Il existe des choses bien pires que la mort | Sanders & Sulpicia


Forum RPG Au temps des Marauders; 1982 - Grande-Bretagne sous la soumission de Lord Voldemort; contexte evolutif; Avatar réels;

 

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 Il existe des choses bien pires que la mort | Sanders & Sulpicia

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Sanders A. Dolohov


Il existe des choses bien pires que la mort
Sanders & Sulpicia

« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Les choses sont floues autour de moi et je songe que je pourrai m'évader dans l'inconscience si c'était quelque chose que je ne refusais pas. Je m'accroche au parquet, insérant mes doigts, mes ongles plutôt, dans les interstices. Ce simple contact me permet de me rattacher à la terre et à l'instant. Je vois qu'ils s'activent, discutent et plutôt vivement, mais je ne comprends plus trop. Je regarde un point fixe sur le sol, y mettant une concentration extrême. Et la voix de Sulpicia résonne à mon encontre. J'écoute vaguement ses notes mélodieuses qui sont à la fois ténues et cacophonie. Je ne bouge pas, perdu dans cette faiblesse qui enserre mon corps tremblant. Si la potion m'avait fait un peu de bien, cela n'a duré qu'une poignée de secondes. Alors quand la jeune médicomage me murmure quelques mots en prenant la main, je sens une chaleur immédiate secouer mes nerfs avec bienveillance. Je discerne une rune s'imprimer sur ma peau. Elle disparaîtra en temps et en heure. Je hoche la tête, incapable de parler, lorsqu'elle supposa qu'il fallait sérieusement que je me repose. Faudrait-il encore que je parvienne à dormir. C'est une incapacité parfois navrante.

Nous quittons la pièce, laissant derrière Lily et Severus, en chiens de faïence, et Hannah, encore inconscience semble-t-il. Les marches sont un calvaire à monter. Un pas après l'autre, chancelant malgré l'aide de la sorcière également dans un état bancale. Nous formons une belle paire, tous les deux, prêts à sauver le monde et souvent à notre propre détriment. C'est un sacrifice de bon gré, inconscient du danger auquel nous nous exposons. Et pourtant, théoriquement, ce n'est pas un savoir qui nous échappe. Il faut être en forme pour aider les autres. Si l'on n'est pas solide au moment de décider, d'agir, pour sauver une vie, on n'obtient que peu de choses et finalement, on risque également ne de rien sauver. Mais qu'on ne nous demande pas de préserver nos vies, je crois que cela n'a plus de sens. Je sais qu'il faut savoir s'oublier et savoir ne trop s'oublier. L'équilibre m'est tangible parfois, trop souvent imperceptible et je ne m'y fie guère. C'est un problème dont je n'ai pas la solution et encore moins le temps de la trouver. Cette guerre bouge trop vite pour se permettre de songer à comment l'on aurait pu faire mieux. Il faut plutôt se concentrer à faire et à faire mieux et non pas regarder en arrière en regrettant de n'avoir fait autrement. Si l'on se détourne, c'est un angle mort qui se créé et des morts qui surviennent. Il faut faire face, toujours.

Nous parvenons tant bien que mal dans la chambre que j'occupe en ce moment, quand je passe ici. Je n'ai pas de chambre attitrée, je n'en veux pas. Aucune affaire n'est mienne. Ce n'est qu'un lit, finalement, pour ceux qui sont de passages. J'aimerai considérer que j'ai une place concrète, ici. Mais j'ai du mal à imaginer, la plupart du temps, que l'on tienne à moi autant que je tiens aux autres. Je ne désire pas m'imposer. C'est là un grand défaut que de douter de l'amour sincère d'autrui et ce n'est pas que je doute. Je le vois, je ne l'accepte pas, simplement. De par ces morts affreuses qui ont ternies ma vie, cette famille qui est la mienne et que j'aime malgré ses atrocités, j'ai l'impression tenace de ne mériter l'affection des autres. Cela pourrait finir, d'un instant à l'autre et je crois que je préfère me sentir indigne plutôt que d'y croire aveuglément. C'est qu'après tout, est-ce que je ne cautionne pas un peu ce que font Antonin, mon père et mon oncle ? Est-ce que Rose et l'enfant, ce n'est pas ma faute ? Et finalement n'aurais-je pu m'assurer de la vie d'Hannah, quand j'ai compris qu'elle n'avait pas disparu par hasard, mais de par le statut de son sang ? Je ferme les yeux un instant, quand Sulpicia me pose sur le lit, avec la douleur de ces reproches que je m'adresse constamment. C'est faux, je le sais, je dois le savoir... J'ai la tête qui tourne et qui cogne durement, le ventre vide et pourtant la nausée.

- Dis... Où est-ce que j'ai merdé ?

Une sueur froide couvre mon corps et colle ma chemise à ma peau. Je n'arrive pas à ouvrir les paupières avec l'atroce sensation que la lumière me serait douloureuse. Mon coeur bat fortement, prêt à briser quelque chose. Je crois que j'hallucine un peu, mon esprit flottant dans un demi-cauchemar où Rose me regarde, suppliante et mon père qui la tue. Je crois apercevoir Hannah, parfois et j'ai l'impression d'être celui qui l'a poignardée. Antonin me regarde avec une haine féroce. Et Luce me rejette, ou m'entraîne sur un chemin que je ne veux pas suivre, homme dont je soupçonne un mal et qui tourmente ce coeur erratique. Il m'embrasse et se détourne, me laisse là avec un choix, une question. La même que celle d'Antonin. La question...


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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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Sulpicia I. Mulciber


Il existe des choses bien pires que la mort
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« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Lily et Severus avaient finit par se disputer autour d’Hannah. Froid et peut-être un peu rude, le sorcier avait demandé à Lily de partir, lui tournant le dos pour s’installer aux cotés de la sorcière que celui-ci avait ramené au sein du quartier général. Assisait-on à la formation d’un autre triangle amoureux que le mien ? J’en doutais, ce qui liait Snape à la rousse était tout autre chose. Une trahison. Une insulte insupportable. Un mal qu’il lui avait fait alors qu’il sombrait du mauvais coté de la magie. Il en avait rejoint les cercles très fermés des sang-purs, de ceux qui priaient et approuvaient les dires du Lord. Severus avait finit par devenir comme eux, tombant dans un engrenage qui aurait pu aspirer toute bonté et toute gentillesse qui, pourtant, le caractérisait sous sa carapace.
Je m’y connaissais en matière de carapace. La mienne avait longtemps été léchée, désespérément entretenue pour garder les autres à distances. Me refusant de les laisser briser la moindre glace autour de mon cœur. Finalement, j’avais fini par m’ouvrir au monde, non sans l’aide précieuse de Sirius qui avait toujours eu le don de s’intéresser à l’essence même des autres, et non, aux apparences.
Ne pouvant que me sentir désolée pour les deux anciens amis, je donnai le peu d’énergie que je pouvais me permettre à Sanders, l’aidant à se relever. Nous devions nous rendre dans sa chambre attitrée, il avait besoin de se reposer. Le sorcier, qui usait trop de sa magie, finissait par s’épuiser, j’avais bien trop peur qu’il finisse par devenir totalement accro à sa magie… Mes maitres me disaient toujours que plus on l’utilisait, plus on en devenait indépendant. La Vieille Magie, comme nous l’appelions, était notre essence. Notre lien à la nature, aux éléments. Mais Sanders, lui, usait trop de son propre sang pour guérir les autres. Il y avait d’autres solutions.

Quittant la pièce, titubant dans les escaliers et le couloir, j’avais fini par l’aider à s’allonger, le recouvrant de la couverture de son lit. J’en profitai pour faire apparaître une bouillotte que je glissai avec lui. Il n’aurait pas froid ainsi, mais surtout, pourra se faire bercer par la chaleur qui favorisera le réchauffement de son sang. Affaibli, le Médicomage s’était laissé faire malgré la différence d’âge entre nous. « Dis… Où est-ce que j’ai merdé ? » Me demanda-t-il, laissant apparaître une légère sueur sur son front. Il avait vraiment besoin de repos lui aussi. Et malgré ma propre faiblesse, je fis venir à moi ma sacoche de premier soins de laquelle je sortis un petit sachet composés de plusieurs pierres sur lesquelles étaient gravés des inscriptions chinoises. J’en glissai plusieurs sous son oreiller, installant correctement la tête du brun sur celui-ci. Un faible sourire se dessina sur mes lèvres alors que mon regard bleuté observait à présent le sorcier. « Tu n’as pas réellement merdé. » La paume froide de ma main vint se poser sur son front. Rien de bien exceptionnel en soit. Me concentrant de nouveau sur mes pierres, j’en frotta quelques unes pour les réchauffer et les glisser dans un bandeau de tissus que je vins déposer sur le front de Sandy.
« Mes maitres te diraient que tu uses bien trop de ta propre essence pour guérir. Mais parfois, ceux que tu guéris, ne veulent pas de cette aide. » Deux trois huiles essentielles vinrent accompagner les pierres sur son front, rangeant mes petites fioles dans mon sac. J’attendis quelques minutes avant de reprendre. « Il existe d’autres moyens Sanders. Le sang est une magie instable et irritante. Elle te rendra accro jusqu’à te détruire. Le sang. C’est ce qui a toujours bercé la magie noire. » Tu joues sur une ligne, une limite trop dangereuse avec laquelle je ne me brulais que rarement. Mon éponge émotionnelle. Mon trop plein d’émotions et de sentiments. C’était ca, qui faisait de ma magie ce qu’elle était. Il me suffisait de serrer quelqu’un dans mes bras ou de penser à Sirius pour l’activer. C’était un sentiment puissant, l’amour. « Ca va mieux? » Lui demandais-je en attendant que mes pierres fassent effet.


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« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Je sens que Sulpicia bouge l'oreiller, s'agite quelque peu. La savoir là m'ancre dans le présent et m'empêche de partir tristement à la dérive. Au loin, il y a toujours le fantôme de Rose, ma belle fleur, qui m'observe avec un sourire, le spectre de l'enfant dans les bras. Elle semble me dire que tout ira bien et le regard céruléen de Luce fait naître un frisson. Je suis entre les deux, cet avenir impossible, mort et cette imprévision insupportable, l'histoire d'une soirée oubliée sans doute. Pourquoi, moi, je ne peux oublier ? La main fraîche de la jeune femme vient se poser sur mon front et je rouvre les yeux sous le contraste de nos deux peaux. Je perçois le timide étirement de ses lèvres qui réchauffe mon coeur presque instantanément. Le dispositif commence à faire effet : j'entends très clairement sa réponse qui sonne faux à mes oreilles, puis ses conseils ou ses reproches, je ne sais. J'ai bien trop vite envie de m'énerver avant de me rendre compte que je suis bien injuste. Ce n'est pas de sa faute, si ? Je serre les dents. Si Sulpicia savait... j'ai presque envie de rire de ses paroles, si seulement c'était un tant soit peu drôle. Mais non, c'est plutôt triste à pleurer à vrai dire. Je détourne le regard, fixant obstinément le mur, fuyant mon regard, fermant mon don à sa personne pour ne rien ressentir que ma propre insignifiance et surtout ma bêtise infinie.

- Je le sais...

Oh oui, je n'en suis pas ignorant. Mais on sait et elle et moi que la solution n'est pas toujours simple. Que certes, c'est une facilité à laquelle on peut céder et surtout par manque de temps, car la puissance de cette magie permet une efficacité rapide qui perd souvent celui qui devint du coup impatient. Ais-je le temps pour perdre la vie des autres ? La mienne n'a pas d'importance, alors je le fais. A tort. A grand tort. Je marmonne, ignorant sa question sur mon état :

- C'est trop tard. Je n'ai pas le choix. Je prends des raccourcis dangereux pour moi. La guerre ne me laisse pas le temps de considérer ma vie.

Il y a des choix à faire et ce n'est pas les plus sains. Et elle n'imagine pas à quel point je suis enfoncé loin dans cette noirceur. Je porte déjà sur moi un maléfice qui heurte chaque pas, chaque respiration de bonheur qui pourrait exister. Mais s'il n'y avait que cela. Le souvenir flottant de Rose grésille douloureusement à la frontière de ma conscience et de mon inconscience. Et le pire... C'est peut être cette pensée, cette indignité secrète, la sensation de mon illégitimité flagrante, à voguer entre le coeur de ce qui méprisent ce que je suis ou ceux qui ne sont plus là pour l'aimer. Je sais là où j'ai tort, là où je ferme les yeux jusqu'à la bêtise. Ce n'est pas une coïncidence si Molly me force souvent à avaler quelque chose. Ce n'est pas que je déteste manger, c'est que c'est un plaisir que je dénie. Mange quand tu as fait ce que tu dois faire. Mais je n'éprouve jamais la satisfaction d'être assez performant, comme une peur qui me prend, un dégoût incompréhensible. Alors je jeûne, par une sorte de règle qui n'en est pas une et qui absous. Et puis l'impression de devoir porter ces souffrances qui me transpercent, chacune d'entre elles, tous les jours, sans émettre la moindre plainte. Je songe que le rôle que je m'incombe est irrecevable pour quiconque de sensé à son propos, mais je ne le suis pas pour moi.

- Le pire, Sulpicia, c'est que c'est des conneries, tout ça. La vérité, c'est que c'est aussi une façon d'expier, une punition logique pour un monde illogique. La vérité, c'est que parfois, j'oublie que j'ai aussi un coeur qui bat.

Je n'ose toujours pas la regarder. On dit que les aveux, les confessions, font du bien. Je ne sais pas si ce sera le cas pour moi. Je prends beaucoup, trop, sur moi. Il me semble que je doive porter la souffrance du monde, quitte à laisser la mienne me prendre.

- C'était une fille.

Je ne sais même pas si la sorcière peut comprendre. e ne veux pas pleurer, mais une larme qui naît ne peut s'avorter. Et elle coule délicatement sur ma joue, s'écrase sur l'oreiller et meurt dans le tissus. Elle aurait déjà plus vécu que...

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« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Je ne voulais pas lui faire de reproches, encore moins lui apporter une culpabilité dont le sorcier n’avait guère besoin. Je voulais le réconforter et l’aider à gérer une possible addiction que j’avais observé du coin de l’œil. J’avais peur pour lui. Mes voyages m’ayant montré ce que la Vielle Magie était capable de faire. Sanders était mon ami. Et je ne pouvais me résoudre à le laisser sombrer sans être là pour l’aider. J’étais assise à ses cotés. Lui disant qu’il ne pouvait pas continuer à s’utiliser comme vecteur principal de ses incantations de soins. Ce qu’il me répondit, me glaça le sang. Je ne pouvais pas le laisser continuer ainsi. « Il n’est jamais trop tard Sanders. » Lui murmurais-je en le couvrant un peu plus de la couverture de son lit. J’observais le tissu dans lequel se trouvaient mes runes de soins. Attendant de voir s’il finirait pas prendre un peu de couleur et si sa fièvre baisserait ainsi. «  Je ne suis pas une maitre dans la matière. Je suis obligée d’avoir des tatouages pour y arriver mais… Je voudrais t’aider. » Qu’importait si l’urgence de la guerre le forçait à agir vite. A poussé sa magie jusqu’aux limites fines de la Vielle Magie et la magie noire. Les limites étaient proches. Mais je ne pouvais pas me résoudre à le laisser sombrer sans, ne serait-ce, l’aider.
Ma voix était toujours douce lorsque je lui répondais. Finissant par quitter le lit du jeune homme pour déposer mon sac sur la table de chevet. D’ici quelques minutes je pourrais changer les pierres qui étaient sur son front et en déposer d’autres. Entre temps, je pouvais toujours tenter de dessiner un symbole sous son lit pour lui permettre de mieux dormir et ne plus devoir s’épuiser pour y arriver. Cherchant un fusain dans mon sac, j’allais m’allonger au sol lorsque le sorcier, les yeux mi- ouvert reprit la parole.

«Le pire, Sulpicia, c'est que c'est des conneries, tout ça. La vérité, c'est que c'est aussi une façon d'expier, une punition logique pour un monde illogique. La vérité, c'est que parfois, j'oublie que j'ai aussi un coeur qui bat» Surprise, mon regard azuré le fixa sans réellement comprendre. Comment une personne si gentille, si douce et tournée vers les autres avait besoin de se punir ? Et pour quoi ?  Soulevant un sourcil, j’étais interrogative, abandonnant mon idée de lui assurer un meilleur sommeil en déposant le fusain sur la table de lui. Je revins m’asseoir à ses cotés.
Comprenant à merveille que l’on puisse s’oublier, lorsque l’on était comme nous, les sorciers avec la main sur le cœur et cette irrésistible envie d’aider et de soigner tout le monde. Comment ne pouvais-je le comprendre ? J’avais tenté de m’oublier et de ne rien ressentir pendant trois ans. Pendant toutes mes études, mais en vain. Mon éponge émotionnelle et le souvenir cuisant de Sirius m’avaient tenue en haleine durant toutes ces années. Comment se débarrasser de ce qui nous faisaient nous, en tant qu’être humain ? Impossible. « Sanders… » Commençais-je lorsqu’il me coupa. Laissant sa voix se perdre dans une révélation qui me toucha au plus profond de mon être.
Sanders aurait du être père. Sanders aurait du avoir une fille. Il venait de me livrer le secret qui pesait sur son cœur, le secret qui était responsable de la punition qu’il s’infligeait. Restant un moment interdite. Je me mis à regarder par la fenêtre, me demandant comment réagir jusqu’à ce que je regarde de nouveau le sorcier. Une larme venait de s’échouée sur son oreiller. Aspirée par le tissus.
« Je suis désolée Sandy… » Je ne savais pas. Comment aurai-je pu savoir ? Je me baissai vers le sorcier, comme pour le prendre dans mes bras sans pour autant le déplacer du lit. Il ne devait pas bouger. Mais c’était le seul moyen que je connaissais pour le réconforter un tant soit pas. Je ne savais pas, qu’il était empathe. Le cœur serré, j’espérais réussir à le  réconforter un tant soit peu.

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« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Il n'y a rien de pire que la mort, disent certains. Qui peut réellement être d'accord avec cela ? L'oubli de la mort serait salutaire, parfois, plus qu'effrayant. Et je pense que survivre, au contraire, est bien plus contraignant, terrible chemin de croix que l'existence J'ai laissé des personnes, derrière moi et je continue d'avancer, seul. Comment peut-on respirer toujours sans cette douleur permanente de songer à l'éphémère ? C'est ce qui donne un sens à la vie et lui confère une beauté si singulière. Et tout à la fois, c'est aussi ce qui en fait une souffrance à chaque instant. C'est de se rappeler que l'on aime et que cela peut s'arrêter d'un instant à l'autre. Il faut savoir accepter cela et moi je le refuse. C'est que j'aime et que j'aime beaucoup trop, démesurément. J'ai ce respect de la vie poussé à son extrême, un paroxysme aberrant de solitude. Car il me laisse accablé de ces responsabilités que je m'inflige comme des blessures de chaque instant. Il n'est pas question que quelqu'un d'autre trépasse à mes côtés. Et c'est un rêve illusoire de songer que j'y parviendrai. Ce n'est jamais qu'une promesse de plus que je ne pourrai pas tenir. Je le sais et cela me heurte déjà.

Mon nom murmuré de cette peine qui compatit sonne doucement à mes oreilles et couvre mon coeur d'un baume apaisant. Il est des âmes qui réconfortent quand elles voient la douleur s'exprimer et Sulpicia est de celle là. Elle n'aurait pas même besoin de mots avec moi puisque je perçois ce qu'elle ressent à chaque battement de son coeur. Et sa volonté de vouloir guérir cette plaie qui ne se referme pas me touche au plus profond de mon orgueil. Je n'ai pas à retenir cela et pourtant c'est ce que je fais. Je regrette d'avoir lâché pour ma fille, cette bribe d'information. Mais je ne regrette pas la larme. Elle mérite que je pleure pour elle car une larme, c'est un rêve brisé qui se meurt doucement, l'expression d'une tristesse d'amour. J'aurai voulu lui donner un prénom, j'en ai été incapable. Je n'ai pu, après l'autopsie, que séparé mère et enfant pour donner à deux êtres deux sépultures et avoir moi le père deux tombes sur lesquelles me recueillir. La première porte une inscription juste et inéluctable : Rose A. Winter. Je tairai la citation qui l'accompagne, car elle n'appartient qu'à Rose et moi et l'inconnu qui passera sans la lire vraiment. La deuxième n'est qu'un simulacre : A. Dolohov. Une initiale, une presque vie. Nous avions remarqué en souriant naïvement de cette époque adolescente, que nos deuxièmes prénoms commençaient par la même lettre et nous avions décidé de nommé notre enfant avec un prénom qui commencerait par celle-ci, pour nous réunir plus encore. Est-ce que nous sommes réunis, là ?

Une fatigue incommensurable s'est abattue sur mes épaules, terrassant mon corps et annihilant mes muscles. Je ne ressens qu'à peine autre chose que cette chape de plomb qui m'enserre lourdement et serait prête à me faire couler dans un sommeil sans rêve, si cette délivrance ne me fuyait pas. C'est qu'il m'est impossible, généralement, de dormir, jusqu'à ce que mon corps soit à bout, épuisé de la moindre chose, et mon esprit dépecé de la moindre barrière. Sinon, ce ne sont que quelques heures volées par ci, par là, à peine des siestes convenables, qui me permettent de récupérer. Sulpicia voudrait que je dorme, mais je ne sais comment.Je regarde à nouveau la sorcière, refoulant cette compassion que je ne mérite pas, préférant ravaler ces larmes pour ne plus la gêner. Elle devrait vivre heureuse et légère, non pas se préoccuper d'un fardeau comme le mien, cette entrave à la souffrance qui m'enserre la poitrine.

- Ne sois pas triste, Sulpicia. Pas pour moi.

Je pense que Rose m'aurait baffé de cette phrase insolente quant à un amour sincère. On ne peut que vouloir aider les amis et moi je fais l'affront de refuser poliment. C'est à croire que je ne trouve aucun mérite à être sauvé et quelque part je sais que cela est vrai. J'ai plus de facilité à aider qu'à être aidé. Et je cache volontiers ces souffrances qui m'accompagnent à chaque pas.

- Je... Je trouverai une solution.

C''est une promesse qui résonne comme un mensonge éhonté. Bien sûr que j'essayerai et que je ne bafoue pas l'honnêteté en toute conscience, mais il est une certitude dans l'idée que cet engagement n'est pas tenable. C'est l'espérance qu'il y ait moins de blessés à soigner, moins de morts à endurer, moins de sacrifices à faire. Cela est faux et d'avance, je le sais. Aurais-je le temps de me consacrer à cela ? On use de son essence en dernier recours, normalement, mais la guerre semble ne m'en laisser aucun autre. J'ai ce réflexe de tenter en premier lieu ce qui est évident, mais cela marche de moins en moins et c'est moi que je donne de plus en plus...

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– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Comment ne pouvait-on être triste pour Sanders ? Lui, qui était si gentil. Si doux, toujours là pour aider et sauver les autres au détriment de sa propre vie…. Mon cœur était peiné pour lui. Je tenais au sorcier. Nous étions si semblables. Comment aurais-je pu ne pas l’appréciée ? S’il y avait bien une personne qui pouvait me comprendre ici, qui comprenait l’horreur que je ressentais face à la violence et à l’inconscience de notre monde, c’était bien lui. Sanders. Ce sang-pur qui oscillait entre sa famille et l’Ordre. Lui, au moins, avait su rejoindre de son propre chef l’organisation qui se battait pour le bien. Moi, je n’y avais pas ma place. Je n’étais ici que pour Sirius et Remus. Je n’étais ici, que parce que j’avais embrassé Black pour aspirer le poison qui brulait dans son sang. Parce que j’avais donné ma vie pour Remus. Ma vie pour la tienne… C’était grosso-modo le rituel de vielle magie que j’avais usé pour le sauver. C’était la première fois que je l’utilisais. Mais surement pas la première qu’il avait fallut me réanimée. Non, ma vie avait déjà pris fin lors de mes études, j’étais tombée. Tombée d’un virus fulgurant qui, dans une douleur extrême, avait emporté mon souffle.
J’avais été réanimée par l’un de mes maitres en Vieille Magie, qui, donna sa vie pour la mienne. Ce que je vivais depuis, c’était du bonus. Un bonus que j’avais gâché en créant un vaccin qui servait d’arme pour le Régime. A moi seule, je tuais plus de sorciers et de moldus que tous les Mangemorts du Royaume-Uni. Et comment y arrivais-je ? Juste avec une injection. Une simple, petite injection. Le plus beau dans tout cela, c’était que je n’avais pas à le faire de ma propre main.

Je me relevai, observant le sorcier qui refusait que l’on s’apitoie sur son sort. Sanders. Se punir ne t’aidera pas à avancer. A faire ton deuil. A vivre. Remplaçant le  tissus qui maintenant les runes sur son front par un sec. Je cherchais que lui dire. Je ne pouvais pas le laisser sombrer ainsi. Ce n’était pas dans ma nature. Pour une fois, mon coté buté m’aiderait. Ce même coté que Sirius considérait comme de l’immaturité. Mais qui était plus immature entre nous ? Mes lèvres pincées, j’us envie de le remuer un peu. De lui dire. Moi. Que même si je n’avais pas perdu d’enfant. Je savais ce que c’était que de souffrir de ses actes. De son passé. Que j’en souffrais encore mais qu’il fallait avancer. Ne pas s’oublier… Et c’était moi, qui avais envie de lui dire. Moi… Qui sombrait doucement dans une dépression d’être enfermée entre quatre murs. D’être repoussée par celui pour qui mon cœur battait. D’être de cette mère que j’aimais malgré ses défauts… Etre ici ne me libérait que d’Amycus et d’Isaiah, mon grand frère colérique. « Arrête Sanders.  Tu as ta place ici. L’Ordre est une famille qui t’aime. Ils tiennent tous à toi. Tu leurs es précieux et pas uniquement pour tes dons de Médicomagie. » Alors que moi ? Moi, c’était tout autre chose. Mon arrivée avait créé des tensions entre Eléonore et Sirius. Je savais que les réunions pour organiser des actions se révélaient plus compliqués depuis. Bien trop… Ils n’étaient plus d’accord.

Un silence s’installa entre nous. J’en profitais pour me relever et sortir de ma sacoche un sachet avec plusieurs herbes. Je fis apparaître une tasse avec de l’eau chaude. Faisant infusée celle-ci. Peut-être qu’elles l’aideront à fermer l’œil. Il avait besoin de repos, de recharger son essence magique. Il s’épuisait et se tuait à petit feu. Sanders en vint à m’assurer qu’il trouverait une solution. Je soupirai. Comment ? En se tuant ? Ce n’était pas une solution. Loin de là. « Te tuer ? Crois moi, l’expérience n’est pas agréable. Qu’importe si c’est la première fois ou non. » Je venais de lui faire comprendre que l’expérience de la mort n’était pas forcément agréable à vivre… En réalité, mon paradis était doux. En être arraché, voilà ce qui était cruel. A chaque fois. Mais comment en vouloir à ceux qui nous ramenaient pour nous offrir plus de temps. Du temps pour aimer. Pour être heureux. Pleurer. Rire. Sourire. Hurler. Respirer.
Me perdant quelques longues secondes dans mes pensées, dans ce souvenir d’un Sirius papa gâteau qui restait à la maison à s’occuper de sa fille. Je me mordis la lèvre inférieure. Finissant par reprendre mon fusain et me glisser sous le lit de Sanders ou je dessina quelques symboles indiens et chinois. Un subtil mélange qui devrait pousser son corps au repos et a reprendre son énergie magique. Lorsque je me releva. Je vins apporter la tisane aux lèvres du Dolohov. « Bois. Ca te fera du bien. Attention, c’est encore chaud. »


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Sanders A. Dolohov


Il existe des choses bien pires que la mort
Sanders & Sulpicia

« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Les propos de Sulpicia pourraient me pousser à la colère si son coeur ne hurlait pas qu''elle ne l'était pas, elle, en colère. Ce n'est pas un reproche réel qu'elle me fait là et je sens son envie butée de me brusquer un peu. Elle m'arrache un demi-sourire. L'image de Rose se superpose à la sienne et je vois la née-moldue me faire un clin d'oeil, l'air de dire : "Vois, même absente, tu restes bien entouré, non ?" Et elle s'efface, comme rassurée de voir qu'il y aura toujours quelqu'un pour me foutre une claque s'il le faut et ne jamais m'abandonner. Puisqu'après tout, je suis, moi, si prompt à le faire. Je ne laisserai jamais personne derrière, sauf moi, peut être et j'ai besoin que quelqu'un soit là pour récupérer alors, sans jugement, avec cette douceur inouïe dont fait preuve la sorcière en face de moi, malgré des paroles brutales. Je voudrai lui répondre que je sais cela, que ce n'est qu'un simulacre de pensée qui empoisonne mon esprit et attise ce manque perpétuel d'estime de soi. Si j'acceptais facilement l'amour des autres au lieu de ne penser qu'à celui que je peux offrir, on n'en serait peut être pas là. Je ressens mille et unes choses qui se bousculent en moi, comme une foule de sentiments qui vivent et meurent instantanément pour revenir à chaque instant.

Sulpicia palpite d'une émotion sombre et je sais à quoi elle pense sans lire les pensées que je suis incapable de lire. C'est de la rancoeur de ses propres actes, commis non par inadvertance, mais usé à mauvais escient par d'autres. C'est du même sentiment que ma propre rage qui brûle silencieusement et consume ma joie. Je m'accable de maux et Sulpicia s'accable d'autres maux. Nous avons chacun un fardeau, d'une découverte qui a amené bien des horreurs après et dont finalement, nous ne sommes pas responsables. Pas réellement. Mais ce savoir théorique n'engendre aucune satisfaction pratique : aucun apaisement ne vient adoucir la culpabilité. Je me crois coupable d'avoir découvert le bonheur d'une femme et de la famille que nous rêvions de former. Je l'ai tuée, ainsi qu'une âme innocente, par la bêtise de mon attachement égoïste. Je n'ai pas prononcé le sort... Sulpicia se crois coupable d'avoir découvert le vaccin qui joue avec la vie de milliers de gens, à pile ou face. Elle ne l'inocule à personne pourtant... Nous portons des casseroles qui font trop de bruits pour nos oreilles sensibles. J'avale un peu de la tisane que la sorcière porte à mes lèvres. Le liquide brûlant, ainsi que ce qu'elle a trafiquer sous le lit, semble apporter de nouveau un apaisement et je me surprends à sentir une langueur floue prendre mon corps.

- Merci, Sul... Tu sais, je veux pas mourir non plus.

Mon ventre gronde jusqu'à me donner la nausée et e refoule aussitôt ce sentiment exécrable qu'il faudrait peut être que je mange un peu. Mais mes entrailles se tordent de rébellion, promettant mille tourments ne serait-ce que si j'osais leur proposer d'avaler quelque chose. Encore une fois, c'est la preuve d'un mal profond dont j'ai toute conscience. Mon corps ne refuse pas réellement de se nourrir et au contraire, je crois qu'il le clame brutalement. C'est que, quelque part, la tête inconsciente n'est pas d'accord, comme un châtiment de plus. Quand cesseras-tu de te punir, Sanders ? Je déglutis. Oh Rose... Légèrement pâteux, je me redresse un peu pour avaler la tisane dans son entièreté, me rendant compte de la soif qui étreignait ma gorge. Je parviens à reposer la tasse sur le côté et plonge mes prunelles noisettes dans les yeux farouches de Sulpicia. Je n'arrive pas à prendre un ton colère, et préfère user d'une voix douce de par ma lassitude évidente :

- Toi aussi, arrêtes. J'ai vu ton regard. On est pas ce qu'on créé. Dumbledore m'a dit un jour : ce sont nos choix qui déterminent ce que nous sommes vraiment, plus que nos aptitudes. Je sais, c'est une grande phrase mystérieuse digne de figurer dans un livre. Et je réfléchis toujours pour comprendre comment je peux arriver à l'appliquer pour moi. Mais tu n'es pas responsable de ce qu'ils en font.

Mon regard se fait compatissant. J'aimerai prendre sa main et lui faire ressentir ma compassion. Je sais que parfois, c'est quelque chose que je parviens à faire, donner mes sentiments, comme les autres m'offrent les leurs, parfois involontairement. Mais c'est une science que je maîtrise bien peu pour me lancer réellement. Alors je m'appuie sur l'intensité de ce que je ressens et la transfère dans mes yeux fixé sur les siens.

- Tu n'es pas responsable de ce qu'ils en font. Et tu es aimée...

Je ne continue pas ma phrase. Ce n'est pas que je ne veux pas. Mais je ne citerai pas les personnes qui l'aiment. Depuis qu'elle est là, et malgré son coeur réticent à le voir, j'ai pu sentir que les autres s'adaptaient petit à petit à la jeune femme. Bien sûr, c'est très compliqué avec Eléonore et je ne me mêlerai pas de cela tant que cela n'entache pas sur le bon fonctionnement de l'Ordre. Bien sûr, c'est aussi compliqué pour Sirius, borné comme il est et surtout maladroit comme jamais. Mais il ne peut me le cacher et Sulpicia non plus. Et même s'il n'y avait tout cela, moi je l'aime.

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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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Sulpicia I. Mulciber


Il existe des choses bien pires que la mort
Sanders & Sulpicia

« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Se montrant rassurant, Sanders m’assura qu’il ne désirait pas mourir. Qui le désirait réellement ? Ceux, qui, étaient enfermé à Azkaban pour leurs idéaux ? Pour un avenir meilleur et ne plus vivre sous la domination du Lord ? Ceux, qui, étaient recroquevillé dans la prison de Carrow ? Espérant voir un autre jour, sans torture, juste la paix ? Je ne le regardais pas. Je ne pouvais pas. Un simple demi sourire soulagé se dessina sur mes lèvres. S’il ne voulait rendre l’âme, il allait devoir apprendre à étouffer sa propre culpabilité et enfin, se tourner vers l’avenir.
Le regard dans le vide, j’entendis son estomac réclamer de quoi manger. C’était tout à fait normal après avoir usé de Vielle Magie. Sanders avait tendance à se laisser affamé et cela se voyait à son physique fin et élancé. Il ne ferait jamais le poids contre mon grand frère, cette armoire à glace qui n’avait jamais laissé qui qu’on que lui marcher sur les pieds. Un léger pincement au cœur me prit à sa pensée. Mais pourquoi ? Je savais qu’Isaiah était une brute, violent, coléreux et plus qu’adepte des idéaux du Lord. Héritier de la fortune et entreprise familiale, il n’avait jamais eu gout aux potions et filtres. Ca l’avait toujours ennuyé. Etre derrière un bureau aussi. C’était plus un homme de terrain, mon frère. D’un soupir, je fis disparaître cette pensée. Lassé, sa voix se fit de nouveau entendre, me faisant poser mon regard sur le sorcier. Qu’avait-il pu voir dans mon regard ? Je n’avais pu tenir celui-ci neutre, il avait comprit la culpabilité que je ressentais vis à vis de mon vaccin, de son utilisation. Il n’avait pas eu besoin de chercher midi à quatorze heures pour le comprendre. J’étais responsable. Plus qu’il n’y pensait. Sa citation de Dumbledorem me semblait particulièrement incompréhensible. Détournant simplement le regard pour observer par la fenêtre durant quelques longues minutes. « Au contraire… Je suis responsable. Je ne me suis pas imposée suffisamment. Ils ont finit par me volé la formule. » Elle était dans le coffre personnel d’Amycus.

Ecoutant sans le vouloir, la réaction de Sanders lorsque je lui avais assuré que les membres de l’Ordre l’aimait pour qui il était. Qu’ici, tous appréciait grandement le jeune homme.
Y avait-il eu une once de rancœur dans mes paroles pour que les siennes explosent de la sorte ? M’affirmant que, moi aussi, j’étais aimée au sein de l’organisation clandestine. Mais par qui ? La simple pensée de Sirius m’était une douce torture mélangée entre un amour que je ne pouvais contrôler, et la dure réalité de ne voir celui-ci entre mes bras. Le reconquérir avait été une idée folle. Le vouloir de nouveau dans ma vie tout aussi dingue. Il y avait tant de choses qui nous séparaient… Qu’il me semblait surréaliste que nous reprenions notre relation là ou nous l’avions laissés trois ans plus tôt. « Il y a Remus… Lily et toi. » Qui m’aiment. Mais qui d’autres ? Je perdais Eléonore et Sirius avait été clair. Pas de ca ici. Je me relevai d’un bon, me refusant de continuer à ressasser autant de pensée négative. Mon cœur s’accéléra à la simple pensée de ma situation avec le sorcier. Je n’étais pas ici pour ca. Non, mais pour prendre soin de Sanders. « Je vais aller te faire une soupe. Je reviens.. .»
Il ne me fallut que quelques minutes pour cuisiner quelque chose dans la cuisine, observant du coin de l’œil Lily qui veillait la jeune femme que Severus nous avait ramené. Je préférais attendre que la tempête soit passée pour la relancée sur le sujet. Revenant rapidement dans la chambre de Sanders avec une bonne soupe chaude au potimarron, légèrement épicée. Je lui tendis le bol. « Aller, après, je te laisse dormir. »


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Il existe des choses bien pires que la mort
Sanders & Sulpicia

« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Les sentiments de la sorcière ne changent pas d'un pouce, s'ils ne se durcissent pas plus encore. Sulpicia est comme moi, prompt à se jeter la pierre. Mais Sul, tu as inventé quelque chose, tu ne l'as pas utilisé. C'est une différence qui est mince peut être, car sans elle, cela ne se serait pas produit. Peut être. Car elle n'était pas seule, dans ses recherches, pas seule, dans ses découvertes, pas seule sans doute aussi, dans son refus de l'utiliser comme tel. Mais surtout, si elle n'avait pas été là, sans doute que cela aurait été découvert de même, ce n'était qu'une question de temps. Et même si... Et même si jamais ce vaccin n'avait percé la surface de la connaissance, sans doute que quelque chose de bien pire aurait jailli également. On ne prédit pas ce que l'on fait, on en assume les conséquences ou on les fuit. Mais une chose est certaine, je ne blâmerai jamais la jeune femme pour avoir inventé une arme en voulant inventer un soin, de s'être battue comme elle a pu pour refuser qu'on l'utilise, outil de mort. Et je le lui répéterai jusqu'à l’écœurement s'il le faut, qu'elle l'entende à force de parole et qu'elle en prenne pleine conscience. Elle peut refuser d'y croire pour l'instant, comme je refuse de croire que la mort de Rose n'est pas de mon fait. Il est important cependant, que, et comme moi d'ailleurs, elle ne baisse pas les bras. Jamais. Nous ne baisserons pas les bras. Et la phrase qu'elle me répond prouve bien qu'elle n'a pas voulu cela : ils m'ont volé la formule. Elle a sans doute la responsabilité de la récupérer, pas celle de ce qu'ils en font.

Je sens son coeur se serrer quand je lui parle d'amour et cela me rentre triste à vrai dire. Elle ne croit pas mes paroles, les renie avec une évidence qui lui est propre. Je voudrai lui dire de ne pas se formaliser de mes mots, de ne pas faire attention à ces précautions que tout un chacun prend ici. C'est que l'on a vécu tant de choses, finalement, que l'attachement devient compliqué. C'est imaginer à chaque fois un lien qui se brisera sans doute. Car c'est aussi la nature de notre combat, prêt à donner notre vie à chaque instant. Prêt accepter à tout instant que celui avec qui on partage une tasse de thé ou une conversation passionnante au coin du feu un soir d'hiver, disparaîtra possiblement demain. Alors quand le doute est là, que la nouveauté n'est pas sûre, le risque ne se prend pas. Il faut du temps, pas une ou deux poignées de jours. C'est peut être l'impatience qui parle. Sulpicia ne débarque pas blanche comme neige, sa réputation la précède. Elle est et reste malgré sa mort fictive, la fiancée d'Amycus Carrow, la soeur d'Isaiah Mulciber et ce ne sont pas deux personnes très appréciées ici. Je crois que je sais et mieux que quiconque, ce que cela fait d'être associé à des noms et des gens. C'est un jugement qui déplace notre personnalité propre pour la calquer sur ces autres plus connus que nous. C'est un préjugé à dépasser avec patience et par le temps qui passe. Ceux qu'elle cite, elle les connaissait avant ou alors ce sont des personnes qui s'ouvrent plus facilement. Mais la souffrance que l'on peut ressentir tous les jours face aux morts qui tombent sans arrêt, si elle ne justifie pas la prudence dure qui est parfois mise en oeuvre, peut l'expliquer.

Je n'ai pas le temps de dire quoique ce soit qu'elle se faufile hors de la pièce avec la promesse d'un soupe. Je sens une mélancolie infini me prendre le coeur, malgré que le sien a voulu se fermer à la négativité. J'ai senti un changement de posture, l'envie d'avancer quelque part, et cela fait du bien. Je redoute cependant ce qu'elle veut m'apporter. La faim qui dévore mon ventre me révulse quelque peu et surtout après les semi-reproches de la jeune femme. C'est que je ne comprends pas pourquoi j'ai besoin de considérer que je dois être bien sur tout point pour mériter cela. C'est une question absurde qui provoque une panique. Et pour autant, un réconfort sans bornes vient me chatouiller les narines quand la sorcière revient avec un bol bien rempli. Je m'adosse sur le lit, les épaules légèrement détendue et la fatigue venant, enfin. La couleur orange et l'odeur me laisse présager un délice et une douceur dans l'attention. J'attrape la soupe avec la peur de la renverser. J'y trempe la cuillère sans pour autant commencer à manger.

- Sulpicia, je... J'ai une idée.

Je sais que cela n'apaisera pas tout, que la solution n'est pas que là, mais c'est une avancée tout de même. Pour la rassurer quelque peu et parce que la soupe dégage une flagrance d'une gourmandise sucrée, j'avale une cuillère. La rondeur du potimarron, une de mes courges préférées avec la butternut, est un délice et les épices glissées également titillent doucement mes papilles. C'est là ma soupe préférée, finalement. Entre le potimarron et la butternut, il n'y a qu'un pas, les épices et le piment fou, un monde à conquérir. Mais c'est la recette et l'amour derrière qui compte. Je lui offre un immense sourire et ne tiens sur le moment qu'à énoncer la gratitude que j'ai pour elle, oubliant de formuler ma pensée précédente.

- C'est mon plat préféré ! Et elle est parfaite. Merci. Ne te formalise pas de leur froideur, tu sais, ni de la sienne...

Je songe que je n'aurai pas dû ajouter le reste. Elle sait que je suis extrêmement observateur, cela fait partie de mes qualités pour mon métier, les diagnostiques. Mais la jeune femme se demandera peut être comment j'ai pu capter cela. J'espère qu'elle mettra cette trouvaille sur le compte de la perspicacité ou sur le compte de ce qu'elle veut, après tout. Je n'aime pas vraiment mentir, c'est une malhonnêteté dont je me passerai bien. Mais à part Dumbledore et Antonin, finalement, personne ne sait et c'est sans doutes mieux comme cela. Le danger de mettre les autres dans la confidence est réelle et je ne me pardonnerai pas d'imposer cela. C'est un don qui parfois me faire peur, tant il peut être utile entre de mauvaises mains ; un peu comme le vaccin créé par la jeune femme.

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Sulpicia I. Mulciber


Il existe des choses bien pires que la mort
Sanders & Sulpicia

« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

J’étais rapidement revenue auprès de Sanders après avoir rassurer Lily sur l’état du médicomage. Il avait juste besoin de repos et de reprendre des forces. Son essence magique était au plus plat, il en usait beaucoup trop et j’avais l’impression de lui faire des remontrances. Alors, que tout ce que je désirais, c’était de l’aider et de le sortir du cercle vicieux de cette magie qui pouvait aussi faire du mal à celui qui en usait.
Le bol de soupe dans ses mains, le sorcier s’était redressé pour profiter du bon fumet du plat que je lui avais apporté. Un sourire se dessina alors sur son visage, qui semblait s’être soudainement illuminé ! Il trempa sa cuillère dans le velouté, commençant une phrase sans la finir pour autant. Je m’étais installée dans le fauteuil proche de la fenêtre, rapprochant mes genoux contre ma poitrine. Je les entourai de mes bras, posant ma tête sur ceux-ci. Je me perdis dans l’observation du paysage qui était recouvert de neige. Me languissant de ma liberté perdue en ayant choisit Sirius et l’Ordre, je soupira. Il m’affirma que ma soupe était parfaite. Un faible sourire se dessina sur mes lèvres poudrées. Au moins je n’avais pas perdue la main niveau cuisine ! J’avais toujours aimé cuisiner. Ayant apprit très jeune en la compagnie de ma grand-mère maternelle. Cette grand-mère qui avait su m’aimer pour qui j’étais malgré mon don que je faisais tout pour cacher aux yeux des autres. Mes tatouages sur mes doigts me permettaient de le contrôler au maximum possible. J’avais été rejetée a cause de celui-ci et de mon sang durant mes études de Médicomagie. Moquée à Poudlard mes premières années, montrée du doigt comme le monstre que j’étais.

Je n’us pas le temps de plus me perdre dans mes pensées, que le sorcier continua sa phrase. Je continuais de regarder par la fenêtre lorsqu’il m’affirma que la froideur des membres de l’Ordre passerait… Et encore plus celle de Sirius. Ce fut trop. Explosant intérieurement, je m’obstinais à observer par la fenêtre. Sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit, mes cheveux virèrent du blond au noir… Profond. Je me mordais la joue pour ne rien dire. Pour ne pas répondre. Je ne voyais pas cette couleur encre de ma chevelure. Fixant un point à l’horizon. J’avais envie d’exploser. J’avais envie de lui demander ce qu’il en savait. Lui. Comment pouvait-il se montrer chaleureux et aimant avec moi, alors que je n’étais même pas certaines de ses sentiments ? On ne m’avait pas répété ses paroles. On m’avait juste fait comprendre l’état dans lequel il se trouvait lorsqu’il avait ramené mon corps dans le quartier général.
Mon cœur battait la chamade. Frénétique, j’entendais dans mes oreilles les boumboum indécent qu’il produisait. Comment un homme, qui m’avait rejeté lorsque je lui avais annoncé mes sentiments, brisé le cœur, presque moqué, pouvait encore m’aimer ? Comment avais-je pu être aussi naïve et répondre à son courrier ?  Pourquoi avais-je encore espoir ? Je souffrais de le voir appartenir à une autre. Je souffrais de la situation. J’avais envie de m’arracher le cœur, de m’imposer un oubliette. De ne plus penser à lui.
L’envie de me lever et de fuir cette conversation se fit ressentir. J’allais justement me relever lorsque j’aperçu la couleur noir de mes cheveux. Ce fut alors un tout autre type de sentiment qui me prit. Une peur. Une honte. La panique face à ce changement que j’arborais. Je détestais mon don, ma malédiction, plus que je ne voulais le laisser croire. Dans une panique intérieure, qui ne se lisait que par une grimace dégoutée de la couleur de mes cheveux, je pris la longueur de mes cheveux aux pointes ondulées pour tirer dessus, murmurant pour m’auto-convaincre. « Allez…Change….Change change change change… » Soupirant plusieurs fois de suite pour tenter de faire partir cette sensation affreuse, cette colère et ce mal-être que je ressentais. J’étais un montre.

La couleur blé de mes cheveux finit par revenir. Me faisant me levée pour tourner le dos à Sanders le temps de me remettre de la honte que je ressentais. Mon don, c’était l’une des choses que je cachais le mieux au monde entier. Je passais ma vie à me contrôler, me contenir… Jusqu’à ce que les runes de mes doigts et de mes paumes, que je cachais pour la plupart sous ce fameux don, étaient supposé éviter ce genre de réaction. Il m’arrivait vraiment de me détester, sous ce masque de gentillesse. Je ne m’étais toujours pas retournée, lorsque je repris la parole…. « Tu me disais que tu avais une idée ? » Les bras croisés, je n’assumais pas le changement de la couleur de mes cheveux, désireuse de changer de conversation.



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Il existe des choses bien pires que la mort
Sanders & Sulpicia

« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Il est des choses étonnantes parfois. Et la vitesse à laquelle la température change en est une. Je ne parle pas ici du thermostat qui est constant dans cette pièce chauffée, mais des émotions des uns et des autres. Une seule parole de travers, un seul mot mal placé et les sentiments se glacent, les sourires se gèlent, les regards se parent d'un voile discrets qui créé des barrières. Sulpicia se retranche derrière un mutisme froid et réservé. Mais son coeur boue et ses cheveux ont noirci. Je ne sursaute pas, mais la surprise est là. Je ne savais pas que la jeune femme était métamorphomage. Elle le cache tous les jours avec une habilité déconcertante pour un don qui s'exprime si facilement. Je me rends soudainement compte à quel point nous sommes semblables, elle et moi, finalement. S'il n'y avait pas la médicomagie, s'il n'y avait pas cette ardeur à sauver tout le monde, s'il n'y avait pas ce tempérament non violent, il y aurait ça, ce don caché. Mais elle, qui semble à cet instant ne plus pouvoir le cacher, se dévoile, malgré elle alors que je me cache encore. C'est que je ne prendrai pas le risque de divulguer mon secret et cela me serre le coeur de comprendre que je n'arrive pas à remettre ma vie aux mains d'autrui. Je songe que ce n'est pourtant pas de l'auto-préservation, ou pas tant que cela, finalement, mais bien plus une question de risques et de dangers que je mesure trop bien, malheureusement.

Je ne dis rien, reste stoïque. Je ne saurai l'embarrasser plus qu'elle ne l'est déjà. Je savais qu'évoquer Sirius serait compliqué et j'ai sans doute mal calculé à quel point. Je n'imaginais pas la brusquer, pas le le moins du monde. Mais j'ai apparemment touché un point plus sensible qu'il n'y parait. Ce n'est pas juste une histoire en l'air, pour un tel bouleversement. Cela touche la sorcière au plus profond d'elle même, jusqu'aux fondements de son être. Je me crispe de ce malaise que je lui inflige, par ce soucis constant de ne heurter personne. Et le fait de l'avoir blessée sans le vouloir ne me dédouane pas le moins du monde. Je n'aurai pas dû insister. J'aurais sans contestes été dans un renfermement et un énervement contenu semblable si la question avait tourné autour de Rose. Mais de même que mon don, bien peu de personnes sont au courant. Elle me manque, tellement. J'ai commencé à dire oui à la vie à partir d'elle. C'était comme débuter quelque chose qui n'a pas de nom mais qui est existentiel. C'était être et voilà tout. Je ne sais plus trop, maintenant, ce qu'est être.

- Sul...

Elle se rend compte de ses cheveux et une peur qui me fait mal la secoue. Je me rembrunis quelque peu, ne dis rien quand je perçois à peine sa litanie. Les mèches blondes réapparaissent au bout d'un certain temps et je ne peux que contempler cette sorcière magnifique reprendre son masque. Cela ne me plait guère, mais je ne pourrais dire quoique ce soit, sans la heurter plus encore, moi qui suis mal placé qui plus est. Elle me tourne le dos, prête à s'en aller, se détourner. La fuite n'amène à rien et nous le savons tous les deux. Pourtant, nous continuons de fuir l'embarras que nous éprouvons, avec une constance effroyable. Son dos raidis par une tension qui me serre la gorge, sa voix s'élève dans la pièce, et je perçois un léger tremblement, une discontinuité inhabituelle. C'est la gêne, sans doute, de s'être fait prendre sur le fait. Et je sais qu’il ne faut pas insister, pas maintenant. Je respecte aussi ce qu'elle veut, et elle ne veut pas en parler. Pas maintenant. Je repose le bol encore trop plein sur la table de chevet et contemple la lumière de la lampe pendant un court instant.

- Toi et moi, en binôme. Je ne peux pas toujours être là, Sul, et tu as raison, je m'épuise. Je ferai ce que je peux, toujours, mais tu pourrais m'aider. Et ça t'aiderait peut être... Parce qu'on le sait tous les deux, il existe des choses bien pires que la morts. Et je ne veux pas faire face à cela encore.

Il existe des choses pires... Survivre aux autres, par exemple. Une fois mort, il faut continuer, mais ceux qui restent, restent avec leur souffrance. Et les douleurs qui continuent. Ce monde est un affront permanent dans son état de guerre. Et les regrets, les remords, la culpabilité face à l'impuissance devant les injustices, face aux actes manqués, face à ce que nous voudrions et ce qui est, ce que nous aurions voulu et ce que nous avons fait... Sulpicia ne peut pas retourner à Sainte-Mangouste. Soigner les autres, faire des recherches en médicomagie, c'était sans doute une des seules choses qui la déculpabilisait un tant soit peu de ces remords d'avoir causé tant de mal par une simple découverte. Elle soigne parce que c'est ce pour quoi elle est faite, parce que pour elle, comme pour moi, la violence doit avoir une fin, la douleur un apaisement. Et cette frénésie dans laquelle elle pouvait se lancer, cette utilité qui la portait tous les jours, n'est plus, par l'impossibilité créée par l'annonce de sa mort, par sa situation dangereuse avec Amycus Carrow. C'est peut être une chance, pour elle comme pour moi, finalement, qu'elle soit là aujourd'hui. Je ne déchargerai mon fardeau sur personne si je le pouvais, mais quitte à choisir, autant le faire sur quelqu'un qui le portera volontiers et qui y arrivera très bien même. Evidemment, nous pourrons vraiment nous entraider, sur les soins complexes que résoudre seul m'obligeait à déverser toujours ma propre énergie face à l'urgence, sur les rites en duo, sur les alternances de gardes... Et sur ce soutien qu'elle a pour moi et que j'ai également pour elle. Je me surprends à ressentir une appréhension quant à un possible refus. Je l'envisage, bien sûr, mais je ne le désire pas.
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« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Tentant de contrôler tous les sentiments et toutes les sensations que je ressentais. Je faisais en sorte de me contenir. Vraiment. Mais je n’étais pas dans une position confortable. Loin de là. Pourtant, et malgré la gêne que je ressentais à la suite de la révélation de mon don, j’étais restée. Debout devant la fenêtre, me recroquevillant lorsque je l’entendis commencer à prononcer mon prénom. Je n’étais pas assurée, encore moins lorsqu’il comprit ma réaction vis à vis de Sirius. Je dus soupirer plusieurs fois avant de réussir à me calmée. A reprendre contenance et enfin, à me tenir moins rigide. Pour autant, je restais cramponnée au paysage. Loin d’être prête d’affronter le regard de Sanders. Me jugeait-il pour ce don qui était le mien ? Allait-il s’éloigner de moi comme tout ceux qui avaient peur des métamorphomages ?
Je n’étais pas une mauvaise personne, loin de là. Je n’assumais pas, et n’avait jamais assumé cette malédiction qui rendait chacune de mes expressions visibles. Tant et si bien, que pour maitriser le changement de mes prochaines émotions, je dus laisser apparaître plus de tatouages sur mes mains. M’offrant le luxe de ne plus voir mes cheveux changer si le sorcier avait d’idée de me relancée sur cette conversation huileuse.

Enfin, je quittai ma place pour retourner m’installer dans le fauteuil face au lit de Sanders. Il venait de poser sa soupe a moitié pleine, ou a moitié vide, sur la table de chevet. J’observais celle-ci du coin de l’œil, réprobatrice. « Tu dois tout finir. » Je voulais absolument changer de sujet de conversation, mais le sorcier le fit à ma place. Me demandant alors, de venir à son aide pour prendre soin des membres de l’Ordre. Me faisant ouvrir grand les yeux. Vraiment ? Moi ? Aider aux soins ? Et comment pourrais-je ?
Eléonore me détestait. Je ne pouvais pas toucher Sirius sans avoir des sursauts. Je m’étais tuée en sauvant Remus… Mais la plupart des membres n’avaient toujours pas confiance en moi. J’avais un bagage bien trop charge pour cela. « Moi ? » Sanders me faisait confiance puisqu’il me connaissait dans ma pratique. Il me connaissait. Baissant les yeux, je cherchais à comprendre l’implication que cela me demanderait. Avais-je réellement autre chose à faire ? Et si cela aidait Sanders à se remettre ? J’hochai la tête acceptant simplement d’un signe sa proposition.
Je l’aiderai, loin d’êtes dupe : je ne pourrais faire une croix sur mes ressentiments vis à vis de l’utilisation du vaccin. Rien, ne pourrait y faire. J’étais responsable. A point c’est tout. Soupirant. Je finis par lui avouer. « Mourir n’est pas agréable… C’est la suite qui… » L’est. Vraiment. Je me relevai. « Finit ta soupe Sanders, ca te fera du bien. »




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Sanders A. Dolohov


Il existe des choses bien pires que la mort
Sanders & Sulpicia

« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Cette méfiance mêlée à la honte se tortille dans ses yeux et son coeur, avec une provocation silencieuse : vais-je oser dire quoique ce soit ? Ce jugement qu'elle appose sur ce jugement que je pourrais avoir envers elle me révolterais presque, mais je reste silencieux. Cela me heurte même, qu'elle puisse ne serait-ce que ressentir cela à mon égard. Ai-je un instant laisser paraître quoique ce soit d'une répulsion, d'une étroitesse d'esprit qui me fait horreur ? Il n'y a pas de monstres, seulement des inconscients. La différence existe et j'en suis une preuve flagrante. Je subirai probablement un rejet pareil à ce que peuvent subir les métamorphomage, cette mise au banc de la société, d'une cruauté sans bornes. Mais je ne suis pas de ceux qui pourraient faire cela. J'espérais qu'elle le savait, mais ce recul en elle me prouve que non. Je déglutis en me rendant compte de cette affirmation péremptoire, ce raisonnement arrêté, prédication arbitraire. J'ai une estime de moi qui ne supporte pas le sentiment de rejet qu'elle m'appose. Je ne suis pas de ceux là, Sulpicia. Pourquoi ne le sais-tu pas ? Je songe qu'il est peut être des habitudes que la jeune femme a prit par dépit, de par cette exclusion permanente. Que d'être écartée constamment n'amène pas des sentiments d'un optimisme flagrant envers la bienveillance humaine.

Comme je ne répond rien, ne réagis pas le moins du monde (et pourquoi le ferais-je, en vrai ?), la sorcière enchaîne sur ma proposition. Son étonnement me ravi et me surprend à mon tour. Pourquoi imagine-t-elle que je puisse penser à quelqu'un d'autre ou que je me moque d'elle ? Il n'en est certainement pas question. C'est que je l'estime bien trop pour lâcher cela en l'air, comme si cela n'avait pas d'importance, comme si je n'avais pas pesé mes mots et cette décision que j'ai évoqué là. Que je trimbalais depuis son arrivée finalement. Il n'était que temps de lui offrir cette possibilité. Si elle est amenée à rester ici, autant qu'elle mette ses talents à l'oeuvre. Et des talents, ce n'est pas ce qui manque chez la jeune femme. Sulpicia est une collègue que j'apprécie particulièrement, je l'ai dit déjà, et je le redirai souvent s'il le faut. C'est qu'elle ne doit pas en douter une seule seconde. Je lui souris, légèrement sacarstique :

- Oui toi, pas Dumbledore !

Le regard qu'elle pose sur la table de nuit me rembrunis quelque peu mais je passe outre ce sentiment qui gronde dans mon estomac. Je sais pertinemment qu'il ne faut pas que je l'écoute de toutes façons. Cette peur insidieuse ne me mènera nulle part et je le sais bien. Il est facile de ne pas en tenir compte, de ce danger qu'elle ne me promet pas car elle vante une délivrance, une rédemption imaginaire que je choisi souvent. Alors quand elle parle, qu'elle m'ordonnerai presque, avec un ton et des paroles que je pourrais attribuer à une mère je ne bronche pas le moins du monde. Elle ne pense pas aux tourments qui peuvent résonner en moi jusqu'à me déraisonner. J'avale le reste de la soupe alors qu'elle hoche la tête. La saveur sucrée de la courge et les épices me réchauffe le coeur et je me sens bien. C'est une constatation qui me perturbe, me ravi et m'effraye. Il y a comme quelque chose d'interdit que je choisi de vivre pourtant, poussant l'audace jusqu'à essayer d'en profiter quelque peu. Je repose le bol bien vide cette fois et agrippe la couette en patchwork pour la remonter quelque peu. Je me sens las, et les paupières sont lourdes, mais le sommeil est encore à l'écart, proche, pas encore là.

- Je ne le dirais pas...

C'est son choix. C'est qu'elle veut ne pas le montrer parce que la différence peut faire peur. Parce que dans cette société, il est des intolérances qui règnent sur le monde. Parce que l'on juge son prochain avant de se juger soi et qu'il est préférable d'écraser le voisin plutôt que de se faire écraser. Il faut faire partie des plus forts, suivre le groupe pour ne pas se faire engloutir ou marcher dessus. Cela me révulse de voir que le monde ne peut tourner sans qu'il en ai un pour vouloir prendre le dessus sur l'autre.

- Merci de nous aider.

Rose me regarde gentiment, sans dire un mot, avec ce même regard qui lui est propre. Elle approuve et me provoque en même temps. Elle est ce défis constant, une énigme permanente et encore maintenant, alors qu'elle s'est éteinte, son souvenir perdure. Mon regard voilé se laisse surprendre par des images joyeuses de souvenirs perdus...
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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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Sulpicia I. Mulciber


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Sanders & Sulpicia

« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Se moquant de moi. Sanders confirmait qu’il parlait de moi en tant que médicomage. Je n’étais pas certaine que tous au sein de l’Ordre accepteraient de me voir les soigner et prendre soin d’eux. Le Dolohov était bien mieux intégrer que moi au sein de l’Ordre, je n’en faisais partie que pour avoir sauvé, presque de manière ingrate, Remus et Sirius. Je ne voulais pas perdre mon ami, encore moins Sirius. Un faible sourire se dessina sur mes lèvres, alors que je baissais les yeux. Sanders prit de nouveau le bol chaud entre ses mains pour finir la soupe. Obéissant à l’ordre du soignant que j’étais. Il avait besoin de force. Manger et dormir lui apporterait celle-ci qui commence à lui faire cruellement défaut. Je voulais terriblement l’aider, l’influencer a usé d’autres techniques de la Vieille Magie et m’assurer qu’il n’allait pas se laisser submerger par la puissance de celle-ci.
Il savait pourtant qu’il y avait d’autres moyens, mais au fond, j’avais peur que cette utilisation qu’il en faisait cachait autre chose de plus grave. De plus dangereux. J’étais plongée dans mes pensées lorsque j’entendis sa voix s’élever. « Je ne le dirais pas… » Assura-t-il. J’étais de nouveau assise, cette fois rapprochant mes genoux de ma poitrine que j’entourai de mes bras. Un pincement au cœur en l’entendant assurer qu’il ne dirait rien concernant mon don. Sirius savait. Tout comme ceux qui avaient grandit avec moi à Poudlard et qui avaient finit par s’en amuser. Jusqu’à ce que je sache contrôler mes émotions. Des émotions que je contrôlais en permanence. Me refermer comme une huitre était une capacité que j’avais acquise au fil des années.
J’observais le sol. N’osant pas réellement me lancée. J’avais envie de lui dire, de lui faire comprendre ce que cela avait été de vivre le rejet pour ce que j’étais. Je m’étais toujours sentie rejetée. Mal aimée. On se méfiait de mon don qui me permettait de prendre l’apparence que je désirais. Je pouvais ressembler à n’importe qui. Prendre une identité et la détruire. Mais je n’étais pas comme ca. Non, ce n’était pas mon genre.

« Ils savent déjà… L’Ordre… » Ce n’était pas ca qui me dérangeait. En réalité, ce qui me dérangeait, c’était de perdre le contrôle et de voir la réalité de mon don en face. Ce que moi, je considérais comme malédiction. « Je déteste mon don. » C’était pas une question de confiance en lui… Je ne voulais pas que l’on puisse lire en moi, comme un livre ouvert. « Ils m’ont jugé pour ce don. J’ai du faire mes preuves, moi, l’arriviste sang-pur qui est entré dans le programme intensif de Médicomagie. Les autres n’ont jamais compris. Ils ont toujours pensé que j’étais arrivé là grâce à mes parents. » Et non à mon travail.

Je soupirai. Me levant de nouveau pour détendre mes jambes. Il me remercia d’accepter de les aider. Je souris, simplement. Comment pouvais-je refuser ? J’avais besoin de nouvelles perspectives. De nouveaux horizons. Je tournais en rond, enfermée au sein du QG. Ca ne me fera que du bien, d’avoir une raison de vivre. Non ? J’étais perdue… Je ne savais plus ou j’allais, comme en suspens dans ma propre vie.



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Sanders A. Dolohov


Il existe des choses bien pires que la mort
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« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

La douceur de la couette en patchwork chatouille mon menton et l'odeur chaude apporte un réconfort. Je me surprends à fermer les paupières, lourdes d'une fatigue qui se refuse d'habitude à se terminer dans le sommeil. Ce sentiment d'abandon est agréable. Je sens que peut être, aujourd'hui, je parviendrai à dormir d'un sommeil profond et réparateur. Mes muscles se détendent doucement et sans doute que les rites effectués par Sulpicia, ce qu'elle a gravé sous le lit, et simplement sa présence apaisante, y sont pour quelque chose. C'est une douceur sans fin que de glisser délicatement dans les bras de Morphée, invité par une amie. J'ai la sensation que mon corps s'enfonce dans le matelas de plus en plus et que le moindre geste serait un effort de trop. Je suis encore là, cependant, mon esprit toujours vif, le corps au bord du repos. C'est une torpeur qui me prend, proche de l'assoupissement, tandis que ma conscience virevolte légèrement, prête à céder au rêve quand cela sera nécessaire.

Les remarques de la jeune femme pourraient m'arracher un rire sombre si je ne me contrôlais pas un tant soit peu. Elle déteste son don... Je ne sais pas si je déteste le mien. Je crois plutôt que c'est mon don qui me déteste. C'est autant de beautés qu'un fardeau insupportable parfois. Et il se fait de plus en plus lourd, au fur et à mesure que le monde par à vau l'eau. La violence est partout et mon esprit la capte de tous les nerfs qu'il possède. C'est une métaphore, bien sûr, mais c'est à peu prêt cela. Disons que je possède des capteurs qui se propagent partout autour de moi pour saisir la moindre souffrance. Bien sûr que je peux aussi ressentir l'amour, les rires et les bonheurs, mais en ce moment, si nous sommes honnêtes, ce n'est pas la majorité des sentiments qui règnent ici bas. Et puis je travaille dans un hôpital ainsi que pour l'Ordre du Phénix. Je ne sais pas si la situation est idéal pour trouver une paix intérieure, un calme relatif. Non, à vrai dire, je ne le sais que trop bien. Ce n'est pas le cas, puisque la guerre amène de plus en plus de blessés et que l'on ne parle pas que du corps, mais également de l'âme. Alors je peux imaginer avec un peu de peine ce que Sulpicia veut dire.

Mais c'est la seconde partie qui est la plus parlante. Ce n'est plus tant son don, dont il est question, finalement, mais de sa qualité de sang pur. De cette histoire qui est inhérente à qui elle est, de cette naissance qui la poursuit, indépendamment de ce qu'elle a fait après. Nous ne naissons pas tel que nous serons et nous ne serons pas une seule et même personne définie et inchangée le restant de notre vie. Mais il est souvent de mise que nous sommes ce que nos parents ou notre famille est. C'est une supposition qui nous poursuit notre vie entière, un préjugé qui ravi ou qui heurte, selon les individus. Je sais que si l'on dit à mon frère qu'il est comme son père, ou qu'il est sa famille, que son nom, Dolohov, veut tout dire, il en sera heureux. Ce n'est évidement pas mon cas, et ce n'est pas le cas de Sulpicia. Le nom Mulciber n'a pas été facile à porter. Je rouvre les yeux pour la regarder en face, sérieusement. C'est que je pourrais plonger dans ses prunelles et me perdre dans la réflexion de ce miroir féminin. Nous sommes si semblables, c'est effrayant.

- Je sais... Mais ce n'est pas le cas. Tu n'es pas ce que ta famille est. Tu es toi et tu ne le dois qu'à toi. Je ne suis pas fier de t'avoir pour collègue parce que ton sang est pur, ta famille riche et renommée, non... Je suis fier de t'avoir pour amie pour ce que tu es, vraiment, au fond de toi. Ett crois moi, là dessus, je sais de quoi je parle.

Peu de gens peuvent réellement savoir ce qu'il y a réellement au fond des autres et je ne suis pas exempt de me tromper également. Mais ma marge d'erreur est considérablement réduite avec mon don qui me tourmente souvent. Je peux me targuer de percevoir réellement les personnes ou du moins capter plus qu'un autre l'essence d'autrui. Et celle de la jeune femme est telle que je ne pourrai la considérer autrement que pour ce qu'elle est. Je ne verrai toujours que Sulpicia, et pas miss Mulciber.
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Sulpicia I. Mulciber


Il existe des choses bien pires que la mort
Sanders & Sulpicia

« – Il n’y a rien de pire que la mort, Dumbledore, gronda Voldemort avec hargne.
– Tu te trompes complètement, répliqua Dumbledore.»

Sanders se voulait rassurant, affirmant que je n’étais pas comme ma famille, que j’étais différente d’eux. Loin d’appartenir aux idéaux des sang-purs. Loin de ressembler à ma mère, je m’étais toujours refusée d’être identique à mes proches. J’avais du cœur, plus qu’eux. J’étais différente. Je l’avais toujours été, au point de cacher ma véritable personnalité.
J’écoutais attentivement ce que me disait le sorcier. Esquissant un faible sourire. Je ne pouvais mettre le doigt sur ce que je ressentais en cet instant, mais je trouvais presque rassurant qu’il me comprenne de la sorte. Un faible soupir s’extirpa de mes lèvres tandis que je me releva pour me rapprochée du lit du sorcier. Je relevai sur lui la couverture, le bordant. Il était temps que nous arrêtions de discuter et que celui-ci se repose. Nous n’étions pas monté pour papoter. Mais bel et bien pour que le jeune homme reprenne des forces.
La cuisine me semblait bien calme, il fallait que j’aille vérifier ce qu’il s’y passait. Severus et Lily avaient-ils finit par s’entretuer ?

Prenant le bol vide, je lui souris. « Dors Sanders. On en parlera plus tard. » Et je détourna les talons, tirant dans mon sillage la porte, la laissant tout de même entrouverte, sait-on jamais. Je restais quelques minutes dans le couloir, n’osant pas descendre. Je réfléchissais a tout ce que j’avais pu dire en quelques minutes au médicomage. Comment avais-je pu me laisser aller comme ca ? A parler de Sirius ? A laisser comprendre ce que je pouvais ressentir pour lui ?
J’avais mentis a Eléonore en lui disant qu’il n’y avait rien entre nous, mais combien de temps pouvais-je encore tenir ? A fuir. A tenter d’agir normalement ? Heureusement, je n’étais pas la seule à ne pas savoir comment réagir face à l’autre… Je fini par soupirer. M’éloignant enfin pour rejoindre les autres dans la cuisine.


Fin du rp.



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