Disobedience That Holds Us Together [SandLuce]


Forum RPG Au temps des Marauders; 1982 - Grande-Bretagne sous la soumission de Lord Voldemort; contexte evolutif; Avatar réels;

 

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 Disobedience That Holds Us Together [SandLuce]

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Lucius A. Malfoy
Disobedience That Holds Us Together
Lucius A. Malfoy & Sanders A. Dolohov


We're standing here by the abyss and the world is in flames
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***

Il te hante. Ton esprit ne semble pouvoir trouver le repos tant il se plait à repasser le film de cette soirée. Vous aviez discuté jusqu'à une heure peu raisonnable de la nuit, vous découvrant dans les limites du mystère que tu entretenais autour de toi-même. Et au moment de se dire adieu, le déchirement que tu as ressentis était bien inhabituel. Toi qui était homme à moult conquêtes. Toi qui pouvait changer de partenaire chaque nuit si l'envie t'en prenait. Toi qui n'avait jamais aimé qu'un seul homme, impossible à atteindre. Toi qui t'était muré dans cette incapacité à ressentir et qui avait oublié ce que ton cœur pouvait. Toi qui était rentré chez toi après vos chastes baisers, se satisfaisant de la plénitude éprouvée pendant la soirée sans avoir besoin de l'assouvir. Tu n'avais cessé de penser à Sanders Dolohov, cet homme surprenant qui avait mis tous tes sens en alerte, tout ton être sans dessus dessous. Tu t'étais plu à te demander si vous vous reverriez un jour, si vos routes se recroiserait au détour d'une ruelle comme lors de votre rencontre. Les jours avaient passé et l'obsession pour le brun était toujours aussi vive, l'émotion suscitée à son simple songe, intense. Tu n'arrivais pas à te concentrer, tes idées volages toujours dirigées vers le centre de ton attention. Tu t'avais déjà essayé de lui écrire, à la lueur d'un candélabre du manoir, dans ton immense bureau du ministère, mais les mots ne venaient pas. Ou plutôt tu n'aimais pas comme les mots venaient à toi et s'harmonisaient à leurs faveurs pas assez subtiles. Alors tu froissais le papier, laissant ces phrases oubliées se perdre dans la lâcheté dont tu faisais preuve.

Il y avait des piles de parchemin noircies de tes dérives tortueuses, des lignes pleines d'un marasme émotionnel sans queue ni tête. Tu n'avais finalement rien envoyé du tout. Tout ce que tu ressentais flambait d'une clameur beaucoup trop franche pour être assumée. Il y avait dans ton coeur une myriade de sensations qui t'étaient inconnues et te faisaient peur. Incapable de te sentir en confiance avec cet autre qui semblait gronder en toi, tu le faisais taire, oubliant Luce au profit de Lucius. Mais toute ta concentration était vampirisée par tes préoccupations sensorielles et rien qui n'avait pas trait à lui ne trouvait de place dans ton esprit. Tu n'arrivais pas à travailler correctement et ce fut en pleine après-midi que tu abandonnas lâchement ton ouvrage au ministère pour rentrer au Manoir. Tu avais retourné la situation dans tous les sens et tu ne trouvais pas de solutions : il t'était inconcevable de ne pas revoir Sanders et pourtant aucune façon de le retrouver ne te semblait approprié. Tu avais fini par conclure que sortir au Parfum dans l'espoir de te changer les idées était de bon aloi. Tu te changes pour revêtir une robe de sorcier vert émeraude et ton habituelle cape en fourrure d'hermine blanche. Ta fiole de polynectar est dans ta poche intérieure et en transplanant, tu en absorbes une grosse gorgée. Avant d'arriver dans un tourbillon, une volute de tissu enlaçant ton corps musculeux, tu sens l'amertume de la potion te transformer en Luce. La silhouette familière que tu reconnais dans la devanture d'une boutique occulte de l'allée des Embrumes te rassure. Tu pousses bientôt la porte de l'établissement, alpaguant Travis d'un signe autoritaire avant de te rendre dans ton petit salon privé, une vodka martini avec trois olives te suivant de peu.

***

La soirée est tout juste avancée que tu comprends qu'il ne viendra pas. Encore un soir passé à attendre une incongrue visite qui aurait pu survenir, un pas de Sanders pour te rejoindre. Tu te doutais bien que le jeune homme ne ferait pas de démarche pour te retrouver. Et après tout, tu avais donné tous les signes d'un sorcier ne voulant pas qu'on le retrouve. L'aura de mystère qui coulait autour de Luce avait cela de pratique et d'ennuyeux à la fois. Tu sors enroulé dans ta cape immaculée, l'haleine de vodka martini se mêlant à la vapeur d'eau quand tu rejoins le froid hivernal devant le Parfum. Tu n'avais pas fais trois pas dans la ruelle qu'un éclair rouge te frappe dans le dos. Tu ne peux te retourner que déjà tu t'écroules et tombes au sol, la fourrure soyeuse de ta cape rencontrant l'humidité sale du parterre. La douleur arrive sans se faire attendre. Un coup de poignard en plein dans la poitrine qui te coupe la respiration et te bloque le souffle. Tu hurles alors qu'il te semble que ton sang se transforme peu à peu en lave en fusion qui dévaste tes veines. Tu ne peux te replier sur toi même, paralysé par le maléfice qui t'avait fait choir et tu n'as que ta voix pour crier ta douleur. La souffrance s'instille dans la moindre parcelle, chemine dans le moindre nerf qui innerve chaque cellule de ton organisme, comme si elle explosait en recrachant son contenu dans les tissus surchargé d'adrénaline. Tu croirais qu'on t'arrache la peau lambeau par lambeau, chaque infime partie de ton être brutalement lacérée, écorchée, comme brûlée au fer rouge. Ta voix perd finalement de sa puissance et ta gorge sèche devient bientôt muette alors que ton corps frémit de violent soubresaut que tu ne contrôles pas.

Tu n'as pas conscience du marasme autour de toi. Une bande de cinq sorciers cagoulés s'est regroupé pour t'attaquer de plein fouet. Le Stupefix t'a mis hors service et les Doloris ont plu de diverses baguettes, chaque nouveau sortilège était un énième assaut de souffrance liquide qui coulait dans tes artères. Tu entendais leurs rires goguenards, vils et avilissant. Et par delà, les violents coups de pied qui étouffait ton ventre en atteignant ton foie, t'assaillant de toute part à renfort d'insultes homophones, de crachats et autres ignobles souillures. Tu étais à leur merci, impossible de te sortir de ce mauvais pas. Tu n'ignorais pas la violence des sorciers envers le moldu, mais celle des hommes envers ceux de ton engeance était bien pire encore. Tu endurais chaque minute de ce calvaire en priant intérieur que ce soit la dernière et qu'on finisse par te laisser en paix. Mais le temps passait, chaque seconde te mutilant davantage que la précédente et moins encore que la suivante. Tu étais prisonnier de cet enfer, incapable d'en sortir. Un nouveau coup te touche au visage et tu entends ton nez craquer. Ton épaule se disloque, un large hématome commence à naître au niveau de tes côtes dont plusieurs se rompent. Quand enfin ils semblent s'être lassé de ton tourment, il t'abandonne là, par terre, dans le froid vétuste de cette ruelle sordide où Travis te retrouve finalement. Mais absous de ta douleur et de la souffrance intense qui secouait tout ton corps, tu perds connaissance en murmurant un seul nom :

"Sanders ..."



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Dernière édition par Lucius A. Malfoy le Lun 11 Mar - 16:41, édité 1 fois
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Sanders A. Dolohov


Disobedience that holds us together
Sanders & Lucius

« Pain and suffering are always inevitable for a large intelligence and a deep heart. »
Je fronce me sourcils fatigués d'une frustration extrême. Le service est calme et à cette heure là, rien de plus naturel. Les urgences bougent beaucoup, c'est bien vrai, mais alors que la soirée est bien entamée, les malades résidant à Sainte Mangouste commencent à sombrer dans un sommeil profond s'ils ne somnolent pas déjà. Et là, assis derrière le bureau des appartements du médicomage de garde à mon niveau, j'essaye vainement de me concentrer, profitant de l'apaisement de la nuit pour travailler un peu. Ce n'est guère un appartement à vrai dire. Il s'agit d'un bureau et à l'arrière d'une chambre avec une salle de bain et c'est tout. S'il faut manger, la cafétéria de l'hôpital nous approvisionne correctement. Je pourrais dormir, mais je n'y parviens toujours pas. Et pourtant, j'ai eu quelques jours mouvementés qui m'ont mis les nerfs à vif et l''attention à rude épreuve. Après la libération de Remus où il a fallu courir pour faire les allers retours entre Sainte Mangouste et mes obligations de médicomage, les cours des apprentis, et les membres de l'Ordre à soigner, est venu l'attaque des mangemorts qui a provoqué des pertes effroyables et d'autres blessures. Puis s'est ajouté Hannah, ramenée par Severus et j'ai cher payé le transfert d'énergie. Il a fallut faire comme si de rien n'était, continuer à vivre au rythme des gardes, du manoir des Dolohov et des missions de l'Ordre du Phénix. Mais si cela avait été le simple résumé de ces dernières semaines, je crois que je m'en tirerais plutôt bien. Si cela...

Son visage flotte doucement en transparence, aveuglant les lignes d'écritures que je parviens tout de même à tracer. Il est des mystères qui vous hantent et des sentiments qui ne vous quittent pas. J'ai ce souvenirs très précis et flou à la fois des heures passées jusqu'à ce que la nuit soit vieille et laisse presque place au matin, de l'odeur du vodka martini et de la saveur âcre sur ses lèvres, du toucher de ce croc de dragon si chaud, et de son touché, à lui. Sa voix aussi, résonne dans ma tête, langoureuse, virevoltant dans mes pensées volatiles. Je n'ai cessé de voguer entre milles et une suppositions, à me torturer l'esprit. Je n'ai pas cherché, puisqu'il ne m'aurait pas laissé trouver, mais l'intrigue est allée jusqu'à l'obsession. Et sans interroger qui que ce soit, j'ai déjà compris que le sorcier n'était qu'un mystère de plus. Luce... Ce doux nom ne cesse de toquer à ma porte, dans chaque espérance d'une nouvelle rencontre fortuite. Mais il n'y a que la déception pour venir me trouver et trouer mon âme d'une incertitude insupportable. Il n'existe pas de sorcier qui porte ce patronyme et qui corresponde un tant soit peu à la description de l'homme que j'ai rencontré. Et de même qu'il est insaisissable, je me demande pourquoi encore.

Mon Histoire de la médicomagie des runes n'avance pas beaucoup ce soir là. Je me demande ce qui m'empêche parfois de retourner au Parfum puisqu'il obsède tant mes pensées. Mais c'est un endroit dans lequel je ne me rends pas naturellement. Je ne suis peut être bon qu'à rêvasser. Ma plume gratte le parchemin frénétiquement. Je me surprends à travailler, les pensées ailleurs. La lumière des bougies éclaire à peine le bureau. Je préférerais passer mes temps de garde dans mon propre bureau et non là. Mais s'il y a une urgence, il ne faudrait pas que je sois introuvable et c'est bien le premier lieu où le protocole me demande d'être. Je ne dérogerai pas à cette règle de sécurité. On vient me chercher pour faire un tour et je délaisse mon oeuvre en cours. J'attrape ma cape de médicomage, que je ne sois pas surpris à devoir faire un soin en vêtement civil. J'ai tracé à l'intérieur du vêtement, des runes et également fait filer le tissus de crins de licornes pour une meilleure protection. Les poches sans fonds, agrandies par un sortilège, me permettent d'avoir à portée de main n'importe quel outils, ingrédients ou autre dont je pourrais avoir besoin. Les patients, pour certains, s'agitent quelque peu. Rien d'alarmant cependant. Je calme une jeune sorcière qu'un accident de chaudron a laissé avec un troisième bras qui ne cesse de repousser. Le service des blessures par accident n'a pas encore trouvé la solution pour le retirer définitivement et le soucis, c'est surtout qu'il se trouve trop proche du coeur...

Le coeur. Comment un organe peut à ce point être disloquer et battre encore de sa pleine vie ? Je n'ai le temps d'essayer de trouver une réponse que deux urgentistes arrivent en courant. Ysoline et Jeremiah. Un homme est à côté d'eux et mon corps se raidi. C'est le patron du Parfum... Que ? Que fait-il ici ? Et bien portant apparemment. Je donne le calepin de notes à Seleny, l'interne de garde qui m'accompagnait, demandant à la sorcière de continuer le tour avec les infirmières. Je m'approche du trio avec une  inquiétude grandissante en sentant celle de Travis. Chaque infime soubresauts qui le parcourent résonnent sombrement en moi et je sers les dents, restant d'apparence de marbre. Et ce malgré toute la nervosité frémissante qui me prend. Chaque pas claque dans le couloir qui me parait interminable alors que je n'avais qu'une dizaine de mètre à parcourir. Mais les quelques secondes qui trépassent entre le moment où ils sont venus vers moi, moi vers eux et celui où nous nous sommes enfin rejoins, me semblent plus éternelles encore qu'une éternité.

- On a un blessé. Stupefix, doloris, coups et trauma...
- C'est monsieur Luce ! Devant mon établissement. Il a demandé après vous. Mais je ne savais pas que vous travailliez ici, c'est une chance. Si l'on choppait les Doxys qui ont fait ça, ces parasites, je suis sûr qu'il s'agirait de l'Ordre du Phénix ! Le ministère ne devrait pas avoir à gérer ces terroristes et...

Je lève une main, pour calmer l'homme et le remercie. Je lui assure d'une voix assurée que l'on s'occupera très bien du sorcier. Le tenancier hoche la tête, encore affolé, et je lui propose d'aller prendre un quelconque breuvage chaud afin que le stress qu'il a accumulé redescende doucement. Et un peu de chocolat ne lui ferait pas de mal. De nouveau, il hoche la tête et s'en va, les épaules abaissées du poids du fardeau qu'il a l'impression d'avoir porté. C'est sans doute un autre homme qui croit aveuglément ce qu'on peut lui faire croire et qui est si fier de sa magie qu'il n'imagine pas remettre en question que cette spécialité ne fait pas de lui quelqu'un de spécial et encore moins quelqu'un de supérieur. Il est si facile de le croire, non ? Et de mépriser les moldus, et donc les nés moldus, et puis encore les mêlés ! Ce qu'il a dit, à propos de l'Ordre, m'a fait froid dans le dos. La propagande est si répandue et il est si aisé de s'y fier en toute conscience. Nous redescendons au service des urgences, le coeur tremblant pour moi, les autres seulement pressé. Je me demande un instant pourquoi les deux urgentistes ont jugé bon de devoir me prévenir moi. Il est vrai que je suis ce soir le médicomage de garde en chef, celui qui prend les décisions, mais d'autres collègues étaient là, donc un au service des urgences, justement. Mais l'évidence est que Travis a dû raconter, justement, les derniers moments de conscience de Luce et si le sorcier a évoqué mon nom... Il n'y a pas beaucoup de Sanders dans le monde sorcier alors pourquoi pas ? Je songe qu'il devient de plus en plus intriguant et dangereux de plonger tête baissée et coeur volontaire dans cette histoire. Ysoline pousse une porte.

- Il est là.

Je frémis, me gardant bien de l'exprimer. Mon coeur palpite plus fort quand je vois Luce étendu sur un lit, des bleus sur le visage, le sang bafouillant son nez pourtant si droit et tachant ses cheveux blonds, sa barbe drue et son sourire ce soir inexistant. Ses paupières fermées me rappelle son inconscience. Je me sens prêt à chavirer et je me reprends sur le champ. Je me morigène. Ce n'est certainement pas le moment de flancher. Baguette en main, je commence mon inspection, aider des deux urgentistes. Arrivé à son visage, je murmure :

- Episkey !

Le nez se remet, puis quand je réitère le sort sur l'épaule, un crac résonne avec écœurement dans la salle. Nous passons quelques minutes à ressouder les côtes. Je sors de mes poches un onguent que je pose sur la tablette à côté du lit.

- Bon, on a fait le plus important. Vous pouvez partir, je vais finir. Ysoline ? Allez me chercher un peu de Poussos. Il y en a dans la réserve du quatrième étage.

Le sorcier et la sorcière quitte la pièce. Ysoline part vers les escaliers et Jeremiah referme la porte derrière lui. Je me retourne précipitamment vers Luce, avec une joie mêlé d'une panique à l'idée que nous sommes seul. Je découpe le haut de sa robe d'une sortilège. L'opération a pour but de dégager son torse pour qu'il respire mieux et que je puisse apposer l'onguent réparateur. Je fais à base d'une potion et il est extrêmement compliqué à réaliser  ; il en résulte une certaine efficacité qui justifie l'ardeur. L'homme respire doucement et je m'assois posément sur le lit, à ses côtés.

- Enervatum.

Le murmure porte son charme et les paupières de Luce battent doucement faisant papillonner mon coeur d'étranges sentiments. Les siens commencent à se ressentir plus vivement et cela me rassure d'une certitude qui était pourtant évidente : il n'est pas froid comme la mort. Je pose une main bienveillante et douce sur son sternum, ne pouvant éviter de regarder ses pectoraux et imaginer ce que le tissus cache. Il s'agite.

- C'est moi. Chuuut, c'est bon, tu es à Sainte-Mangouste.

Le tutoiement m'est revenu alors que nous l'avions abandonné, après la montée de l'adrénaline et des émotions exponentielles. Mais la situation a de nouveau changé et cela me serait insupportable de garder une distance quelconque comme le vouvoiement. Pas maintenant. J'attrape l'onguent bleu et l'applique sur les côtes malmenées, les blessures et les bleus, ces injures effroyables Une chaleur fourmillante se répand dans le corps de Luce et je suis à même de la percevoir. J'essaye de ne pas songer à la sensation électrisante de sa peau contre la mienne...

(c) DΛNDELION

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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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Tu ne t'es pas senti sombrer dans l'inconscience et tu ne saurais dire combien de temps à passer avant que tu ne reviennes à toi. Le Stupefix était toujours efficace quand tu réalises que tu ressens à nouveau chaque nerf de ton corps qui bruissent et froissent entre les mains expertes du médicomage qui déchire ta robe de sorcier. Tes paupières restent obstinément closes mais tu perçois la douleur qui t'assaille et te dévore avec avidité. Ton nez craque brusquement et ton épaule se disloque à nouveau dans un énorme bruit qui te donne la nausée. Tu aurais hurlé si tes lèvres n'étaient pas murées dans un silence salvateur. Tu gardes au fond de la gorge l'essence de ses cris qui dégueulent de tes entrailles en feu. Les paumes sont agiles sur ton torse, et tu sens chaque côte se ressouder dans un grincement sordide qui fait écho aux battements frénétiques de ton coeur malmené par tant de souffrance. Tu ne peux rien voir mais tu sens chaque frémissement autour de toi, tu entends chaque feulement de tissu qui virevolte près de ton corps allongé sur un brancard inconfortable. Tu devines sans mal qui est celui qui prend un soin méthodique à réparer chaque fracture, à soigner chaque plaie et à bander chaque hématome. Tu n'en as pas la preuve car tu ne peux encore ni bouger ni voir, mais tu le sais. Cette certitude est ancrée en toi avec une férocité vindicative qui te donne envie de te battre. Tu sens la morsure brûlante de chaque blessure faire saillie sur ton corps abîmé et il est bon pour ton ego qu'on ne puisse t'entendre hurler à loisir. Finalement, les bruissements des autres personnes qui t'enrouaient s'estompent puis se taisent. Il n'y a plus que lui, tu le sens, tu le sais. Tu entends la formule du contre sort et immédiatement, tu te sens à nouveau maître de ton corps. Tes yeux bleus polaires sous la forme de Luce s'ouvrent brusquement.

Tu vois flou et il faut que tu papillonnes plusieurs dizaines de secondes pour distinguer les contours de Sanders qui se tient à ton chevet. Bientôt, les contours se remplissent et le corps du médicomage récupère toute sa substance. La douleur est toujours aussi vive mais cette fois, tu ne peux compter que sur toi pour maîtriser tes réactions. Tu sens l'air froid de la salle d'examen qui refroidit ton torse que fixe étrangement le brun. Tu commences à t'agiter un peu et immédiatement la souffrance qui t'assaille te laisse pantois et t'oblige à te tenir tranquille. Tu penches juste la tête, la redressant pour contempler l'étendue des dégâts sur ta poitrine. Tu as la tête qui tourne et les vertiges te forcent à rester allongé. Tu as aperçu néanmoins plusieurs gros hématomes, des ecchymoses et une zone tuméfiée où les côtes devaient avoir été cassées avant les soins de Sanders. La nausée s'empare à nouveau de toi et cette fois, tu plisses fortement les paupières en remontant tes jambes sur ta poitrine, te recroquevillant sur le côté, faisant dos à Sanders. Le mouvement a été si douloureux que tu t'es mordu furieusement la langue pour ne pas émettre ce râle de souffrance honteux. Le sang coule dans ta bouche et borde tes lèvres déjà tuméfiées par les multiples coups. Tu sens le liquide âcre glisser à la commissure et dévaler ton menton pour tacher ce qu'il reste du tissu de la robe de sorcier vert émeraude. La nausée passe au bout de quelques secondes et tu te déplies à nouveau, retrouvant la position allongé sur le dos que tu arborais avant d'être pris à la gorge par cette envie de vomir. Les mots de Sanders ne sont pas rassurant, c'est plutôt sa voix qui l'est. Sainte Mangouste. Cet endroit effroyable dans lequel tu détestais mettre les pieds, toi qui n'y était pas revenu depuis l'accouchement de Narcissa qui restait dans ton esprit comme un souvenir épouvantable. Tu serres les dents et la plaie sur ta langue saigne de plus belle.

"Ssss ..."

Tu cherches à l'interpeller mais ta bouche est trop tuméfiée pour pouvoir te permettre de t'exprimer correctement, ce n'est qu'un persiflant essai qui retentit lorsque tu veux seulement prononcer son nom. Le goût du sang amer sur ta langue te redonne la nausée et tu gonfles les joues pour réprimer l'envie de rendre qui saisit tes entrailles. Chaque contraction de ton abdomen lance dans tes côtes des milliers d'aiguilles chauffées au rouge et la fragilité de ta cage thoracique ne semble pas de taille à supporter des assauts d'une telle brutalité. Il faut que tu te tiennes tranquille, tu le sais sans qu'il n'est besoin de te le dire. Puis finalement, tu sens une paume brûlante caresser ton torse avec une matière douce et fraîche qui fait un choc thermique avec ta peau lésée. C'est un effleurement d'une douceur sans nom qui permet d'appliquer un onguent dont le parfum étonnant parvient à tes narines. Tu inspires de longues bouffées de cette odeur médicamenteuse qui pourtant t'apporte une sorte d'apaisement. Tu ne saurais dire la magie qui se trouvait dans ce baume mais il n'agissait pas que sur ton torse contusionné. Lentement, tu déglutis le sang caillé qui te reste en bouche, portant ta main à ton menton pour en essuyer les coulures. La tête te tourne encore et chaque mouvement paraît une nouvelle épreuve à surmonter. Tout ton corps est engourdi par l'onguent magique que Sanders a appliqué. Tu aimerais qu'il t'en mette partout pour épancher ses douleurs atroces qui tordent tous tes muscles. Tes yeux gonflés par les coups ne voient pas nettement la pièce dans laquelle tu te trouves. Il se porte seulement sur le visage bienveillant de cet homme pour qui tu étais sorti ce soir, que tu avais voulu retrouvé au péril presque de ta vie. Tu soupires.

"Merci."



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Dernière édition par Lucius A. Malfoy le Lun 11 Mar - 16:39, édité 1 fois
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Mes mains appliquent méthodiquement l'onguent sur le torse de Luce et je ne sais comment font mes doigts pour ne pas trembler d'émotions. Professionnellement, je continue de soigner le sorcier, sans laisser place au trouble qui m'habite pourtant complètement. Le contact froid de la crème bleue laisse des frissons naître doucement. L'apaisement doit être salutaire pour une souffrance qui paraît grande. Les contusions sont nombreuses, les hématomes ont eu le temps de prendre des couleurs intenses. Bien sûr, nous avons ressoudé ce qu'il y avait à ressouder, mais il n'en reste pas moins que  les blessures sont encore visibles et sans aucun doute douloureuses. Je ressens parfaitement, d'ailleurs, les nerfs irradiés, mais je parviens à laisser cela sur le côté, pour ne pas me laisser submerger. Je pourrai, me laisser emporter par la vague, mais ce n'est pas les élancements qui me noieraient. Je sens que mon cœur palpite difficilement et j'ai le plus grand mal à discerner s'il s'agit seulement de moi ou si la présence de Luce affecte autrement mon être. C'est une question difficile. J'éprouve tant de choses à la fois que parfois je m'égare dans ces sensations multiples et j'en perds les limites de ma personne.

Le remerciement faible du sorcier me laisse un goût d'amertume dans la bouche. Je sais qu'il ne s'agit pas de pitié, mais d'une empathie autre que mon don. Une compassion peut être, ou du moins la volonté qu'il s'agisse de moi, allongé sur ce lit, la respiration difficile et le corps tuméfié. Qu'il ne soit pas à me regarder, les yeux encore pleins d'une affliction physiquement insupportable. Que de nous deux, finalement, je sois celui qui souffre. J'ai toujours constaté en moi la plus grande difficulté à contempler la souffrance d'autrui, préférant clairement la mienne. C'est une des raisons et non des moindres pour laquelle j'ai choisi cette voie. Mais je sais pertinemment que c'est à double tranchants. Non pas que je risquerai de ne pas satisfaire mon besoin de voir cette désolation disparaître, mais de m'infliger en compensation le mal que je ne supporte pas, pour éviter qu'il soit ailleurs qu'en moi. Cela me perdra un jour, sans doute, avec une facilité déconcertante. Je pourrais me laisser glisser dans un martyre que je ne souhaite pourtant pas sans aucun souffle de protestation de ma part. La logique voudrait que mon instinct de survie soit bien plus développé que cela, mais je n'ai que peu d'auto-préservation. Alors à voir cet homme qui remue mille et une chose au plus profond de moi déjà, je sens que je suis prêt à imploser. D'un coup de baguette, je dégage sa trachée et sa gorge de tous ce sang agglutiné qu'il n'a pu effacer avec une toux affligée et l'aide à s'adosser tranquillement. Je me pose moi même sur le bord du lit. M'armant d'une compresse imbibée d'eau et d'essence de Murlap, je nettoie consciencieusement ses plaies et contusions.

- Que s'est-il passé ?

Ma voix n'a pas tremblé, mais il s'en est fallut de peu. J'écarte les tissus qui me gênent, essayant de ne pas penser à ce corps que je découvre et que j'aurais aimé découvrir autrement. Je rougis de cette idée et une chaleur étrange se déverse dans mon corps. Je n'ai jamais été hardi  de ce côté là et l'indécence de ce que je ressens à présent me fait me stopper. Je n'arrive plus à esquisser le moindre geste. Essayant vainement de reprendre mon calme alors que mon sang circule à cent à l'heure, battant fortement dans mes temps, je repose délicatement la compresse sur le côté. Mes doigts frissonnants viennent avec légèreté décaler les cheveux qui tombent quelque peu sur le visage du sorcier. Et sous un choc quasi électrique, je retire ma main que j'attrape au poignet avec l'autre, un air parfaitement abruti sur le visage.



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Dernière édition par Sanders A. Dolohov le Mar 19 Fév - 21:01, édité 1 fois
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Tu te redresses. Ce n'est pas que grâce à ta propre force que tu parviens finalement à t'adosser contre le brancard remonté, seulement parce que Sanders a soutenu tout ton torse en apposant ses paumes de part et d'autre de chaque vaste confusion. Tu t'es reposé sur sa poigne pour glisser tes fesses contre le dossier et laisser reposer ton dos meurtri en soufflant une haleine rendue âcre par le sang qui coulait dans ton arrière gorge. Il faut plusieurs longues minutes de silence pendant lesquels Sanders couvre chaque plaie d'une compresse brûlante qui attise la douleur un moment avant que tu ne ressentes finalement un immense soulagement. Tu t'appuies complètement contre le brancard, incapable de maintenir la position qui tire sur ton abdomen où siège un hématome en regard du foie. Tu imagines que si tu es encore dans cette salle de consultation sordide et pas dans un bloc opératoire c'est que les blessures n'ont été que légères et que rien ne nécessitait une prise en charge chirurgical. Tu serres les dents et déglutis difficilement, l'amertume sur le plat de ta langue relançant cette nausée qui ne semble pas vouloir te laisser reprendre des forces. Tes idées cherchent à se regrouper et s'assembler pour faire une synthèse assez exhaustive de la situation. Au début, tes souvenirs sont nébuleux, et tu es incapable de te rappeler ce qu'il a bien pu se passer. Et puis peu à peu, le flou s'efface, comme chasser par des bourrasques de vent clair, et tu reposes des images sur ce qui t'était arrivé. Tu grimaces en posant une paume sur ton ventre, laissant Sanders chasser une mèche rebelle de devant tes yeux polaires. Tu ne perçois qu'à peine le trouble dont il semble faire preuve, sa main saisissant finalement son poignet pour l'empêcher de s'égarer dans une caresse qu'il jugerait surement déplacé.

Tu avales encore ta salive comme si elle était épaisse et âcre de sang coagulé. Tu revois Le Parfum, la devanture élégante qui ne dissimule pas l'orientation équivoque du lieu et des individus qui viennent le visiter pour y passer un agréable moment. L'homosexualité est loin d'être parfaitement accepté chez les sorciers, encore moins dans les familles de sang purs, mais pour autant, l'époque aidant, la tolérance était davantage de mise et l'établissement avait pu ouvrir à la croisée de l'allée des embrumes et du chemin de traverse. Il n'était pas rare que des détracteurs soient à l'affût mais le service de sécurité du Parfum était suffisant pour les laisser à leur place. Tu n'avais jamais été la cible d'aucun quolibet et tu n'avais pas été victime de ces sorciers mal famés qui ne supportaient pas ta différence. C'était pour garder une forme de tranquillité que tu prenais du polynectar et ne te montrait jamais sous ta véritable apparence. Le scandale de savoir que le grand Lucius Malfoy, directeur du département des familles sorcières et du sang au ministère, imminent Mangemort, fidèle du Lord de la première heure, unie à la cadette des filles Black, était une vulgaire tantouse. Tu avais fais le choix de préserver ton intimité et tes choix au péril de la liberté d'être parfaitement toi même. Tu mords un peu la lèvre tuméfiée qui palpite dans ta bouche et tu presses l'hématome entre tes dents comme pour prendre pleinement conscience de ce qui s'était passé au Parfum. Tu étais paré de ton habituel manteau en peau d'hermine blanche, tes cheveux moins longs et moins blonds que ceux que tu portais de coutume, ramassés en arrière par de la gomina, ta barbe râpeuse de quelques jours parfaitement soignée, ton corps plus massif et plus carré arborant une magnifique robe de sorcier émeraude. Tu fermes un moment les yeux, effaçant une larme qui menace de couler du creux de ton oeil.

"J'étais au Parfum."

Chaque mot est plus difficile à articuler que le précédent et il te semble impossible d'arriver à raconter la totalité de l'histoire qui t'était arrivé. Ton cerveau paraissait fonctionner au ralenti et ta bouche peinait à formuler les phrases qui s'énonçaient dans ton esprit. Les images de la soirée te revenaient par flash d'une violence insoutenable et la nausée qui secouait tes entrailles participaient à ta volonté de garder la bouche fermée. Mais tu devais une explication à Sanders, lui qui avait pris soin de toi, qui t'avait soigné et qui avait réussi à te remettre -presque- sur pieds. Un éclat perce le jour dans ton esprit et tu imagines ce qui se serait produit si ce soir, tu étais sorti du Parfum au bras du médicomage. Les coups auraient plu sur vos deux corps aux paumes entrelacées ... La simple évocation mentale d'une telle agression te retourne l'estomac et te laisse rendre son contenu en te penchant de l'autre côté du brancard. La vomissure tache le sol et tu t'excuses en cherchant presque frénétiquement ta baguette magique pour nettoyer tes saletés. Tu réalises finalement qu'elle n'est pas à ta portée. L'angoisse te saisit à la gorge et tu papillonnes en serrant les mâchoires avant de sauter en bas de ton brancard. Tu scrutes rapidement des yeux toute la salle et trouve finalement un petit tas d'affaires déposé dans un coin sur un chariot en métal. Tu te rues à sa portée, secouant sans précaution ce que tu reconnais comme la cape en hermine maculée de sang et de crasse. Finalement, tu trouves la baguette au manche orné d'un serpent aux yeux d'émeraudes. Ton coeur semble pouvoir recommencer à battre normalement. Tu fourrages un moment dans les poches du vêtement et en extirpe une fiole dont tu bois une gorgée, du polynectar, de quoi protéger ta couverture malgré les vomissements incoercibles qui t'ont secoué l'abdomen auparavant.

Tu contournes le brancard, laissant une paume passé le long des épaules de Sanders. Ton pas est fébrile, chaque mouvement semble te coûter excessivement cher en énergie et en souffrance. Tu serres les dents et te penche pour lancer un rapide sortilège de récurage qui nettoie le sol. Tu gardes ta baguette farouchement serrée contre ton torse en remontant sur le brancard, comme pour t'assurer qu'elle est bien là, près de toi, intacte. Si les brutes qui t'avaient agressé l'avaient repéré, ils l'auraient surement réduite en cendres. Tu n'auras jamais pu supporter un tel acte qui serait resté impuni car ta couverture t'empêchait de recourir aux sanctions qu'encouraient une agression pareille à l'encontre de ta personne. Tu déglutis un goût infecte de bile, de polynectar et de sang coagulé, bien loin de l'arôme suave et délicat des trois vodka martini avec olives que tu avais dégusté auparavant. Tu matérialises d'un mouvement délicat du poignet un verre de vodka pur que tu avales d'une traite pour te remettre les idées en place. Un second, un troisième, de quoi te donner le courage d'affronter les images insoutenables de la fin de soirée. Ta bouche désinfectée par l'alcool tremble un peu et tu claques intempestivement ta langue pour reprendre de la constance. La tête te tourne un peu mais le courage revient gonfler ta poitrine avec une force insoupçonnée.

"J'étais venu en me convainquant que ce serait le seul moyen de te retrouver. Je t'ai attendu dans le petit salon, j'ai bu quelques verres et j'ai conclu que tu ne viendrais surement pas. Alors j'ai voulu rentré chez moi. Lorsque je suis sorti, le videur n'était pas là, occupé à l'intérieur avec deux amants un peu trop expansifs. J'ai salué Travis et je me suis retrouvé face à face avec cinq hommes vêtus de cagoules. J'ai d'abord cru à des membres de l'Ordre du Phénix et puis finalement, il s'avère que ce n'était que des casseurs de PD. L'un m'a stupefixé par derrière et ils sont tous arrivés sur moi pour me cogner, me frapper, et m'envoyer des Doloris. Lorsque la douleur est devenue insupportable, je me suis évanouie. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé après cela ni comment je suis arrivé ici."



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Dernière édition par Lucius A. Malfoy le Lun 11 Mar - 16:39, édité 1 fois
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Sanders A. Dolohov


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Sanders & Lucius

« Pain and suffering are always inevitable for a large intelligence and a deep heart. »
Le récit de Luce commence dans une voix tremblante et s'évanouit dans un jet refluant la douleur du souvenir. Le dégoût ne m'effleure même pas, je ne fais que contempler la misère qui pousse son corps à l'extrême. La honte qui le prend est celle qui provoque mon écœurement. Ce n'est pas une faute qu'il a commise. Se rendre au Parfum n'a rien de rabaissant, mais je sais que je suis sans doute une exception à penser cela. Je songe que décidément, la société est bien cruelle avec la différence et plus encore depuis la montée au pouvoir de Lord Voldemort. Mon cœur s'étreint d'une peine incommensurable quand je vois ses efforts pour dissiper l'acide constatation qui a éclaboussé le sol. J'aimerais lui dire que cela n'a pas d'importance, qu'il n'a pas à en rougir, même si la carnation de ses joues m'est agréable à regarder. Mais je garde un silence obstiné, avec la peur de faire plus de mal que de bien. Et cela m'est insupportable. Son corps meurtri contourne le lit avec une grâce blessée pour se saisir de ses affaires. Tremblant, je le vois avaler un liquide dans une flasque que je sais supposer à tort être un remontant. Si cela était, que l'on me pointe du doigt. Je ne suis pas médicomage pour rien et je sens un secret qui me dérange et m'intrigue à la fois.

Quand Luce rejoint le lit, toute trace de disgrâce effacée, je me cantonne dans mon mutisme. C'est encore à lui de jouer et j'en suis bien conscient. Mais le geste qu'il avance perturbe mon âme. D'un coup de baguette, il se noie dans l'alcool pour trouver le courage et faire disparaître l'amertume de la bile. Je pince mes lèvres instinctivement. Je n'aime pas le goût sulfureux des spiritueux, mais je déplore surtout leurs effets et la tendance des hommes à courir s'y réfugier. Une bouffée de force le prend après ce coup de fouet et je me garde de le lui reprocher. Ses paroles me glaceraient le sang si elles n'étaient pas finalement si banales. Les agressions sont quotidiennes, de nos jours. Et il peut s'agir de la jeune fille souriante qui vous ouvrait la porte de la librairie Fleury & Bott, du petit garçon qui vous a bousculé un jour, de cet homme silencieux qui œuvrait tranquillement. Il n'y a pas de critère si ce n'est cette différence qui effraie. Et en ce moment, le stigmate va d'abord aux nés-moldus et aux traîtres à leur sang, mais il glisse aisément aux homosexuels, aux créatures magiques, à tous ceux qui portent en eux un décalage face à la suprématie des sangs-purs.

Je me lève et lui tourne le dos. Mon corps tremble d'un sentiment que je refuse encore. Ce n'est pas vrai, Sanders ! Ce n'est pas le moment, si ? Je regarde le sol avec une obstination qui ne connait pas de frontières. Les lignes du motif de bois s'entremêlent dans un dessin qui porte à la fascination. Je voudrai m'y perdre, plutôt que de m'égarer dans ce cœur léger qui s'envole lourdement. J'ose songer à la portée de ce qu'il a proféré. Ses paroles graves sont déjà loin, ne reste que le futile auquel s'accroche mon cœur. Et le ventre renversé d'une incertitude soudaine, j'appuie mes paumes contre une table. Le contact me ramène à terre, comme une douche froide pleine de désillusions. Ce n'est qu'un risque de plus, une grossière difficulté. Pourquoi alors, suis-je prêt à cela ? Je déborde de peur. Mon refus de céder se bat et bat dans mes tempes en ce sang qui se retourne, brûlant. Quand je retourne à mon patient, je reste froid, professionnel. Ma baguette parcours à nouveau son corps, évaluant méticuleusement les effets de l'onguent. D'un murmure persistant, j'influe sur la potion, défroissant les muscles qui se détendent aussitôt, refluant le sang qui douloureusement restait. J'y apporte une application telle que cela me parait un affront à l'homme qui est allongé là. Si ce n'était qu'un patient quelconque, je ne lui refuserais pas un regard. Mais mes yeux s'y perdraient...

Et ils s'y perdent quand j'accroche son visage ayant repris des couleurs. Ma main se serre autour du pommeau de ma baguette, crispée d'émotions. Non... Je n'ai pas le droit. Je ne peux pas. Je ferme un instant les yeux et les secousses qui m'agitent redouble. Quand je les rouvre, à peine une seconde après, c'est comme si le monde avait basculé, changé du tout au tout. Le regard qui me fait face chamboule mon univers établis. Je tremble plus encore, jusqu'à ce que ma baguette m'échappe. Il est venu au Parfum... Là n'est pas l'importance. L'importance réside dans la raison de sa venue. Luce. Luce y est allé pour me retrouver. Me retrouver. Je ne peux pas. Je ne suis pas assez fort pour cela. Je ne suis pas...

- Tu n'aurais pas dû.

La surprise me prend moi-même. C'est une voix hargneuse qui est sortie, comme une attaque d'une violence infinie. Comment en suis-je arrivé à une telle extrémité ? Je détourne à nouveau le regard. Et quand il revient sur le sorcier qui détruit mes repères, c'est comme une ébauche de larmes qui se met à briller au coin de mes yeux, aveuglant mes sens.

- Pardon. Ce n'était pas correct de dire cela. Je...

Encore une fois, ma voix s'égare dans cette fébrilité insupportable. Je m'assois sur le rebord du lit et saisi brusquement le col de sa chemise des deux mains. Je le rapproche de moi avec une rage que je ne comprends pas. Mes yeux brûlent dans les siens. C'est une folie. Pure folie. Une violence qui ne me ressemble pas, ce refus encore, ce malaise face à l'impudence de mes sentiments. Je voudrais lui dire de partir, qu'il n'a rien à faire ici. Que je n'en vaux pas la peine et que je ne peux prendre ce risque. Qu'il y a d'autres vies en jeu et que si Père découvre cela en plus du reste... Que des excuses. Je le relâche et contemple mes mains, effrayé. Je ne comprends pas ce qu'il se passe moi qui ai toujours réussi à garder mes barrières levées et qui les vois s'effondrer brusquement...
(c) DΛNDELION

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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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