontières, ces limites de mon être qui me définissent. Évanescentes et volages, elles jouent au rythme affolé des battements de mon coeur. Il n'est pas loin, ce sentiment d'être la proie du chasseur.

- J'ai peu l'habitude de sortir à vrai dire. Je me lance souvent à corps perdu dans mes recherches et mon métier m'accapare tant que dormir est devenu un rêve oublié. Il est agréable, parfois, de couper brusquement avec tout cela, n'est-ce pas ?

J'ai dit cela comme c'est venu, sans réflexion préalable et en contradiction totale avec cette douce panique qui s'insinue dans mes veines. Luce semble quant à lui s'être préparé pour une telle soirée. Ses habits sont impeccables et d'un goût indéniable. Et à travers les effluves plus discrètes à présent, de toutes ces potions, je peux déceler un parfum agréable et sensuel, volontaire dans ce caractère de séduction qu'il offre à respirer allègrement.
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Une longue gorgée s'écoule dans ta gorge et tu te délectes du goût suave et âcre de la vodka martini. D'un geste adroit, tu attrapes l'une des trois olives qui trônent sur un bâtonnet de bois et la porte à tes lèvres en suçotant le bout de tes doigts avec délice. La fragrance piquante et salée se mêle à l'alcool sur le plat de ta langue et tu laisses ton visage se fendre de ces sourires qui pourraient faire fondre un glacier tout entier. Les pétales satinées s'ourlent avec ravissement en percevant le trouble accru de Sanders qui semblait vouloir plonger dans sa tasse de thé. Il en déguste une gorgée qui doit être brûlante mais ne quitte pas tes orbes polaires du regard pour autant. Il cherche tant dans sa diction que dans sa posture à adopter un détachement et une retenue qui tranche avec ton apparente arrogance cavalière. Le Parfum n'était pas un simple bar et le brun l'avait perçu dès son entrée, se laissant pourtant guider alors que tu l'entraînais à sa perte. Son sourire reste timide mais il n'en reste pas moins qu'il n'a cessé de te fixer avec ce même intérêt teinté de curiosité qui te pousse à vouloir en apprendre davantage à son sujet. Cette attirance qui flambe dans ton ventre quand tu le détailles en accroissant cette intrigue qui te consume.

"Et quelle est cette passion qui vous dévore au point de ne vous point laisser une once de temps pour en assouvir d'autres ? Je pense deviner que vous êtes un homme de ceux qui dévouent leur vie à celle de son prochain. Travaillez-vous dans le social ou peut être l'humanitaire, hum ?"  

Tu portes le verre à tes lèvres une fois encore et reprend le même rituel maintes fois exécutés. Une gorgée de vodka martini, une olive dégustée du bout des doigts, un sourire enjôleur et taquin alors qu'une langue mutine vient laper tes lèvres pour en retirer les perles alcoolisées. C'est un jeu qui se tisse, une aventure qui commence. Faire un pas après l'autre, avancer et reculer, comme une danse que s'apprennent deux inconnus en cherchant à s'apprivoiser. Tu cherches à l'impressionner mais aussi à susciter une fascination veloutée comme la chair cette gorge que tu t'égares à contempler pour la deuxième fois en quelques instants. Tu t'imagines y nicher ton visage, fronçant ton nez droit pour en capter toutes les fragrances, peut être à en perdre la raison. L'intuition ne dissimule plus aussi bien la certitude que cet homme te plait et que cette invitation cavalière n'est que le prétexte d'une manœuvre de séduction pas assez subtil. Le choix du lieu n'était-il pas avant tout un prémisse laissant transparaître l'attirance inexplicable que tu ressentais pour le brun ? Lucius aurait eu peur de se montrer en de tel endroit, honte d'y entrer accompagner. Luce se laisse seulement aller à la vaillance des sensations qui transpercent son corps et le pousse à se montrer de plus en plus entreprenant. Lucius se serait montré froid et cassant, écrasant Sanders sous sa supériorité manifeste. Luce avait juste envie d'apprendre à le connaître, à savoir ce que cachait ce corps frêle et cette dégustation d'Earl Grey en lieu et place d'un apéritif.

"Je crains fort de ne pas partager la même vocation que vous pour mon travail. Il ne s'agit malheureusement que d'un emploi alimentaire, si je puis m'exprimer ainsi. La morosité de la bureaucratique n'a rien d'attrayant pour quelqu'un comme moi."

Et tu avais raison. Lucius rayonnait dans son département, directeur d'une main de fer dans un gant de velours, assouvissant sa dévotion pour la cause du Seigneur des Ténèbres à cette puissante suprématie qui l'érigeait à un des plus hauts postes du ministère. Pour autant, Luce avait une sainte horreur de l'administration. Pour lui, un véritable travail serait de faire pousser des fleurs rares pour la simple beauté qu'elles représentent, sans autre motif que la recherche intuitive de l'esthétisme parfait. Si Sanders était une fleur, tu aurais imaginé un camélia aux pétales larges et immaculés qui s'ouvrent paisiblement pour dévoiler un coeur d'une rare complexité. Tu hoches un instant la tête, perdu dans tes pensées. En cette soirée si particulière, dans cet instant suspendu dans le temps, auprès de cet homme si différent, tu réalises une fois de plus combien toute ta vie n'est en réalité qu'une vaste mascarade, un grand numéro d'illusionniste qui te laisse pantois de stupéfaction tant tu parviens à t'y absoudre entièrement. Les moments comme aujourd'hui te permettait de garder l'équilibre mais le combat enragé entre Lucius et Luce s'était engagé. Dans la bulle de douceur du petit salon du Parfum, dans les effluves délicates d'Amortentia, proche, très proche de Sanders, il te semblait que pour la soirée tout au moins, Luce avait fini par gagné. D'un geste ample et lent, tu déposes ta paume sur la tasse du brun, tes doigts effleurant ceux du jeune homme et tu tressailles. Ton regard se fait plus torve, plus intransigeant lorsque tu demandes :

"Puis-je goûter ?"    


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« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
La machinerie de Luce semble être parfaitement rodée. Il sirote avec grâce son cocktail et avale ses olives avec délicatesse, sans ciller ou presque, sans cesser de me regarder. Il ne quitte pas mon visage, s'amuse ou semble s'amuser à le détailler. Je contemple son inspection stoïquement, avec attention. Je le vois descendre son regard sur ma gorge qui ne se cache que peu sous le foulard serrant le col de ma chemise, rentré dans mon veston. Et tout cela avec une intention dévorante. Je n'arrive pas à faire de même, le dévisager avec impudence tout en étant délicat, alors je m'en abstient. Je n'aurai pas le tact de cacher cette effronterie voulue, calculée. Les paroles sans pudeurs , les Amours sans âmes, je ne connais rien de plus effroyable pour ma part. Il a l'art, lui, de faire passer son entreprise précipitée sans aucune anicroches, comme emportant ma volonté et ma vergogne ailleurs, comme méprisant ces obstacles timides, les conventions du temps. Il passe outre tout cela et plus encore. Sa dévorante méditation semble n'avoir pas de fin et sa faim est d'une toute autre nature que ces olives qu'il picore tranquillement.

Moi, je ne suis pas tranquille. Je n'ai jamais pu l'être. Il faudrait, pour cela, être sûr de ce que l'on peut ressentir, de ce coeur qui bat et de ce sang qui chauffe. Il est des jours où cela ne m'appartient pas, où je me laisse emporter. Et le plaisir de ce rapt n'est pas toujours évident. Je laisse trop cette influence me guider, quand elle ne concerne que moi. Intransigeant avec la vie des autres, je ne pourrai me laisser aller à faire quoique ce soit qui leur porterait préjudice. Mais je suis tout à fait capable de me perdre à ce petit jeu, s'il n'implique autre que ma personne. J'ai cette inconscience pour moi même, ce dédain incroyable pour ma vie, cette morgue prétentieuse quant aux dangers me concernant. Luce continue de jouer avec ma propre arrogance face à la sécurité relative de la situation et ne cesse son indiscrétion fascinante. Les questions qu'il pose ornent sa voix d'un velours avide. Il tente de lever le voile, ose des suppositions, touche juste. Il brûle d'un intérêt effarant pour une rencontre si jeune et se montre plutôt calme en comparaison avec ce feu qui agite ses veines. Le ressenti de cette émulation se distingue bien des émotions étouffées qui me parviennent de la salle en contre-bas.

J'agrippe l'accoudoir du fauteuil et le cuir sous ma peau provoque un frisson que je réprime. Je n'ose me lancer dans la pleine sensation de ce qui se trame. La prudence me l'interdit, et cette précipitation volontaire déteste cela. Puis Luce se dévoile également, avant que le moindre mot ai pu franchir la barrière de mes lèvres. Il parle de paperasses et d'ennui, de la nécessité d'un travail sans passion. Je me questionne sur sa fonction, mais tait cette curiosité dans un premier temps. Il n'a pas voulu s'étendre et je ne voudrais pas le brusquer. Il m'est important, à présent, de ne pas le faire. Pourquoi ? Je ne sais, je le sens, c'est tout. L'idée me picote qu'il puisse être quelqu'un du ministère, de possiblement haut placé. Ses manières engagent une certaine noblesse hautaine assumée. Il semble ne pas être homme à se laisser marcher sur les pieds et sans doute que son air avenant et séduisant n'est là aujourd'hui que pour moi. Je songe qu'il doit se cacher de quelque chose. Je ne sais pas qui c'est... Quand je me rends au ministère, pour mon frère ou rencontrer Pius qui tente de me montrer le bien fondé de son changement d'opinion, je ne croise jamais Luce. Alors je doute de ce pressentiment. Et bien que je veuille garder en tête cette idée intéresssante pour l'Ordre, je la bannirais presque pour me concentrer sur ce plaisir insidieux de la rencontre.

- Vous n'avez pas tort, d'une certaine manière. Je suis médicomage-chercheur, département des blessures dues aux sorts violents, la magie noire, les runes, les malédictions, les rites oubliés, ce genre de chose. Et plus poétiquement, écrivain à mes heures perdues.

J'ai laissé échapper la dernière information sans le faire exprès. J'ai écrit effectivement de lourd volume de médicomagie, sous mon propre nom. Les autres livres, recueil de poésie et Littérature pour Jeunes Sorciers, bientôt un roman d'aventures magiques, sont publiés sous un pseudonyme. Ce n'est pas que je n'assume pas mes écrits, c'est qu'il serait dangereux de les afficher sous les yeux de mon père qui considère cela comme des futilités honteuses. Je ne dois pas lui donner l'occasion de me reprocher quelque chose. Un courant électrique parcours mon bras quand Luce prend l'initiative de poser une main presque sur la mienne. Ses doigts jouent l'effleurement, il ne fait que laisser cette main sur ma tasse, sans entreprendre plus, en entreprenant tout. La voix du sorcier s'élève doucement parmi les effluves du Parfum. Sans mot dire, j'avance ma tasse pour lui la remettre. Je suis troublé. Je suis troublé et ce n'est pas un bon plan du tout. Mon coeur commence à déprécier très clairement les rebonds que je lui impose. Les bruits de fond semblent s'être amplifiés et me laisse confus, perdu. Ou bien était-ce juste le contact responsable de cet abandon ? Je sens cette volonté de résister que j'aurai pu avoir battre en retraite. Je ne fais pas d'avancé non plus, mais je reste là, encore une fois perdu. Ma voix tremble légèrement.

- Est-il bon ? Je le trouve presque parfait.

Les arômes de Bergamote ne sont pas assez puissants à mon goût, malgré une floralité affirmée. Je sais que mon ton était bancale et je ne comprends pas comment je peux perdre à ce point mes moyens. Je suis raremeent impressionnable, sauf quand il s'agit de me laisser tomber dans la gueule du sphynx. Je sens que j'approche de limites que je refuse de connaître.

- Vous m'avez l'air de quelqu'un avec de lourdes responsabilités...

C'est une réponse à ses suppositions sur moi. Une constatation. Je ne dirais pas comment je l'ai faite, simplement en observant la courbure de ses épaules, en écoutant cette pesanteur latente dans la moindre de ses émotins, cette violence contenue, cachée. Je reste figé néanmoins, n'esquisse aucun geste pour reprendre ma tasse. Le liquide ambré me manque quelque peu. Il est si facile d'y plonger ses lèvres comme une diversion, une fuite assumée. Je regarde Luce, juste à côté de son épaule, pour me détacher de ses yeux polaires, intimidant. J'ai parfois l'ardeur de ne pas me montrer complaisant et je crains à la fois, en la laissant s'échapper, de lui déplaire et de lui plaire tout à la fois, d'éprouver le rejet comme une plus féroce chasse.

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Tes doigts effleurent les siens et un long frisson coule dans ta colonne vertébrale. Ce fourmillement t'électrise et attise le courant brûlant du sang dans tes veines. Cela n'a duré qu'un très court instant avant que Sanders ne pousse la tasse pour que tu t'en empares et y plonge tes lèvres avec avidité. Provocateur, tu pivotes la porcelaine pour déposer ta bouche à l'exact endroit où s'ourlaient les fines pétales satinés du sorcier. Tu laisses la chaleur suave du thé glisser le long de ta gorge, inondant tes papilles de l'arôme fruité et délicat de la bergamote que tu ne perçois pas complètement, trop envahi par l'âcreté de ta vodka martini. Tu repousses finalement la tasse pour la rendre à Sanders, laissant à nouveau tes doigts s'aventurer au contact de la paume timide du médicomage. Sa peau t'attire encore plus que tu vois le creux de sa gorge à peine dissimulé par le foulard qu'il portait autour du cou. Tu retires finalement la cape de fourrure que tu n'avais pas encore pris le temps d'enlever, dévoilant une robe de sorcier gris perle à l'encolure ronde dévoilant deux clavicules saillantes et un pendentif dont le bijou était dissimulé par le tissu. Il s'agissait d'un croc de dragon que le père de ton père avait trouvé pendant l'un de ces voyages alors qu'il n'était qu'un très jeune et aventureux sorcier. Il te l'avait offert quand tu n'étais qu'un tout petit garçon qui rêvait aux dangereux monstres en écailles en t'endormant le soir. Tu te souvenais de ce jour comme l'un des plus précieux souvenirs que tu partageais de ton paternel. Quand tu n'avais pas sur les épaules le poids du nom que tu portais et que tu devrais assumer par la suite quoi qu'il en coûte.

Tu imaginais qu'un jour aussi, ton père avait du être un enfant, un jeune homme sans attache qui ne cherchait qu'à assouvir ses envies et à dévorer la vie par les deux bouts. Tu imaginais qu'un jour aussi, son père avait du lui offrir le croc de dragon, avant de briser ses rêves pour qu'il devienne le seul et l'unique Lord Malfoy. Tu te souvenais de l'âge auquel ton père avait finalement eu cette conversation. Celle là même qui avait scellé ta destinée. C'était à ton entrée à Poudlard, alors que tu craignais que le Choixpeau ne t'envoie ailleurs qu'à Serpentard. Il t'avait rassuré patiemment en te disant que comme tout bon Malfoy avant toi, tu serais réparti chez les vert et argent et ta vie dictée pourrait ainsi débuter. Tu savais déjà que ton destin était d'épouser Narcissa Black, de l'enfanter pour produire un héritier mâle que tu devrais façonner à ton tour pour le forcer à se plier au dessein de la famille. Et à qui tu offrirais surement le croc de dragon lorsqu'il serait encore autoriser à rêver à ce qu'il ne pourrait jamais vivre. Ton humeur menace de se faire morose et tu évites de te plonger plus en avant dans ta mémoire. Tu préfères te concentrer sur les informations que tu parvenais à glaner au détour d'une conversation de plus en plus fascinante. Sanders t'interpelle, évoquant le doux goût d'agrumes du breuvage que vous aviez partagé. Ton regard se fait soudain plus sulfureux, laissant ta langue humecter délicatement tes lèvres roses en coulant un sourire charmeur.

"Je le trouve tout à fait délicieux. Il a ceci de sucré et cela d'acide qui l'équilibre parfaitement. Peut être n'est-il pas assez prononcé en bergamote, pour autant, je le trouve presque ... parfait."    

Tu avais du être trop marqué par tes préoccupations évanescentes car Sanders avait semble-t-il percé à jour l'un de tes principaux traits de caractère. Des responsabilités ... S'il était un mot que tu haïssais lorsque tu étais Luce, c'était celui là. Tu rêvais d'une vie de légèreté incongrues, de naïveté volage presque irréelle dans lesquelles tu pourrais te repaître sans avoir besoin de te soucier du lendemain. C'était une brume diffuse, opalescente, qui nageait sur ton existence bien rangée et sur laquelle Lucius cherchait toujours à souffler pour la faire disparaître. Mais Luce l'étoffait immanquablement, l'attisant comme le feu dévorant d'une âtre de marbre noir qui flambait au creux de son âme. Il brassait les braises de ce brasier qui s'étouffait le jour et brûlait de mille feu la nuit. Tu craignais de t'y brûler les ailes à force de t'en approcher peu à peu et pourtant tu étais fasciné par la lumière qu'il provoque au creux de ton être morne et pétri de responsabilités. Encore ce mot qui te plombait les ailes et les empêchaient de battre comme celles d'un phénix prêt à s'envoler. Tu papillonnes, serrant imperceptiblement les mâchoires en grinçant légèrement des dents. Ton esprit se perd encore et tu es obligé de focaliser ton attention sur l'entêtante odeur de l'Amortentia. Ton regard se voile et s'échappe un moment des prunelles noisettes qui lui font face. Ton sourire se fait plus nostalgique, presque mélancolique. Des responsabilités. Tu pensais à cette époque bénie où tu n'en avais aucune, revenant sans cesse à l'image douce et reposante du petit Lucius, l'enfant innocent pétri de naïveté qui rêvait de devenir dresseur de dragon et qui portait fièrement autour du cou le trophée de son grand-père. Tu glisses ta paume dans l'encolure de ta robe de sorcier, sortant fièrement le croc serti d'argent qui pendait à une chaînette d'or blanc. Tu retires le bijou et le tend à Sanders, en profitant à nouveau pour laisser vos doigts se toucher.

"J'ai reçu ce présent lorsque je n'avais aucune responsabilité. C'était sans doute le dernier jour où j'ai pu être un enfant sans avoir à me préoccuper de l'avenir. A partir de cet instant, ma vie a pris la tournure que mon père voulut lui dicter. J'étais de son sang, je devais m'en montrer digne. Mais ce que je vous dis ne dois pas vous être étranger. Vous êtes le fils de Sevastian Dolohov. Il me semble que nous avons vécu la même pression infligé par ceux qui étaient censé avant tout nous aimer. Je pense que mon père m'aime. Je pense aussi qu'il aimait l'idée d'avoir un fils plus que la véritable image de ce fils que je représentais. Mais je n'ai jamais eu le courage de me confronter à cet idéal. Au lieu de ça, j'ai essayé de tendre vers lui. C'est là mon erreur. Est-elle vôtre également ? Vous n'avez pas l'air du fils rêvé de Sevastian Dolohov ..."

En une réplique, tu avais dévoilé bien plus de ton âme que tu aurais pu le croire. Mais vous étiez légion, des fils de sang pur convoitant la fierté de leurs aînés, voulant correspondre à ce qu'ils désiraient voir se refléter dans leurs existences mornes. Il devait devenir des idéaux, incarner la perfection, c'était leur devoir, leur dévotion, leur destinée. Et beaucoup étaient ceux qui s'y pliaient, n'osant pas même imaginer une transgression possible. C'était leur propre malédiction, la destinée formelle et personnelle de chacun d'entre eux. Lucius était l'un d'eux. Et ce soir, Luce en avait assez. Assez d'être transparent et de s'effacer devant un simple nom. Assez de ne pouvoir écouter tes envies et tes désirs. Assez de devoir nier jusqu'à ta propre personnalité, ton préférences. Assez de ne pouvoir être toi-même, tout simplement. Ton sourire est plus corrosif quand il se pose à nouveau sur Sanders, captant son attention en serrant subrepticement la pulpe de sa paume du bout de ses doigts. Une caresse plus profonde qu'un simple effleurement. Une étreinte brève mais qui pourtant voulait dire beaucoup pour le jeune homme qui confiait au brun une partie de son être le plus privé, le plus secret, le plus vulnérable aussi.


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Sanders & Lucius

« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
Le odeurs du thé reviennent me caresser les narines. J'y plonge mes lèvres délicatement, sous le regard satiné du sorcier. Le contact était là, à nouveau. Gêné d'abord, recherché ensuite. Bref. Il m'a laissé une sensation de chaleur sur la main, comme une douceur sucrée qui est agréable en bouche, une caresse de cachemire. Luce retire sa cape de sorcier et je contemple la mienne, à côté, songeant qu'il m'aurait été impossible de la garder aussi longtemps que lui tant la chaleur me monte déjà à la tête. L'ardeur qui est mienne et qui nous entoure me laisse dans un état proche d'une transe que je ne parviens pas à rompre. Je voudrais dire au sorcier que ce n'est pas trop tôt, mais je crains que cela soit de mauvais goût. Non pas que j'imagine le froisser, mais ce commentaire en l'air ne serait pas pris pour ce qu'il est : un simple commentaire. Lorsque l'on s'engage sur de tels terrains glissants, on ne peut qu'interpréter parfois à tort et à travers la moindre parole. C'est un risque que je ne prendrai pas, un luxe que je ne veux pas me permettre. La robe de sorcier gris perle est d'une élégance impensable pour n'importe quel sorcier et suppose la richesse écrasante de mon partenaire de boisson. Je perçois un savoir faire immense et du temps passé dessus. Je suis sensible à ce genre de chose, les beautés de ce monde. Je ne suis pas sensible cependant à ce que cela suppose de tel ou tel sorcier. J'aime la robe, je n'en prédis pas mon comportement avec le sorcier. Le regard, par contre, est une toute autre chose. Une chose subtile qui me transporte bien souvent, me porte au rêve et à l'imagination.

Il y a comme un courant d'air, qui n'apporte cependant aucune fraîcheur, mais les effluves entêtantes de l'Amortensia reviennent me frapper et l'air ailleurs, ses sentiments volages, m'indiquent que je ne suis pas seul. La flagrance d'un livre ancien vient me chatouiller et je nous revois dans la bibliothèque de Poudlard, prêt à se laisser avoir par la bibliothécaire qui veut fermer les portes. Nous n'étions pas de ceux qui ne rendaient pas leurs devoirs à temps, bien trop emportés par l'envolée de connaissances qu'apprendre supposait. L'intelligence vive et curieuse nous animait à chaque instant et, brûlant de cette ineffable volonté de percer tous les mystères profonds de la magie, des magies. La douceur de ce lieu silencieux, mis à part les bruissement discrets de livres en mouvement perpétuels, me laisse un souvenir évocateur de bonheur. C'était l'acharnement sans bornes à ne jamais laisser tomber devant un problème épineux qui se posait qui faisait battre le coeur de ces deux adolescents étourdis et amoureux. Je me surprends à espérer et à me dire qu'ils sont peut être encore là-bas, sur cette table prêt de la fenêtre par laquelle on aperçoit l'immense tour d'Astronomie. Ils rient encore quand ils butent sur un obstacle et se font gronder puisqu'il faut rester silencieux. Alors ils lancent un sortilège de bulle insonorisante, pour rester dans leur monde à eux, rien qu'à eux.

Luce se rapproche pour me tendre un bijou, une dent de dragon accrochée à une chaîne brillante. Ce geste qui fini par un nouveau contact me ramène à cette brusque réalité pourtant d'une douceur contrastée. Je bats des cils un instant, pour me détacher du rêve, de ce songe du passé miroitant un avenir mort. Je ne veux pas que la tristesse m'étreigne de ses bras froids. Pas ce soir. Pas alors que je suis en présence de bonne compagnie. Alors je pousse ma concentration à se rappeler du toucher indolent du sorcier. Le contact du croc me laisse saisir la chaleur de sa peau, celle qui pourrait... La pensée s'arrête, trop osée pour se formuler correctement. C'est trop tôt, c'est trop soudain pour qu'elle prenne sens. Et pourtant, dans ce bar langoureux, il semble que l'impossible n'ai jamais lieu, qu'être seul n'est pas permis. Je ne souffre pas de cette solitude qui est mienne. Je n'en avais, à vrai dire, que peu conscience et guère le temps de m'y attardé. Mais à ne pas sortir de temps à autres, à ne pas voir mes amis ou seulement pour effectuer des missions, et réparer les vivants à longueur de temps, je manque cruellement de contact. Je le sais et me réfugie trop souvent derrière une écriture pleine d'envolées poétique, d'un lyrisme débordant. Je couche sur papier ces rêves que je n'avoue pas, dans ce manoir qui me semble parfois glacial. Les paroles de Luce résonne en moi comme dans du verre, avec une sonorité vraie, presque exagérément semblable. Lorsqu'il évoque mon père et cette histoire aberrante de fils idéal, je me contracte également. Ce sont des phrases qui blessent et laisse de l'amertume au fond de l'âme, celle d'un petit garçon qui n'attendait qu'un sourire. Sevastian Dolohov, cet homme si connu dans le monde sorcier de par sa froideur et sa prestance, l'ordre qui règne dans la prison d'Azkaban, sous son égide, a toujours cependant un problème relationnel avec son fils. Non pas ses fils. Antonin est sa préférence. Je subis ma différence. Je réponds avec un sarcasme peu joyeux.

- Mon père... Je n'ai jamais réussi à satisfaire ses exigences. Ce n'est pas une question de magie, loin de là. Je ne correspond pas à cette idée de ce que doit être un sorcier de sang pur, pas pour lui. Je ne suis pas mon frère, Antonin. Je n'ai pu me défaire de ce que je suis, erreur ou pas. Mon père est un homme intransigeant, Luce, peut être comme le vôtre. C'est là son amour.

Je n'ai jamais réfuté l'amour de mon père. C'est impossible. C'est un homme attaché à sa famille, mais borné dans sa fierté. Il ne peut admettre que je ne corresponde pas à ce sang qu'il m'a offert. Mais il aime tout de même, malgré l'échec que je représente. J'allai demander à Luce, puisqu'il connaissait mon père, le lien ayant été facilement fait de par mon nom de famille, si je pouvais peut être connaître le sien, si mystérieux qu'il semblait vouloir rester. Mais l'homme me toucha la main d'une manière sans équivoque quant à une volonté affirmée, volonté également présente dans son coeur. L'attirance indéniable et l'ardeur soudaine me firent monter un sang bouillant au cerveau et je me levais brusquement. Tant de hâte me fait m'empêtrer sur ma cape qui touchait le sol et je tombe en arrière, glissant sur le tissus sombre. Le canapé me rattrape à moitié de ce mouvement à brûle-pourpoint et je me retrouve sur le sol, finalement, l'air idiot et une teinte pivoine sur les joues. Ce n'est plus un coeur qui bat, mais une bombe prête à exploser de timidité et de plaisir refoulé, de ce contact humain si loin maintenant qui ne demande qu'à être redécouvert, de cette rapidité nerveuse et de l'imprévu qui s'impose. Je balbutie, plein de gêne et de refus. L'image de Rose s'est imposée, celle d'un bonheur auquel je n'ai pas le droit. C'est dans ce refus que je bafouille, perdu :

- Je ne... vous... Pas sûr que... Luce ?

Le dernier mot est prononcé comme un reproche et une invitation à la fois, un refus de continuer pour une envie de fuite et l'envie plus encore qu'il me poursuive.

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Dernière édition par Sanders A. Dolohov le Mer 5 Déc - 22:02, édité 1 fois
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Tu aurais pu parier la réponse que te ferait le sorcier. Tu connaissais Sevastian Dolohov et tu imaginais sans mal ce qu'il attendait de son fils. Antonin était comme toi, implacable, intraitable, fidèle à l'image que son père se faisait de son héritier. Mais Sanders était différent. Tu n'avais pas besoin d'échanger davantage avec lui pour comprendre qu'il n'avait rien de ce que Dolohov attendait de son fils. Cette douceur qui transparaissait dans chacun de ses gestes et sa façon adorable de pencher la tête alors qu'il le regardait pensivement. Le brun était un homme bon, tu en mettrais ta main à couper. Alors la cruauté intransigeante du mangemort ne pouvait que jurer avec la gentillesse de son fils. Tu hoches la tête en fixant toujours ce point particulier au creux de sa gorge, humectant tes lèvres que l'atmosphère brûlante entre vous rendaient sèches. Tu passes ta paume dans ta barbe, accessoire de style que tu ne portais pas d'ordinaire et qui te rendait quelque peu nerveux. Le poil dru t'accroche la paume et des petites plaques rouges apparaissent au bout de tes doigts alors que tu te grattes davantage. Parler de ton père était toujours difficile. Tu aimais cette homme surement plus que ta propre vie, surement plus encore que tu n'avais aimé quiconque. Tu admirais sa puissance évocatrice et sa fierté à toute épreuve, tu voyais en lui un modèle de pureté que tu avais voulu suivre depuis ton plus jeune âge. Mais tu avais malheureusement oublié qui tu étais au profit de qui il voulait que tu sois. Il était bien trop tard à présent, trop tard pour prendre le risque de le décevoir.

"Mon père et le vôtre ont de grandes similitudes. J'ai malheureusement abandonné bien des convictions et des préférences pour correspondre à ce qu'il attendait de moi. Vous êtes pourvu d'un grand courage d'être arrivé à tenir tête à Sevastian Dolohov, et surement d'une grande détermination. Je déplore ne pas en avoir été suffisamment pourvu jusqu'alors. Je crains fort qu'il soit bien trop tard pour moi, à présent ..."

Tu penses à Draco. Souvent l'idée de devoir le formater à l'idéal Lord Malfoy te dégoûtait. Tu te refusais de façonner le caractère de ton fils pour l'obliger à devenir un clone de toi. Pourtant en aurais-tu le choix ? Abraxas veillait à l'éducation de son petit fils et la pression qu'il faisait poser sur tes épaules n'en tarissait pas depuis qu'il était venu au monde. Les remontrances quant à son éducation revenait sans cesse sur le tapis et tu avais l'impression que jamais tu ne serais libre. Narcissa n'avait guère plus d'autorité, bien qu'étant une mère fauve avec son petit, elle se soumettait à sa propre famille. La famille Malfoy était dans une impasse, un dédale de couloirs dans lesquels vous vous perdiez tous un par un, tantôt la femme, tantôt le mari, laissant ce fils tant aimé à la merci de ceux qui déciderait tout pour lui. Désarmés dans votre rôle de parent, il n'y avait que par l'amour et l'attention que tu portais à l'enfant, que tu parvenais à te rattraper de cet abandon métaphorique que tu opérais, que vous opériez tous les deux, offrant en sacrifice votre chair et votre sang à de plus grands desseins. Tu reprends le croc de dragon que Sanders a attentivement examiné et le reporte autour de ton cou. Il est devenu froid à présent, et sa morsure glacée sur ton plexus t'arrache un frisson. Tu penses au jour où tu donneras ce présent à Draco et où il le portera fièrement autour de sa gorge, exhibant à loisir l'héritage de sa famille comme un joyau précieux qu'il chérirait plus que tout. Sans doute admirerait-il son grand-père, voyant l'homme puissant et riche qu'il était, et toi, son double parfait, arpentant le même chemin bordé de gloire et de renommé. Votre nom si célèbre comme une assurance d'avoir cette vie parfaite toute tracée. Mais tout cela n'était qu'un piège.

Tu t'égares un moment dans tes pensées, laissant tes doigts se frayer un chemin jusqu'aux paumes de Sanders et l'attraper délicatement pour y imprimer une douce étreinte. Sa réaction est épidermique. Il sursaute et s'échappe, projetant son corps en arrière avant de glisser sur sa cape et d'atterrir sur le sol, loupant violemment le fauteuil de velours sur lequel il était assis auparavant. Tu te précipites à son endroit, te levant d'un geste plus brusque et moins classieux que d'ordinaire, t'inquiétant pour le brun. S'était-il fait mal ? Ta dévotion est toute nouvelle, d'ordinaire bien loin de cette forme commune d'empressement. Tu arrives à sa hauteur en ayant contourné la table et t'accroupis à ses côtés. C'était parce que tu t'étais montré trop cavalier, trop tactile, qu'il se retrouvait dans cette pénible situation. Néanmoins, tu n'imaginais pas le laisser choir sans te préoccuper de lui. Tu lui tends une paume pour l'aider à se redresser. Le tirant contre toi, tu le remets finalement debout, vos deux corps à quelques centimètres à peine. Ton souffle est court, ton cœur battant une chamade insoutenable alors qu'il était si proche. Lentement, tu glisses tes paumes sur le repli de sa veste, lissant le col de sa chemise, le nœud de son foulard, les pans de son veston. Tu agis méthodiquement comme lorsque tu revêts toi même un costume et que tu en ajustes chaque vêtement à la perfection. Tes doigts son aussi aériens que la caresse d'une plume et pourtant il pèse sur les épaules, la base de la gorge, le haut saillant des clavicules de Sanders.

"Qu'y a-t-il Sanders ? Qu'ai-je fais pour vous déplaire ? Vos joues sont si ... rouges."

Et sa paume grimpe et coule le long de sa joue en une caresse longue, lente, effleurant de son pouce la commissure de ses lèvres pour finir par contournant son menton, l'angle de sa mâchoire et se perdre à nouveau contre cette gorge pâle qu'il parcourt du bout des doigts. Il affiche un sourire carnassier de ceux qui ne laisse pas de place au hasard et aux suppositions et se retourne, faisant volte face pour rejoindre sa place, s'asseyant avec élégance en foulant à peine le tissu de sa robe de sorcier gris perle. L'air affamé et vorace de son visage a disparu au profit d'un sourire plus sage, un simple signe de courtoisie qui ourle sa bouche pleine et ses lèvres rosies dévoilant des dents blanches parfaitement alignées. Assoiffé et la gorge sèche, il attrape son verre et boit la dernière gorgée de vodka martini, rapidement rejointe par la troisième olive verte. Reposant simplement le verre de cristal, il claque imperceptiblement des doigts et Travis arrive quelques minutes après pour lui servir la même chose sur un petit plateau, apportant également une assiette de scones et de muffins qu'il dépose devant la théière à demi pleine de Sanders.

"Mangez, Sanders, cela dissipera votre malaise. Mais vous n'êtes pas sans l'ignorer ..."


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« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
Là sur le sol, j'ai l'impression d'être un de ces personnages de ces théâtres de rue, exagérément émotifs pour emporter l'adhésion rapide du pubic. J'ai les yeux grands ouverts et les lèvres qui tremblent. Je n'arrive pas à ordonner mes pensées qui remuent joyeusement en voulant tout et son contraire. L'intention est là, celle de s'échapper, se glisser ailleurs. N'importe où, mais ailleurs. Et pourquoi ? Parce qu'il semble plus proche de ce devoir qui est le mien de quitter cette pièce sur le champ. Immédiatement, s'en aller. Ce devoir que mon père impose toujours et que, contrairement à ce que pense Luce, je porte encore. Ce devoir aussi, de m'oublier pour mieux servir cette cause que je défends. Je n'ai toujours pas appris, Rose... Tu sais, tu me l'as dit souvent, répété jusqu'à l'overdose, que je pouvais, ne serait-ce qu'un instant de grâce, ne pas me laisser pour compte. Tu l'avais susurré encore et encore, pour me l''enseigner, cet amour de soi nécessaire, la simple considération qu'il n'y a pas de mérite à avoir pour seulement oser vivre. Mais je n'ai pas appris.

Je préfère encore m'ignorer et ce que je pourrai me hasarder à désirer ne présente encore à mes yeux aucune sorte de valeur. Je suis intraitable, voir impitoyable quand il s'agit simplement de ma personne, ce qui provoque souvent des incohérences. Alors là, sur ce parquet vernis, comme un idiot, comme l'idiot qui à peine touché, entrepris, à réagi au quart de tour, je songe que je l'ai sans doute contrarié et je serais fâché de l'avoir offusqué. Je n'avais pas, dans ce geste, pour but de l'offenser. Je ne me formalisais que de la précipitation, l'empressement qui n'est pas habitude. Je sens poindre le reproche que je m'oppose : Tu es bien triste, mon frère, à t'offusquer de si peu. Et pour quoi ? Ne sais-tu pas ce que tu es en train de faire ? La voix d'Antonin me fait presque frémir de honte. Que dirai père s'il s'avait ? Tuerait-il Luce comme il a tué Rose ? Je n'ai jamais évoqué avec lui le fait que je ne m'attache pas à un genre, mais à un être. L'amour n'a pas de limite, si ? Et pourquoi, alors, l'attirance en aurait ? Et puisqu'on ne parle que d'attirance, là, je ne pensais pas, en me rendant dans l'allée des embrumes, qu'une telle puissance d'attraction était possible. Le penchant que j'éprouve me dépasse. Il n'a pas de barrière puisqu'il est celui d'autres plus loin et de celui plus proche. C'est une affinité qui est inimaginable puisqu'elle n'avait pas d'hier. Aura-t-elle un lendemain ?

La précipitation du sorcier à mon égard me semble disproportionnée et cette disproportion flatte quelque chose de loin, d'oublié. Je me laisse relever avec  sa main. Il s'empresse de me remettre d'aplomb et je rougis de plus belle, non plus offusqué, cette fois, mais irrémédiablement aimanté, comme deux pôles opposés qui ne pourraient que se rejoindre. Car Luce est un oppose. Je le ressens avec une intensité troublante, cette différence que nous entretenons. C'est un homme de pouvoir et de volonté, un homme qui peut écraser la masse comme on écrase des fourmis, un homme riche et fier de cette richesse. Sang-pur à n'en point douter. Peut être même... La soudaine supposition me glace le sang. Et s'il était mangemort ? Mon coeur s'alarme à cette pensée. Pourtant, il ne se réfracte et ne se rétracte pas. Je l'ai dis, je ne m'attache pas à un genre, mais à un être. Et c''est sans doute pour cela qu'il m'est impossible de renier cette famille que j'aime, qui est si contraire à ce que je crois et ce que je défens. Qui cherche même à le détruire, ce rêve, dans ma tête. Je le laisse remettre chaque pli, chaque froissement, en essayant de lutter contre tous les frissons provoqué par les contacts et quand il s'arrête, j''en suis déçu. Comment en est-on arrivé là ? De cette simple rencontre et quelques secondes après, l'invitation. Puis le thé. Puis la chute. Et ça maintenant ? Prend tes jambes à ton cou, Sanders, il est encore temps. C'est trop tard... Il caresse ma joue d'un geste indéfinissable, rempli d'une exquise douceur, comme une excuse. Et j'en frissonne plus encore. Ma respiration se coupe, refusant de continuer. Elle pourrait presque me dire : continue sans moii, j'abandonne. J'essaye de répondre, sans balbutier. Impossible.

- Je ne... Rien. Ce... C'était le coup de la surprise.

J'ai le coeur qui frémi devant cette voix presque murmure. C'est que le souffle me manque cruellement, comme d'avoir trop couru. Sa main se perd dans ma gorge et s'évanoui. Tout mon corps hurle quelque chose que je ne veux pas entendre. Je n'y crois pas, de cette bousculade. Je n'y crois pas de ce déferlement d'émotions. Et il semble que je ne perçoive plus rien d'autre qu'un capharnaüm indémêlables de sensations incompréhensibles dans leur mélange. Je ne sais si elles sont totalement mienne ou pas. Et je m'en fiche. Maintenant je m'en fou, comme de mon premier balais-jouet. Luce me délaisse, rejoint son fauteuil et je ressens déjà le vide de son absence. Vraiment, que fais-tu là, Sanders ? A quel point oublie tu le monde, dehors, qui a peut être besoin de toi ? A quel point piétine-tu les limites que tu avais imposées ? Et je reste là, interdit devant tant d'incongruités. Il y a du mouvement, je ne m'en aperçois pas, semble-t-il. Luce a fini son verre, des scones sont apparus, je suis toujours debout. Les recommandations du sorcier me ramène à quelque chose de plus terre à terre. Cela me ferait presque sourire tant c'est loin de ce qui peut remuer mon corps à cet instant. J'ai déjà la sale manie de ne m'alimenter que quand j'estime en avoir le temps. Autrement dit, pas assez souvent. En résulte une certaine maigreur. Pour autant, et parce que je bouge beaucoup, je reste plutôt en forme, entretenant les muscles secs. Je n'ai certainement pas la carrure d'Antonin qui arbore une musculature féroce, et celui-ci, ainsi que Molly, dans des registres différents, me tannent pour que je prenne un peu de poids. Je ne m'assois toujours pas. Je me figure alors que je dois répondre quelque chose, ne plus laisser ce silence assourdissant se prolonger. Je fais quelques pas vers le sorcier tranquillement assis, avec un autre verre, jusqu'à être juste devant lui. Je n'ai pas docilement avalé quelque chose.

- Ne vous méprenez pas, Luce, j'ai du mal à faire ce que l'on me dit. Pour autant, je n'ai pas l'habitude de ces démonstrations. Je ne sais pas si... Nous ne devrions pas nous égarer et...

Je me rends compte que mon ton a pu paraître froid. Mais je ne bouge pas, tout en moi lui hurlant que je ne pense pas ce que j'ai dis. Tout en moi hurlant que je dois m'enfuir maintenant. Reste, Sanders, bordel, reste...  Et quoi, hein ? Et quoi Sanders ? Tu ne réponds rien. Mes mains tremblent légèrement. Mes jambes ne répondent pas. J'ai peur et peur de le reconnaître. L'hésitation est une perdition douloureusement agréable. Je suis perdu. Déjà perdu. Je ne montre pas cette sédition qui brûle en moi, en même temps que cette reddition, Pourquoi dire le contraire de ce que je montre ? Tout mon corps est tendu, non pas prêt à claquer la porte, à partir comme je suis venu, comme ça et puis c'est tout, plein d'indifférence; Ce n'est pas vrai. Je reste là. Je reste immobile.

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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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Lucius A. Malfoy & Sanders A. Dolohov

Le temps s'arrête. Il n'y a plus rien qui compte l'espace d'un instant. Cette caresse est d'une douceur infinie, mue par un élan insoutenable d'une tendresse pure qui jaillit de ton coeur comme si tu ne pouvais l'y contenir. Ton thorax se comprime, ce souffle si court dans ta poitrine te faire perdre la tête. Le moment suspendu se tend et se détend, se retend encore à mesure que tu vois comme au ralenti cette paume qui ondule déliquescente contre sa joue. La peau est douce malgré l'ébauche de barbe qui tend à poindre en cette fin de journée, d'un velouté de pèche qui flatte la pulpe de tes doigts. Tu as envie de t'en repaître encore, de suivre cette langue de chair tout le long de cette gorge pâle, de glisser contre cette carotide palpitante qui bat à une cadence effrénée, de contourner cette clavicule saillante, de couler contre ce torse et d'en dessiner les contours. En apprendre chaque creux, chaque courbe. Laisser tes mains comme un film de peinture à l'huile sur une grande toile vierge, tes doigts pour seuls pinceaux qui en parcourt la surface. Tu imagines chaque frisson, l'ondée de cette peau qui frémit à ton contact, cette paume toute puissante que tu choisis de promener où bon te semble. Tu pourrais continuer ton périple en dessous de cette chemise, ouvrant un à un les boutons pour en dégager les pans, dénouer patiemment le foulard qui te retiendrait dans ta progression. Appréhender ce corps blanc et fin, compter chaque côte en les effleurant une à une. Et puis abandonner tes mains au profit de tes lèvres.

Ta bouche pleine d'un désir suave glisserait dans le creux naissant de son plexus, remonterait patiemment de son nombril vers ses clavicules, s'ourlant généreusement pour butiner ce torse que tu imagines glabre et pâle. Se perdrait dans cette gorge qui attise une telle envie, un pressant besoin d'être dévorée. Découvrirait le trajet passif de cette jugulaire qui ascensionne jusqu'à sa mâchoire se dessinant, carrée, anguleuse. Viendrait quémander cette bouche aux fines pétales de nacre, la découvrir, s'en délecter en d'humides baisers sucrés. Et ta langue mutine, aventureuse, chercherait sa compagne en se pressant dans un ballet d'une langueur inouïe, laissant ton sulfureux besoin se satisfaire en emprisonnant une lèvre entre tes dents pour lui arracher un gémissement. Le temps de battre des paupières, ton esprit s'est évanoui, abandonnant l'instant présent au profit d'un moment fantasque qui attise le désir au creux de tes reins. Ton sang déferle dans tes veines comme une vague de lave en fusion qui dévaste tout sur son passage, te laissant pantois alors même que tu n'avais fais que l'effleurer. Ton imagination était trop fertile et ce besoin trop fort pour que tu n'aies pu te contenir. Quand tu reprends ta place, la chaleur entre tes entrailles est telle que le second cocktail est fort bienvenue. Ce n'est que au prix d'un effort surhumain que ton corps ne s'est pas davantage trahi, tes joues restants aussi pâle que d'ordinaire, loin du rouge cramoisi qui ornait les pommettes de Sanders.

Sa voix est aussi sèche que s'il venait de courir un marathon, son souffle court alors qu'il t'assurait que ce n'était là que la surprise qui lui avait arraché une telle réaction. Ton sourire se fait à nouveau plus carnassier pendant quelques secondes durant lesquelles tu t'efforces de te réprimer. Sa timidité te sidère alors qu'il reste debout, pantois, incapable de bouger pendant plusieurs longues minutes de silence. Tu as laissé couler dans ta gorge une nouvelle gorgée de délicieux nectar accompagné de sa petite douceur salée, de quoi te remettre momentanément les idées en place. Mais sa stature longiligne, fine dans son costume impeccablement réajusté par tes soins, est pleine d'une gaucherie attendrissante. Il fait quelques pas, contourne la table, et vient juste devant toi. Tes élans fantasmagoriques se lancent à nouveau, refrénant cette envie d'attraper sa cuisse de ta paume ferme et de l'entraîner contre ton torse musculeux pour une étreinte encore moins sage. Laisser ta bouche dévorer la sienne sans ménagement pour qu'il perde à nouveau l'usage de la parole. Si une simple caresse sur la joue l'avait rendu mutique à ce point, tu n'osais présumer d'un baiser. Tu mords furieusement ta lèvre, retenant cette pulsion grandissante qui bouillonnait dans ton ventre. Ses excuses ne parlent que de foutaises qui ne font aucun sens. Ses mots disent "blanc" mais ses yeux crient "noir". Tu n'avais pas pour habitude d'écouter davantage le discours du corps que celui de l'esprit mais aujourd'hui, tu ne pensais pas avoir d'autre choix. Tu hoches pensivement la tête en fixant les orbes noisettes qui te surplombent.

Lentement tu te lèves, faisant face à la silhouette tangente du brun. Il est plus grand que ton corps d'emprunt qui fait la même taille que toi. Mais pourtant quand tu te poses à sa hauteur, il semble se ratatiner, se replier sur lui-même. Tu ne lui laisses pas le temps de ce repli. Il est si proche ... Tu lèves à nouveau une paume tentatrice et tu ne l'effleures même pas, laissant ton geste en suspend pour simplement ancrer tes iris polaires dans les siens. Tu cherches à lui faire perdre pied, à le pousser dans ses retranchements. Une seconde manœuvre où ton mouvement reste aérien, ne cédant pas à l'impulsion de le toucher à nouveau. Ta mâchoire se serre, tes dents grincent imperceptiblement et tu grondes presque en levant encore ta paume. Tes doigts brûlent de millier de frémissement, ne rêvant que de toucher cette joue offerte. Précautionneusement, tu t'approches davantage, plaquant complètement ton corps à celui de Sanders. Vos torses se frôlent, vos cuisses se frottent, les pans entremêlés du tissus de vos vêtements se chevauchent. Tu t'inclines, coulant ton visage vers la gorge de Sanders. Tu inspires puissamment son parfum aux notes de santal et d'ambre gris, ton nez effleurant la chair de sa gorge. Ton souffle brûlant caresse sa carotide que tu sens palpiter toute proche. Tu atteins finalement son oreille où tu murmures d'une voix rauque presque extatique :

"Je crains fort que la vie n'ait d'intérêt que dans l'égarement, au contraire ..."

Tu inclines la tête et dépose délicatement ton front contre le crâne du brun. En quelques secondes, ton front est contre le sien, les yeux dans les yeux, tu n'abandonnes pas la fermeté de ce regard dévorant dans lequel tu déverses toute ta concupiscence. Ta paume vient cueillir sa gorge et ta bouche entrouverte reste un suspend, à quelques millimètres de ses lèvres. Vous partagez le même souffle brûlant qui passe d'une bouche à l'autre, huit clos dont l'air se fait rare, te poussant dans une fièvre troublante qui te faisait tourner la tête. Ta langue sort, humectant langoureusement tes pétales satinées, consumée du désir de trouver sa compagne pour une sulfureuse étreinte.


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« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
Je reste fier et droit d'apparence, bancal et apeuré dans mes convictions présentes. Alors que le monde remue, là dehors avec la violence inhérente à la guerre, je pourrai me perdre, abandonner, là tout seul, dans cet endroit calme des heurts et agité d'une chaleur humaine. Il semble si facile d'oublier, finalement, si dur de devoir se souvenir. Mais est-ce un devoir ou une obligation ? Je ne crois pas avoir le choix de ce passé si lourd. Quand j'y pense, il est de nombreuses occasions où j'aurai pu saisir la faux et cueillir mon âme de bon gré. Je ne l'ai jamais seulement songé. La question ne s'est jamais posée, elle n'a jamais eu lieu, silencieuse. J'ai continué à vivre comme Rose avait continué à mourir. Son fantôme ne s'est pas attardé ici bas. Je crois que j'ai pu un temps lui en vouloir, avant de comprendre que je n'aurai pu rien exiger de pire de son âme que de se sentir incomplète et de rester hanter le monde pour se remplir d'un je ne sais quoi qui l'aurait ancrée là. Je reste ferme, je le regarde avec l'espérance qu'il ne plonge pas son regard sur tous les signes évidents de ce mensonge éhonté. J'ai osé braver la vérité pour la mettre à terre. Et dans ce refus d'honnêteté, je me suis trahis à moi même. J'ai fusillé allègrement celui que je suis. Voilà, je pourrai me perdre... Voilà, je suis perdu !

Luce ne l'est pas. Son regard est ferme et je comprends que c'est cela, la fermeté. Pas le simulacre de rébellion derrière lequel je me cache. Je déglutis et ma gorge se serre sous une pression artérielle. Le rythme des battements de mon coeur tambourine dans mes tempes à faire taire le reste. Je vis dans une tension qui n'est pas soutenable. Juste quelques secondes, et je m’effondre là. Je ne suis pas bien vaillant quand il s'agit de lutter contre ce genre de sentiment. Je peux me battre avec acharnement contre la violence, la dureté, la douleur, l'injustice, la mort. Je ne me résout pas à vaincre l'amour et ces petites choses qui lui courent derrière. Je sens mes jambes prêtent, non plus à déguerpir à la moindre occasion, mais à flageoler un cours instant, avant de céder brutalement. Les deux yeux impudents fixés sur les miens effrayés de mes propres désirs n'arrangent absolument pas les histoires. J'ai l'impression de goûter l'été en pleine hiver, de revêtir une écharpe dans un froid glacial, de brûler alors qu'il pleut dehors. Et rien ne semble éteindre le feu dévorant qui m'étreint. La flamme se tord et vacille sous le vent des pulsions, mais n'en n'est qu'attisée. Connais-tu, mon frère, cet interdit que tu violentes sans pudeur ? S'il savait, notre Père, ce que tu t'amuses à faire, ce n'est pas ta nuque seule qu'il aurait marquée, ce n'est pas ton dos qu'il aurait fouetté jusqu'au sang. C'est ton coeur qu'il aurait malmené pour que tu n'en ais plus. Tu es désespérant de sensibleries, placées de plus au mauvais endroit. Je respire à grand peine.

Le sorcier se lève et son odeur suave vient se coller à moi. Je ne pourrai bouger sans ne plus seulement effleurer son corps, le contact appuyé serait immédiat. Je n'ai plus de mots pour décrire le bouleversement de mon état. J'ai l'impression de sentir mes sens fondre pour se mêler, s'entremêler à ceux de Luce qui ne fait que jouer la proximité, la provoquée, sans jamais l'annihiler en me rejoignant totalement. Cela me laisse dans un désarroi qui me dépasse, trop loin et trop proche à la fois. La turbulence de ces vibrations me laisse proche d'une nervosité névrosée, d'une tempête orageuse, d'une angoisse affolée, presque une convulsion erratique. Je vis comme des vicissitudes à perpétuité, contractées en un seul instant, gardant toute leur intensité cumulées. Sa main se met à me contourner habilement avec la patience de celui qui sait ce qu'il fait et qui sait que je ne le sais pas, moi. Il ne fait pas semblant de me chercher, cela a un but précis. Je le sens vouloir que je cède plus encore. J'ai le sentiment cruel d'avoir déjà capitulé pourtant. La conquête n'a pas de sens, je ne me défends pas. Personne n’appellerai mon insurrection faiblarde une révolution. C'est à peine si c'est un déni tant il est avoué. Le transport qui me rend fébrile est renforcé par les manoeuvres impitoyables.

Alors que je m'abîme malgré moi dans la vision du sorcier, du détail de son visage si proche du mien, de son souffle chaud et obsédant, je remarque qu'il n'a toujours pas franchi la limite. Il se tient juste au bord, à la frontière, in extremis et pas plus loin. Et alors qu'il remonte mon cou, que je pourrais presque sentir son nez m'effleurer, même s'il n'en est rien, sa voix résonne, grave et mélodieuse, provoquant un milliard de nerfs qui s'électrisent. Je tressaille, arrête de respirer un instant, surtout quand sa main vient sur ma gorge offert, sans défense puisque je ne bouge toujours pas. J'en serais sans doute bien incapable, s'il fallait l'avouer. L'égarement est là, imposant, indomptable, écrasant même. Fronts collés, les yeux dans les yeux, il impose sa danse. Je ne pourrai oser la rompre et lui marcher sur les pieds. Ce coeur qui est le mien semble vouloir s'échapper de sa cage, comme s'il ne m'appartenait plus. Il veut revendiquer sa propre existence, trop enfermé dans mes principes. Je bouscule ces pensées récalcitrantes qui me rappellent de toujours me méfier. Ces pensées qui songent à raison que je suis totalement imprudent, que je m'en remets à l'autre sans penser aux conséquences. Comme toujours. Mais je n'y vois plus clair. Et le trouble qui est mien m'est insurmontable. Je laisse échapper, avec le peu de force qui me reste de ce souffle inexistant :

- Ne joue pas...

Le tutoiement est venu subitement, sans prévenir. Je n'aurai pu l'éviter comme je ne peux le contrôler.. Je connais les manières, le choix de les oubllier n'est plus le mien. Nous sommes au delà, nos souffles rapprochés et pour moi la frustration de n'aller plus en avant. Je ne peux pas. Simplement, je ne peux pas. Et l'incapacité me ferait presque hurler si elle avait de l'air pour l'alimenter.  J'ai envie que mon être ne se résume plus qu'à moi-même, de transgresser ces règles absurdes auxquelles je me tiens, d'éradiquer cette notion de perfection après laquelle je cours. Je veux lâcher tout. Je suis au bord du gouffre et ravi d'y plonger. Ma main parvient à se glisser entre nos deux corps pourtant presque collés. Elle ne peut faire autrement que de briser le frôlement pour toucher réellement. Je la pose sur sa poitrine. Elle pourrait le repousser, là, maintenant. N'en fais rien. Les battements de son coeur sont brusques, les miens plus encore, erratique. C'est qu'il semble maîtriser la situation alors que je m'y perds.

- S'il te plait.

Et qu'était-ce que cela ? Une supplique impossible. La demande qui ne devrait se faire et qui explose. Le résultat pur et simple de cet agonie langoureuse. J'ai la bouche sèche d'avoir trop soif, le ventre tordu de tant de tension. S'il te plait Luce, ne me laisse pas partir. Pas là, pas maintenant. Demain peut être, je m'en fiche pour le moment, car pour le moment, à cet instant précis, cela me paraît seulement insurmontable.

(c) DΛNDELION

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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

(c)wild heart


Dernière édition par Sanders A. Dolohov le Ven 7 Déc - 19:59, édité 1 fois
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Non tu ne joues pas. Pourtant tu aimes cela, te perdre dans la danse langoureuse de la séduction, jouer à qui serait le plus fort, qui céderait le plus vite. Mais tu ne joues pas. Ton sérieux est tel qu'il ne l'a jamais été, ressentant un élan indéfectible te lancer vers Sanders Tu pourrais rire de sa faiblesse, son incommensurable attrait auquel il ne voulait pas céder, cette pudeur informe qui s'opposait à un rapprochement plus intime. Tu pourrais attraper cette lèvre qui trémule, faire taire cette bouche qui respire extatique, étreindre ce coeur épuisé de battre à tout rompre. Mais tu ne joues pas. Tu n'arrives à penser à rien d'autre qu'à ce corps si proche et pourtant si lointain, ce désir qui consume tes entrailles et brouille tes sens. Le flou devant ton regard ne t'empêche pas de distinguer deux orbes brunes qui implorent en silence. Que veut-il, que cherche-t-il, qu'est-il prêt à abandonner pour te rejoindre ? Tant de questions qui ne trouvent pas de réponse. Ton esprit est malade, ivre de ce besoin sulfureux qui te brûle, cette déliquescente concupiscence qui te broie dans ses mâchoires d'acier. Tu ressens presque la douleur qui te pousse vers Sanders sans pour autant que tu n'y cède. Il est là, son corps plaqué contre le tiens, incapable de bouger pour te rejoindre, paralysé par une peur que tu ne fais que deviner. Ta paume se fait plus ferme, le velouté de cette gorge pâle coulant comme une langue de chair entre tes doigts. Tu sens le frémissement de cette peau, les milliers de picotements qui la parcourent et l'assaillent. Tu en es l'instigateur, le magicien qui manipule son pouvoir adroitement, connaissant ses failles et ses forces, laissant sa puissance dévorante se presser autour de son cou.

Soudain tu sens une main serpenter sur ton torse, glisser entre les pans de tissu du costume de Sanders pour rejoindre ta poitrine. Elle se pose là, contre ce myocarde en fusion qui menace d'imploser, de ces côtes saillantes qui pourraient se rompre à tout instant sous la déflagration. Il s'accroche aux fibres du vêtements, il cherche un ancrage, solide, indéfectible, quelque chose pour se retenir et ne pas tomber. Tes jambes frémissent, ton corps ondule, mu par un besoin inextinguible de ne faire qu'un avec lui, plaquant vos deux silhouettes l'une contre l'autre. Le temps semble s'être figé, les bruits de la grande salle du Parfum se sont tus, même les effluves de l'Amortentia se font discret, presque indétectables. Il n'a que vous, vous deux seuls derrière ce paravent, pressés l'un contre l'autre comme si vos vies en dépendaient, à la merci d'un désir sourd et violent qui ne demande qu'à éclore. Cette paume sur ton torse est brûlante, un tisonnier chauffé à blanc qui marque ta chair, l'électrise d'une décharge presque oppressante. Ton coeur se fait gros, pesant, ton corps est lourd, chaque mouvement semble te coûter un effort surhumain. La supplique t'achève. Front contre front, la moiteur de cette étreinte demande une sédition, la reddition de toutes tes forces. Tes iris flanchent, perdant le contact si précieux avec les orbes brunes de Sanders. Ton visage s'éloigne, redonnant un souffle nouveau à ta bouche presque asphyxiée de cet air maintes fois échangé. Ta respiration se fait un râle, ta voix gronde sans qu'aucun mot ne sorte de tes lèvres. S'il te plait. Ces trois mots tournent en boucle dans ton esprit, incapable de te sortir cette litanie mortifère que ton âme psalmodie pour se donner raison. Finalement, tu rends les armes.

D'un geste brusque, tu pousses le brun pour le plaquer contre le mur du salon privé. Son dos entrechoque la colonne de marbre dans un bruit sourd que ton feulement étouffe. Ton corps entier se presse contre lui, sentant les rebonds de son coeur au creux de sa poitrine à travers vos vêtements. Ta paume se serre autour de sa gorge, juste assez pour une intense étreinte qui ne lui coupe pas le souffle. Tes doigts glissent sur sa nuque, se perdant dans les cheveux bruns auxquels ils se retiennent. Ton autre main se crispe autour de sa hanche, agrippant sa chemise en foulant le tissu. Tu grognes un peu parce qu'il se refuse à toi, n'ayant pas céder à tes avances, tu te dois d'assouvir toi-même ce désir qui vous hante tout deux. Ta bouche coule sur la sienne, trouvant les pétales de nacre qui s'ourlent doucement pour un cri muet. Tes lèvres fondent sur les siennes et ta langue mutine cherche fiévreusement sa compagne. L'étreinte est rude, tu t'imposes à lui comme une évidence, malmenant sa bienséance, sa bien pensante retenue. Tu annihile toutes les défenses, ces barrières qu'il érigeait pour garder une distance salvatrice. Il rend les armes, incapable de résister plus longtemps à tes assauts fougueux. Le baiser se fait plus féroce, tes dents cherchant à capturer sa lèvre pour lui arracher un gémissement. Le goût du thé sur sa langue est un délice, suave et sucré, se mêlant à l'âpreté de ton cocktail et au salé des olives. Tu ne sens plus l'Amortentia, il n'y a plus que le parfum de Sanders et l'odeur de cette gorge que tu convoites tant. A bout de souffle, tu romps le baiser, laissant une bouche rougie de ton offensive. Tu voudrais le laisser pantelant, mais ce sont tes jambes qui menacent de céder sous ton poids.

Tu grognes encore, pas rassasié de ta faim dévorante. Ta bouche contourne en une myriade de baisers l'angle de sa mâchoire, picorant cette gorge tentatrice que tu cherches à déguster. Du plat de la langue, tu le goûtes à cet endroit si particulier, ce creux où son odeur exalte tes sens et où tu meurs de perdre tes lèvres. Tes doigts tirent sur ses cheveux, le forçant à se courber pour te laisser plus ample accès à sa chair. Ton feulement est impossible à retenir et tu regagnes bien vite la douce sensation de ces lèvres sur les tiennes dans une étreinte brusque et tendre à la fois. Tu te fais plus délicat, moins avide, butinant de ta bouche pleine les joues, le nez, le menton du brun. Tes lèvres sont aériennes, des baisers de nuage qu'elles déposent ça et là, effleurant du bout du nez chaque centimètre carré de peau qui soit à ta portée. Ta paume sur sa hanche devient une caresse, remontant dans le plat de son dos pour l'enlacer complètement. Vos corps n'ont jamais été aussi proches, semblant vouloir ne faire qu'un. Et tu poses à nouveau ton front sur le sien, reprenant le contact de ses iris voilés. Ta main quitte ses cheveux pour couler sur sa joue avec tendresse. Tes lèvres scellent un unième baiser mouillé sur la bouche du brun et tu te plonges à corps perdu dans ses yeux où tu sembles percevoir l'infini et bien plus encore. Ta voix n'est qu'un murmure plaquer contre ses lèvres, cherchant à reprendre pied sans pour autant vouloir t'absoudre à cette étreinte déliquescente. Tu voulais t'assurer que tout ceci était bien aussi réel que la course effrénée de ton coeur dans ta poitrine et celle que tu percevais battre contre ton torse.

"Sanders ..."



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« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
Ma voix s'est éteinte dans le dernier souffle qui habitait mon corps. Il ne reste plus rien et la tête me tourne. La réponse est presque immédiate, brutale. Le recul n'est qu'une illusion. Luce me pousse presque et ce geste n'a aucun rejet. Le mur me heurte et mon dos s'y retrouve accolé, sans porte de sortie. La sensation de l'entrave, cette réquisition absolue de mon être, n'a étrangement rien de désagréable. Je m'y perds avec honte et désir. Je n'ai jamais voulu cela et j'ai l'impression à nouveau d'avoir 17 ans. C'est cette adolescence rebelle et interdite qui vibre jusque dans la moindre petite parcelle de mon corps, le moindre recoin oublié, regretté. J'ai le frisson de l'ivresse, celle d'un contact enivrant, d'une odeur grisante ou d'un abandon délicieux. Je ne sais plus à présent où je commence, où je m'arrête. Le monde dehors n'a plus d'importance. Seul compte le contact fou du sorcier, puissant et affamé. Ses doigts fins se resserrent sur ma gorge, l'emprisonnant tout juste d'une étreinte délectable. Cette prérogative qu'il s'arroge ainsi me met au supplice de l'abandon. Je lui offre ce qui résiste et ce que je retiens, sans aucunes concession et si le regret en vient à étreindre mon coeur, il ne pèse guère sur ma volonté dissidente. C'est comme une contrainte qu'il n'a pas imposée, ce penchant pour lequel je dévie de ma route. Son ascendant sur ma personne n'est plus mis en doute. Il y a quoi, une heure ? J'étais libre. Oui, j'étais libre il y a une heure. Et s'il n'a peut être voulu me contraindre, j'ai un sentiment de capitulation. Il pourrait être n'importe qui, au final, cela n'a plus d'importance. J'ai l'âme volatile de celui qui a souffert et qui continue de souffrir. L'évidence de vivre autre chose ne souffre pas de choix. C'est la toute-puissance d'une promesse peut être sans lendemain, d'une affection immédiate, pour une douleur sans doute plus tard.

Je me rends compte que je n'en ai cure, que je préfère arrêter de penser puisque cela n'a plus de sens, que toute mesure est incendiée par un feu dévorant. J'embrasse l'amnésie des remords et des reproches quand ses lèvres s'écrasent avec fougue sur les miennes. Il vole leur timidité sans vergogne, avec impudeur et indécence. Je résiste un instant, comme dans un dernier effort de préservation, le sursaut de délicatesse, de pureté ou de sagesse... Pour céder, plonger plus loin encore que si je n'avais pas oser temporiser, songer que cela était sans doute mal. Nous sommes seuls, l'un et l'autre et heureusement. Une âme innocente rougirait sûrement de notre comportement. Je me perds dans la sensation d'une douceur extrême, sa bouche sur, dans la mienne. Le picotement de mes nerfs irradient mes sens en extase déjà. J'ai la tête qui tourne de réfléchir trop et de ne savoir de quoi il en retourne. Plus aucune retenue ne survie, la décence est morte. Luce se presse plus encore si c'est possible et férocement mordille ma lèvre inférieure. Mon souffle rauque devient aigu soudainement. Mes joues brûlent de l'opprobre certaine. Je ne peux m'empêcher de songer à cet interdit piétiné, cet outrage que je commets non pas éhontément, mais volontiers. La déchéance a un goût sucré. Une vague ondulante vibre dans tous les sens et me laisse haletant, suffoqué, pendant qu'il s'éloigne.

Nos regards se croisent et s'embrasent. L'envie de déguerpir me saisit à nouveau et je sais que je ne pourrai jamais. Qu'il serait préférable de s'enterrer là, plutôt que de se détourner. Je n'ai plus la force de tout cela. Je ne suis plus vaillant. Il a défait ce qui pouvait être défait et c'est à peine si j'ai opposé une résistance digne de ce nom. Qui es-tu Luce ? Dis moi que je n'ai rien à craindre. Que là, au Parfum, il ne s'agit que d'une fois, que d'un seul abandon. Que lorsque j'en passerais la porte, peut être quelque peu meurtri, je passerais également à autre chose. Qu'il ne s'agira que d'un souvenir vague, un moment d'égarement, rien de plus. Dis moi que je pourrai reprendre ma vie comme je l'ai quitté, que cela n'a aucune conséquence. Et si je te demande de le promettre, que tu le fais, ne mentiras-tu pas ? Peut être que pour toi, cela n'a aucune sorte d'importance, que je ne suis qu'une page, à peine une histoire. Qu'il t'es commun de passer de bras en bras, d'un être à l'autre. Comprends-tu que ce ne peut être mon cas ? Que je ne vivrais jamais comme cela ? Que je m'abîme, que je me brûle à ton contact ? Quel est ce feu ravageur que tu as déclenché ? Cette destruction amorcée ? Je n'ai pas eu mon mot à dire. Pas vraiment. Et sans doute que tu m'abandonneras, me jetteras dés lors que tu m'auras connu. Et je choirais, dans cette douleur infligée. Celle que je m'inflige puisque je suis celui qui n'a pas pu dire non. Qui n'aurait pas voulu, de toutes façons. J'ai oublié quelles étaient les senteurs affolantes de l'Amortensia. Il n'y a plus que ton odeur qui existe, que le bruit de ton souffle, lui aussi ravagé, qui fait du bruit et que la chaleur de tes lèvres qui remontent ma gorge, ta main dans mes cheveux pour seul touché valable. Je n'ai jamais compris comment je pouvais vivre un jour tranquillement et en un instant, parce que les émotions me sont puissantes, comme un shoot d'une quelconque drogue, perdre complètement pied. Je ne pourrais jamais être un héros. Et toi, Luce ? N'es-tu là que de passage, pour me dévergondé et me laisser, comme exsangue, à terre dans une rue obscure, celle là même dans laquelle tu m'as trouvé ? Tu aurais peut être l'indifférence de cette noblesse qui transpire de ton être. Tu aurais peut être même la froideur de rigoler devant ce regard désespéré que je te lancerais. Et tu me laisserais là, comme anéanti de ce désastre. C'est cela, de vivre avec moi, cette espérance démesurée, l'extrémisme de ce coeur empathique.

J'entrevois déjà la déchéance, cette chute inévitable. Et mon abandon total. Je pourrai m'en remettre à lui un jour. Et je prie que si demain fait preuve de la violence de l'abandon, que j'ai la force de relever la tête, la chance d'oublier et l'audace de continuer. La tendresse dont Luce fait preuve alors, en une caresse sur ma joue rougie d'émotions, me donne l'envie de croire que je me trompe, et le rêve de songer que je vais de toutes façons trop loin. Je peux me dire alors, que cela n'a jamais voulu rien dire et qu'après tout, c'est très bien comme cela, non ? Pourquoi ne puis-je pas simplement arrêter de cogiter ? Me faut-il réellement toujours tout mettre dans la balance de la vie ? C'est cela, être meurtri, vivre meurtri. La bouche du sorcier me capture à nouveau et les songeries s'évanouissent aussitôt. Je peux cesser de me poser mille et une questions insensées. Le soulagement de cette simple constatation me ramène aux choses plus simples : ce coeur qui bat fortement, l'adrénaline violentant mon sang échauffé, mes poils hérissés par les maints frissonnements. Et par Merlin, cette voix qui m'est douloureuse, murmurant, quémandant une justification. Il semble me demander une autorisation, ou simplement la confirmation que ceci, au moins à cet instant, existe réellement. Parce qu'au final et à présent, demain n'est plus. Ca ne subsiste plus.

Mes mains agrippe sa robe de sorcier comme avec désespoir. Alors qu'il venait à peine de se décoller, je le rapproche de moi, osant cette fois répondre. Il était impossible de prendre les devants et maintenant, je le regarde avec la conviction de plonger dans les eaux glaciales de ses prunelles incendiaires. Je ne vois que les cils élégants qui battent furieusement. Je ne vois que le teint d'albâtre, la mâchoire puissante et cette beauté qui me retourne. Le charme qui est le sien m'emporte sans que j'ai le temps ou le droit de dire un mot. Il me capture, me tient prisonnier. Je le rapproche encore. Nos visages sont à nouveau si prêt qu'il suffirait de peu pour qu'ils se rencontrent de surcroît. Je le sens palpiter, mais cela n'est plus que physique. Mon don m'a déserté, me laissant vacillant. Je ne peux plus compter que sur mes propres sens altérés. J'ai la volonté de prendre d'assaut ses lèvres. Je les effleure, recul, comme à regret. La distance s'agrandie et je le contemple, avec l'acte de ma reddition dans mes yeux, la signature de ma défaite sur les traits de mon visage.

- Je... Je n'ai jamais fait ça...

C'est l'aveu d'une innocence, d'une pureté à peine bafoué. Je n'ai connu que Rose, après tout. Que Rose. Les autres, tous ces êtres, féminins ou masculins, qui auraient pu rencontrer ma vie, n'ont fait que la traverser, sous me regard contemplatif, loin. Il a fallu que cette blonde effrontée, sûre d'elle, me vole mon coeur et se l'approprie, m'avoue de plein fouet cet amour, pour que je quitte mon poste d'observateur. Alors cet homme qui m'impose son intérêt soudain, me perturbe au plus haut point. Je vis d'eau et de poésie, l'amour, les corps qui se cherchent, se trouvent. mais dans les textes. Les transports érotiques ne sont que des mots, bien trop souvent. Je détourne le regard, comme embrassé de cette primeur. Et je replante mes yeux dans les siens, comme osant le défier de rire devant cette blancheur timide.



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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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Lucius A. Malfoy & Sanders A. Dolohov

Ton murmure est comme une caresse de velours qui vient, veloutée, se glisser entre vos corps enlacés. Et le brun se plie à ta volonté avec une complaisance qu'il ne parvient pas à dissimuler. Sa bouche répond à la tienne et ses yeux parlent ce que ses lèvres taisent. Il laisse ses bras s'agripper à ta robe de sorcier, te refermant dans cette étreinte qu'il ne peut poursuivre, comme paralyser dans une transe où il ne parvenait qu'à te retenir. Ses yeux ne quittent pas les tiens, s'absolvant de cette crainte qui l'emmure, prisonnier d'un corps qui ne peut exaucer son coeur. Il se confie enfin, avouant à demi mot ce que tu avais deviné. Tu hoches paisiblement la tête, cherchant à te montrer rassurant. Tu voulais lui dire que tu comprenais sa retenue, que tu consentais à ce recul qui était le sien. Ta moue devient plus attendrissante, étirant un sourire presque béat alors que son étreinte se fait plus ferme. Il ne voulait pas que tu partes, te retenant de ces bras qui s'enroulent autour de ton torse et te maintiennent tout contre lui. Tu ne peux t'enfuir, et tu ne le veux pas. Sa présence est aphrodisiaque, faisant éclore un désir déliquescent au creux de ton ventre. Le goût de ses lèvres t'appelle et t'enivre comme ce parfum qui est le sien et parvient à retourner ton esprit. Tu n'aspires qu'à retrouver la moiteur de ces baisers qui tordent tes entrailles et dévaste tes sens. Esclave de tes sensations si délicieuses, tu laisses couler ta paume sur sa joue à nouveau, attrapant sa nuque avec autorité pour le porter à tes lèvres, le goûtant encore et encore jusqu'à en perdre la raison.

***

Le temps s'égraine et tu ne penses plus à rien. Tes pensées sont brouillées par la concupiscence de ces étreintes qui semblent durer toujours. Ton âme rend les armes d'une guerre perdue d'avance. Tu oublies tout, tout même ces instants qui passent et te rapprochent de ta perte. Les sensations reviennent peu à peu, les frémissements aux extrémités, le nez qui chatouille, les lèvres qui semblent peler, les rétines brûlantes. La douleur se dissout dans tout ton corps alors que tu te sens happer hors de ce baiser au goût d'inachevé. Tu gémis, geignant de cette souffrance insidieuse qui s'instille entre toi et Sanders. Elle rappelle tout ton être à la réalité de son imposture. Tu es un autre et cet autre se meut pour céder sa place à celui que tu es vraiment. La terreur sourde s'empare de toi et tu t'écartes brusquement. Le retour à cette véracité est dure, d'une violence qui t'arrache un feulement rauque. Tu sens que tes traits se modulent, que ton visage change. Tu dois impérativement réussir à boire à nouveau ta potion avant que Sanders remarque quoi que ce soit. L'urgence de ta situation te glace d'une angoisse gangrenante qui monte en toi comme la peste et détruit tes certitudes. Tu es en proie à l'horreur de ta nature, incapable d'assumer ta préférence tu préfères la travestir pour rejeter toute responsabilité. Tu es lâche, et tu le sais. Cela éclate dans ton esprit avec d'autant plus de vérité que ta couverture est prête à céder.

Tu te retournes brusquement et te rue sur ta chaise où attend passivement ta cape de fourrure. Tu cherches frénétiquement dans la poche et en sort la fiole si précieuse. Dissimulant tes actes, tu délaisses pourtant Sanders le temps d'en boire deux grandes lampées. Tu es pratiquement sur que le brun, trop pantois qu'il soit de vos ébats, n'auras rien remarqué et tu l'espères profondément en revenant sur tes pas. Tu réduis cette distance qui vous a séparé un instant et tu passes la langue sur tes dents. Le polynectar a un goût atroce qui reste amer sur le plat de ta langue. Tu coules un délicat baiser papillon qui meurt à la commissure des lèvres du sorcier qui te fixe. Tu voudrais te soustraire à ce regard, oublié un moment qui tu es et tout ce qui dépend de toi pour ne plus être que Luce, cet homme fort et vigoureux qui vit de ses amours et de la folle ivresse d'un baiser qui lui fait tourner la tête. Tu ne sais que dire, s'il fallait s'excuser du tressaut de ton humeur ou faire comme si de rien n'était. Tu ne savais que choisir, cherchant la plus grande franchise pour dissimuler ton mensonge éhonté. Tu ne pouvais pas avouer à Sanders qui tu étais, le risque était trop gros, les enjeux trop importants. Tu hoches pensivement la tête. Il n'est de mots qui ne servent ta déconvenue ni d'excuses qui ne te pardonnent. Tu affiches un simple sourire contrit et hoche nerveusement les épaules. Ta mâchoire craque, tes dents s'entrechoquent dans un grincement sordide. Tu es pratiquement certain que ta manipulation a été si rapide et précise que le sorcier n'aurait réussi à en percevoir les tenants. Tu retrouves la proximité si apaisante de ce corps tendu pour toi et coule ton torse contre le sien, ivre de cette potion qui te porte la nausée au bord des lèvres.

"Pardonnez-moi ..."

Ta voix tremble un peu et le trouble qui te pourchasse est habilement perceptible. Tu ne peux t'en cacher, laissant l'émotion te submerger alors que tes jambes sont secouées d'un terrible ressaut. Tu croirais flanché, sentant ton souffle se dérober et les battements de ton coeur t'assourdir. Tu perds pied, cherchant le renfort de cette étreinte pour te maintenir. Ta paume est à plat contre la colonne, l'autre main tient ta poitrine comme si elle pouvait serrer ce myocarde impétueux et l'empêcher de battre si vite, de battre si fort. Tu te plies en deux, agrippant la veste de Sanders d'un geste désespéré qui te pousse dans tes retranchements. Ta vision se trouble un instant alors que tes yeux te brûlent, tes iris banquises reprenant le dessus sur les éclats d'acier qui furent dévoilés l'espace d'une fraction de seconde. Ton corps reprend sa forme initiale, ce grand homme blond, portant la barbe, taillé d'une carrure musculeuse, le cheveux mi-long rejeté en arrière par de la gomina, l'oeil céruléen et la lèvre épaisse. Ainsi étais-tu, ainsi uniquement devrait-il te voir pour toujours et à jamais. Tu te fais intérieurement la promesse de ne plus te faire avoir de la sorte et de prendre davantage de précaution pour ne pas prendre le risque d'être démasqué. Tu hoches doucement la tête en reprenant une respiration plus calme. Tu devras une explication à l'homme qui ne te quitte pas du regard, et tu commences déjà à en réfléchir la teneur.

Ta bouche entrouverte est terriblement sèche malgré le liquide que tu viens d'ingurgiter et une rasade de vodka martini reste un excellent remède. Tu te retournes à demi vers la table, gardant toujours cette main accrochée presque désespérément à Sanders, et coule une longue gorgée du cocktail. Tu finis par reprendre pied et relâché ta poigne sur le vêtement du sorcier. Lentement, presque précautionneusement, tu te tiens plus droit, reprenant le maintien altier et le port de tête parfait qui te caractérise. Tes émotions tarissent aussi vite que la frayeur d'être découvert recule. Tu hoches pensivement la tête en fixant à nouveau les orbes noisettes du brun. Ton sourire est presque timide alors que tu déposes un bref baiser sur ses lèvres avant de prendre quelques pas de recul. Tu te redresses encore et cette fois, ta voix rauque ne tremble pas quand tu énonces :

"Je suis désolée pour cet affront, je .. j'ai certain ... impératifs qui m'imposent une régularité sur l'horaire. Veuillez m'excuser pour ma conduite, je .. je pense que nous devrions nous rasseoir. Je meurs d'envie d'en savoir plus sur vous Sanders."



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Sanders & Lucius

« Il est difficile de dire adieu quand on veut rester. Compliqué de rire quand on veut pleurer. Mais le plus terrible est de devoir oublier quand on veut aimer. »
Le recul que j'ai pu craindre un instant ne vient pas. Il ne se moque pas et le sourire qu'il affiche ne montre aucune trace de sarcasme. J'ai l'impression, même, qu'il trouve cela adorable. Je ne suis pas un boursoufflet, mais ce sentiment à mon encore me fait du bien. Je préfère passer pour adorable que pour absolument inintéressant, surtout après avoir tant poussé la réflexion à son paroxysme. J'ai une forte tendance à réfléchir trop et trop vite. Je pense à tout, ce qui est un atout, mais je vois trop de choses et parfois je m'y perds. C'est sans doute cette sensibilité au monde qui me pousse à envisager la moindre chose et à percevoir les détails minuscules. Je me risque à essayer d'éprouver une certaine détente. La main de Luce se lève, sans aucun jugement, pour finir par caresser avec une douceur infinie ma joue. J'en frissonne d'un délice que je n'éprouvais plus depuis sans doute trop longtemps. Pourquoi faut-il que je m'oublie toujours ? Encore une fois, ce plaisir m'est coupable, et les remords sont là. Je les balaye, essayant de les laisser en marge de mon esprit, comme ce danger qui me guette. Et jy parviens plutôt bien, surtout quand la main de Luce agrippe ma nuque avec autorité et m'enjoins à le rejoindre dans un baiser de plus. La chaleur de ses lèvres pose un baume apaisant sur la froideur de ma peur...

... Je ne sais combien de minutes ont passé depuis cet aveu effrayant pour ma part. Peut être une minutes ou dix fois plus. J'ai perdu la notion du temps, voir même celle de l'espace qui tangue sous mes jambes flageolantes. La confusion est telle que je ressens un déchirement étrange quand le sorcier se détache brusquement. Je ne comprends que peu ce qu'il se passe, laissant mes jambes s'effondrer sous mon poids. Le sol me réceptionne doucement, laissant avant mon corps glisser contre le mur qui me soutenait déjà à grand peine. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Et l'ivresse dans laquelle je me trouve m'empêche de trouver la solution à ce qui se pose comme une énigme. Je me relève, vois que Luce fouille sa cape frénétiquement. Et alors que mon état d'ébriété charnelle se dissipe quelque peu, une panique insidieuse monte doucement. Je discerne assez facilement que ce n'est pas la mienne, mais celle du sorcier qui avale quelque chose que je ne perçois pas. Je m'interroge quelque peu car le malaise de l'homme n'est pas un malaise normal. Il subtilise une information, retient quelque chose que je ne peux saisir même si j'en appréhende les contours. Mais je n'ai pas le temps de pousser plus loin la réflexion et l'étonnement qu'il revient vers moi, comme aimanté, attiré, et pourtant toujours emprunt de cette panique maintenant plus diffuse. Je n'ai pas l'esprit clair et je le constate amèrement. En d'autre temps, la signalétique du danger aurait clairement clignoté. Il n'en est rien, rien d'autre que l'attirance irrémédiable comme une vocation évidente.

Sa voix se désole et s'excuse. Je ne sais quoi penser de cela, mis à part que sa gêne me gêne également. Je décèle à présent une faiblesse qu'il ne semblait pas posséder alors qu'il était si entreprenant. Ses pulsions avaient la force brute, elles sont maintenant plus nuancées. Et j'apprécie cela autant que je l'appréhende. Je préfère les subtilités à toutes autre chose, même si elles signifient souvent un danger quelconque, un péril évident, la course vers le piège ou tout autre supposition de perdition. Et alors qu'il touche, je sens une douleur que je connais, une transformation que je ne comprend pas qui parcours son corps. Mon empathie n'est  pas plus précise et me laisse interdit. L'homme s'agrippe à ma veste. Son regard change une seconde sans que je touche cette altération. Je balaye toutes pensées quand, après avoir bu dans son verre, il m'embrasse délicatement comme si c'était un premier baiser d'enfant. La droiture de son corps se fait plus rigide, plus imposante alors qu'il me délaisse pour reprendre sa place. Je sens une faiblesse qui n'est pas divulguable. Est-ce une honte ou bien tout autre chose ? Est-ce une blessure ? De ce geste désespéré pour boire dans une fiole étrange... Et sa voix où perce le fantôme d'un tremblement se justifie éperdument. Je décide de passer outre, alors qu'une voix en moi cris que c'est important. Je me détourne de ce sage conseil et m'approche de lui, poussé par une témérité qui ne me ressemble guère. Il est repassé au vouvoiement alors que je l'avais brisé. La distance qu'il met à présent, alors que nous étions si proche, presque intime jusqu'à n'avoir plus d'espace nous séparant, me heurte quelque peu. J'affiche un visage calme alors que je hurle intérieurement. Je m'assois à la place que j'occupais, en face de lui, alors que j'aimerais prendre celle à ses côtés. Mais refroidi par ce changement brutal, je m'impose une limite que j'arrive à respecter.

- Je vous préviens, je suis curieux également. Que voulez-vous savoir ?

Et le temps passe. Il passe comme passe les dixièmes de secondes au milieu d'une vie. Bien trop vite. Si nous avions le même sablier que le professeur Slughorn, nul doute que celui-ci ce serait arrêté, alors qu'une poignée d'heure file allègrement, là dehors. Et la nuit qui débutait s'éternise que nous sommes encore là... Le froid passé, la complicité chaste devient tout aussi extatique et fait que les minutes qui meurent ne comptent plus...

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