There is no such thing as melancoly and the perfum of Roses | Sanders & Sulpicia


Forum RPG Au temps des Marauders; 1982 - Grande-Bretagne sous la soumission de Lord Voldemort; contexte evolutif; Avatar réels;

 

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 There is no such thing as melancoly and the perfum of Roses | Sanders & Sulpicia

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Sanders A. Dolohov


There is no such thing as melancoly and the perfum of  Roses
Sanders & Sulpicia

« I JUST WANT TO HAVE YOU NEAR ME, HEART BY HEART, LIPS ON LIPS, HAND IN HAND, EYES TO EYES... BUT I KNOW THAT DREAMING IS LIKE LEAVING AND NOT LIKE  LIVING, AS MUCH AS THOSE WORDS SOUND  THE SAME.  »
21 décembre 1981.

Mes yeux sur le plafond détaillent les motifs du bois qui s'entrelacent en de complexes arabesques. J'essaye d'y voir autre choses qu'un imbroglio de choses qui reflètent les vicissitudes de la vie. Je ne suis pas d'humeur à songer à autre chose que les nœuds formés, au lieu d'y voir des constructions magiques ou je ne sais quoi. Mon imagination se ternie, aujourd'hui, aux sombres couleurs de cet aube naissante. Le soleil qui se lève n'a rien à pâlir face aux autres matinées. Il n'y a que la date qui met sur mon cœur un voile triste. Je voudrai déjà être demain. J'ai de moins en moins le courage d'affronter ce jour funeste, comme un anniversaire cruel de l'amputation d'une partie de mon être. Je n'ai même pas besoin de regarder le calendrier pour savoir que nous sommes bien à la bonne date : mon corps porte en lui comme un rappel incessant, un mal être puissant. Là, allongé sur la couverture en patchwork sans doute cousue par  Molly, dans l'une des chambres du quartier général de l'Ordre du Phénix, une bile amère remue dans mon ventre, remontant dans ma gorge. J'ai la nausée de l'air qui passe dans mes poumons. Je n'ai même pas envie de lever ce corps avachi. Une enclume siège dans mon ventre et m'accroche à ce marasme violent dans lequel je me sens embourbé. Je ne comprends pas pourquoi, au fur et à mesure des années qui passent, cela n'est pas plus facile. La cruauté du souvenir brûle mon esprit.

Je n'ose  pas fermer mes paupières plus qu'il n'est nécessaire. C'est que j'ai l'impression que  son image froide s'imprimerait derrière et ne me quitterait pas. Je peux encore voir son corps souillé de sang, pâle comme la mort qui me l'avait enlevée, allongé sur la table d'autopsie. Je peux sentir encore ma baguette dans ma main et le formulaire d'autopsie dans l'autre. Je me concentre pour me sortir de ce lit tout autant que je souhaite me sortir de ce passé. Je parviens à m'asseoir sous l'accablement qui ne veut pas me lâcher. J'ai l'impression de porter un monde mort sur mes épaules. Je ne suis pas fait pour ce fardeau accablant. J'en porte déjà tant d'autres. Je ne saurais me plaindre de cela, mais je ne supporte pas ceux qui me concernent. C'est qu'encore une fois et parmi tant d'autres considérations, je n'en vaux pas la peine. Je prends sur moi pour descendre lourdement les escaliers qui me mènent nonchalamment à la cuisine. Je cache mon anxiété derrière un air d'une fatigue extrême. Comme je me suis épuisé récemment, en essayant d'aider Hannah, je crois que personne ne me reprochera les traits tirés, le sourire de surface et les yeux humides. Cela peut simplement passer pour une lassitude profonde.

L'odeur du thé me revigore quelque peu et le goût amer du breuvage me réchauffe la langue et le corps. J'ai du mal à le sucrer, depuis qu'elle n'est plus là. C'était elle, qui avait ajouté ces pierres au sirop d'érable et apporté un peu de douceur dans cet océan d'amertume. Mais elle n'est plus là pour le faire. Les notes citronnées de la bergamote m'emportent plus loin encore dans cette mélancolie cruelle avec un arrière goût de tanin. Mes deux mains collées à la tasse l'enserrent comme s'il fallait se tenir à quelque chose ou sombrer définitivement. Je laisse les minutes couler, avec l'impression de couler un béton autour de moi qui bientôt m'étouffera. Je n'ai même pas une garde prévue à Sainte-Mangouste pour n'être plus que le médicomage et non plus Sanders avec ce cœur qui souffre. Je me fuirais volontiers dans ce travail acharné, si je le pouvais. Mais cette année, je suis contraint de m'affronter toute la journée, dans une pleine conscience qui me laisse un sentiment de rancœur que je ne désire pas. J'ai dormi au quartier général pour une bonne raison. Je crois qu'aujourd'hui en particulier, je n'aurai pas pu traîner au manoir de Foxhill et tomber sur lui. Rien que de penser que j'aurais pu faire face au regarde de Père révulse mes entrailles qui me promettent pour la journée une nausée tenace et des maux de ventres permanents. Je l'ai dit, mon corps lui même se souvient que c'est aujourd'hui.

Mes pensées deviennent d'une obscure clarté. Je nous revois, comme deux gamins insouciants, aller ensemble à notre premier cours  de métamorphose avec Dumbledore. Je songe que nous étions excités comme pas possible à l'idée que nous allions rencontrer le sorcier sans doute le plus puissant et le plus loufoque du monde. C'était peu avant qu'il ne devienne directeur. Nous n'avions pas dit un mot alors que ses paroles résonnaient dans la pièce. Nous avons passé la soirée à essayer tous les sortilèges du livre des premières années. La semaine suivante, nos camarades se demandaient pourquoi nous avions tous les deux un sourcil bleu. Notre réponse se perdait en regards malicieux, marquant le début de cette histoire qui n'aurait pas dû finir. Je vogue entre souvenir et réalité, adossé au mur, avalant de petites gorgées de l'infusion brûlante. Je me dis que plus je bois lentement, moins j'aurais de choses à faire ensuite puisque le temps sera passé. C'est une illusion qui me berce doucement et je prends ce mal avec impatience. J'ai envie de hurler, mais je me tais. Je voudrais me blottir à nouveau dans la couette en patchwork, réussir à fermer les yeux sans paniquer et dormir d'un sommeil sans rêve...

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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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21 décembre 1981.

M’étirant en cette dure matinée, j’avais un mal fou à me réveiller. La nuit avait été courte. Terriblement courte. Je ne me sentais toujours pas chez moi au sein de l’Ordre et avait été éveillée par la terrible pensée que… Je ne savais plus ce que je voulais faire de ma vie. J’étais prisonnière ici, et je voyais mon destin changer au fil des jours.
Sanders m’avait proposée de devenir la Médicomage qui l’appuyait au sein de l’Ordre et prendre soin des membres de celui-ci. J’avais donc accepté de concocter quelques potions et filtres de soins pour occuper mes journées et ainsi, fournir les succursales de l’Ordre. L’on ne m’avait pas encore officiellement autorisée à sortir de la maison, mais… Je m’en fichais. Mon don, pour une fois, se trouvait utile. Je pouvais l’utiliser pour sortir de la maison comme si je n’étais pas officiellement décédée… Et en danger. J’aimais prendre les traits d’une jeune asiatique brune, aux cheveux courts et aux nombreux tatouages. Grande et fine. Elle était mon parfait opposé mais… C’était l’une de mes formes favorite.
J’avais donc fini par sortir la nuit pour aller boire un verre aux trois balais. Puis un second, un troisième… Je finis par boire une bouteille de whisky seule, rentrant seule jusqu’au quartier générale à pas d’heures. Remus ne m’avait rien dit lorsqu’il m’avait croisé dans les couloirs, sachant pertinemment que j’aimais aller et venir à ma guise. L’on ne pouvait me gardée enfermée de la sorte.

Lorsqu’enfin, je descendis dans la cuisine, j’avais une potentiellement une bonne gueule de bois. Ma tête cognait. Mais je savais que ca passerait rapidement. Une fois dans la cuisine, j’aperçu Sanders qui tenait désespérément sa tasse entre ses mains. Il semblait s’y accrocher, comme un naufragé se tenait à une planche de bois. Je lui fis un sourire, posant une main compatissante sur son épaule. Je ne savais pas ce qui lui arrivait, mais j’étais toujours là en cas de besoin. S’il avait envie d’en parler ou juste d’avoir un peu de compagnie… J’étais là.
Contournant la table de la cuisine, j’ouvris un placard pour attraper une petite fiole de ma concoction contre la gueule de bois. Il semblait que ce petit flacon descendait rapidement au sein de l’Ordre. Je n’étais pas la seule à…parfois, abuser….
Quelques gouttes dans ma tasse de café plus tard et une brioche bien chaude sortie du four, je vins m’installer aux cotés de Sanders. Ne disant rien. S’il avait envie de parler, il le ferait en premier… Et moi, pendant ce temps, j’observais la neige tomber par la fenêtre de la cuisine. Le temps passait si vite… Et j’avais l’impression que ce qu’il se passait entre Sirius, Eléonore et moi ne faisaient qu’empirer l’accélération du sablier du temps… Je soupira, trempa un bout de brioche dans mon café, puis le suçota distraitement. J’avais envie d’aller prendre l’air. Encore… Mon laboratoire me manquait terriblement…


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Une gorgée après l'autre, je vois désespérément le fond de ma tasse se dessiner. Le liquide ambré s'éclairci irrémédiablement et je vois apparaître le dessin d'un hibou. Sulpicia est entré dans la pièce, sans un mot, avec une tête de six pieds de longs et le cœur encore embrumé de ses exploits alcooliques de la nuit. Je n'ai pas le cœur à le lui reprocher. Je contemple bêtement le dessin naïf qui m'offre un regard éberlué. Mes doigts se crispent sur la tasse. C'était un cadeau de Rose et je la trimbale partout où je vais, depuis ce jour du thé. Sans anse, je suis obligé de m'y agripper au lieu de la tenir d'une main. Sur le côté, se dessine finement un arbre dont les feuilles s'envolent au vent comme j'aimerais que s'envolent mes pensées. L'encre noire est tâchée de couleurs automnales qui me rappellent nos rires et nos courses à la lisière de la forêt interdite dont les arbres rougeoyaient. Un tremblement irrépressible s'empare de mes doigts et la tasse se met à vibrer au rythme de ces émotions violentes. Je n'arrive même pas à me concentrer sur autre chose, engager la conversation, vaquer à mes occupations. Soudainement, la tasse m'échappe et sous la fureur va s'écraser contre le mur. Les débris et les éclats résonnent jusqu'à s'éparpiller sur le parquet.

Le souffle court, le cœur ravagé, je regarde les ravages de ma rage. Je suis comme ces morceaux qui gisent au sol : en miettes. La colère qui m'a pris m'a fait oublié la présence de Sulpicia qui se rappelle à moi quand je me rends compte de cette violence qui m'a pris. Je n'arrive pas à prononcer le moindre mot encore et je me doute qu'elle doit être intriguée. L'empathie m'a fuit, là, car j'ai trop à faire avec mes propres émotions et je ne peux que deviner ce qu'elle ressent sous son air médusé de mon comportement inhabituel. Je reprends doucement ma respiration. Mes yeux se ferment, comme si la vision apportait trop d'informations. Je n'ai plus la place pour les traiter. Le noir relatif dans lequel je me suis réfugié en abaissant mes paupières me permet de retrouver quelque peu mon calme. Mais avec la colère qui s'en va, c'est la tristesse qui prend place première. Elle m'envahit, s'arrogeant le droit de contrôler le moindre de mes nerfs, irradiant d'une douleur mélancolique. Quand je rouvre mon regard au monde, il s'est voilé d'une nuance chagrinée et grisonnante. Toujours muet, je ramasse d'un coup de baguette les débris de la tasse qui rejoignent ma main. Je marmonne sombrement :

- Reparo.

La tasse se reforme aussitôt avec un éclat nouveau qui m'agace. Je lui préférais son vécu et ses souvenirs. Elle me paraît trop propre, pimpante comme au premier jour, il y a plus de dix ans à présent. C'est une tasse qui a accompagné notre vie pendant longtemps et elle avait sa jumelle, avec un beau cerf dessus, les bois accueillant quelques oiseaux délicats. Elle a disparu, il y a maintenant six ans, jour pour jour. Je pose délicatement la tasse sur la table et, sans regarder la sorcière qui a assisté à toute la scène, je soupire.

- Désolé, ce n'est pas mon jour.

J'ai envie de partir, de fuir, là, tout de suite, maintenant. J'ai envie de me recroqueviller sur place, de disparaître, que ce jour finisse. Je veux avancer dans le temps, oublier que cette date existe, la rayer du calendrier. Et je pourrais presque le faire, s'il était si facile de m'échapper comme cela, sans prendre en compte mon comportement devant Sulpicia. Mais je sens que je pourrais m'éparpiller, me déliter, si je ne faisais pas un pas vers elle, si quelqu'un ne m'aidait pas à sortir de mon marasme. La nausée qui m'habite est tenace et ce depuis ce jour déjà, mais là, c'est une bile amère qui envahit ma gorge et menace de me submerger.

- Sulpicia ... ? Je...

Et les mots se tordent dans ma bouche, se taisent et meurent avant d'être prononcés. Je me retrouve dans l'incapacité de traduire ce mal être qui règne en moi. Je baisse les yeux, m'assois sur une chaise, mes jambes flageolantes ne me portant plus. Je contemple la tasse avec dépit en songeant aussi que je n'ai rien avalé depuis l'avant-veille, trop occupé à courir partout à Sainte-Mangouste puis dépassé par les remous naissants de mon ventre, la nuit sombrant, avec la sensation montante de l'horreur qui s'est jouée il y a six ans.

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Sulpicia I. Mulciber


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21 décembre 1981.

Je continuais de tremper mélancolique ma brioche dans mon café, laissant le libre arbitre de Sanders se décider sur ce qu’il devait faire : me parler ou me garder dans le silence ?  Il ne pipa mot concernant ma gueule de bois. Il se contenta de m’oublier… Enfin… Le médicomage m’avait réellement oubliée lorsque, de rage, il lança sa tasse valsée à l’autre bout de la pièce. Bouche bée devant la réaction du sorcier, je laissa tomber ma brioche et vida mon café tandis qu’il reprenait ses esprits. Il était en rage. Une rage sourde qui me semblait cacher autre chose qu’une mauvaise nuit. Si je n’avais connu cette rage, ce manque, je n’aurais su la reconnaître. Mais voilà.
Lorsque Sirius m’avait dit qu’il ne voulait pas savoir, lorsqu’il avait tenté de m’empêcher de lui dire mes sentiments, c’était cette rage, ce déchirement que j’avais ressentie. Il m’avait embrassée sur le front, me repoussa comme si je n’étais qu’un « bon temps ». Un bon moment. Un bon souvenir. Il avait écrasé mes espoirs en quelques secondes et… M’avait relancé dans un courrier quelques semaines plus tard. Puis un autre et encore un.. Je m’étais réfugiée dans ce mutisme, ce silence bercé par la rage de le voir revenir.
Mais ce que Sanders vivait, lui, semblait bien différent. C’était plus profond qu’une amourette ayant eu une mauvaise passe. Non, c’était un mal-être. Alors, je me taisais, ne pipant mot. Il avait besoin de se reprendre, il avait besoin de temps et du temps. Je n’en manquais pas. De plus, ma gueule de bois commençait seulement à disparaître.
Il finit par réparer sa tasse et l’observer longuement, tandis que je ne le quittais pas des yeux, cette couleur océan qui brillait toujours d’une certaine malice et … selon Sirius, d’un grand cœur. Il avait toujours su lire en moi, bien avant tous les autres. Il n’avait jamais été dupe, lui, de qui j’étais sous ma carapace.

Le Dolohov s’excusa, affirmant que ce n’était pas son jour. Un fin sourire se dessina sur mes lèvres rosées. Je ne dis toujours rien. Lui laissant l’espace nécessaire pour digérer ses émotions, ses propres sentiments qu’il semblait refouler depuis bien trop longtemps. J’étais compatissante, mais pas que, mon cœur était ouvert, prêt à recevoir ce qu’il me donnerait sans le juger. Je voulais être là pour lui. Rien de plus. Etre une bonne amie, celle qu’il méritait que je sois.
Il finit par prononcer mon nom, je lui souris. « Sanders… » Mais il ne continua pas, se renfermant un peu plus. Je me baissai pour tendre la main et prendre la sienne dans la mienne. J’avais toujours eue les mains froides.
Voyant bien qu’il n’arrivait pas à prononcer quoi que ce soit, je finis par détourner la conversation. Comme si, j’avais envie de lui donner un peu de moi avant qu’il ne puisse en faire de même.

«A la fin de nos études, lorsque je lui ai dis ce que… Il m’a supplié de ne rien dire. Il ne voulait pas savoir, me repoussant pour que je parte étudier. Surement, il ne se rendait pas compte de ce que cela voulait dire… Partir. Je lui en ai voulu longtemps, me refusant de répondre à ses lettres pendant plusieurs mois. Je voulais qu’il souffre autant que moi, je souffrais… Mais je n’ai pas eue à subir cette souffrance seule Sanders… Arrête de te punir. Je suis là. Qu’importe ce qu’il se passe. Je serai toujours ton amie. » Le rassurais-je, comme pour l’encourager à prononcer les mots, l’apaiser peut-être ? Mon coté médicomage voulait qu’il soit heureux, bien dans ses chaussettes. Qu’importait les conséquences du fardeau qu’il portait en son cœur. Je voulais l’aider, tout simplement.


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Il me semble entendre Sulpicia répondre par mon prénom, mais tout me parvient comme un écho lointain, perdu dans le brouillard. Et puis les mots reviennent à mes oreilles, doucement, progressivement. Leur signification ne me touche pas, pas vraiment. La sorcière se livre, comme  pour m'encourager et parle de ce qui a remué son coeur et qui n'a sans doute de cesse de continuer. Ne pas être seule... Oui, elle n'était pas seule et j'aurais moi-même accompagné sa souffrance si j'avais été là. Et le problème n'est plus dans l'aide que je sais nécessaire, mais dans son acceptation. La force de la jeune femme a sûrement été de ne pas se laisser couler, d'offrir à voir ce qui n'allait pas, pour faire que cela aille mieux. Je ne sais comment montrer ces blessures qui me paraissent effroyables. Je sais qu'il ne serait pire affront que de refuser l'amour qu'elle montre à ce moment précis en m'invitant à me décharger de ce fardeau qui m'écrase. Mais je n'arrive pas à m'ôter l'idée qu'il l'écrasera pas la suite. Je relève les yeux pour croiser son regard, espérant vainement y puiser quelques forces. Je n'y rencontre que la possibilité d'imposer ce  qui me parait impossible d'imposer.

- Merci. Je n'aurais pas dû m'énerver. Tu n'as pas besoin de souffrir plus...

Je me hisse sur mes deux jambes avec autant de conviction qu'un streeler pour courir derrière un vif d'or. J'essaye de sourire et ne dois sûrement produire qu'une grimace. J'ai l'intime componction que je ne suis pas à ma place, à me plaindre, alors que je respire et marche parfaitement. Je n'ai pas eu la vie la plus simple, mais je ne devrais pas m'apitoyer sur mon sort; Je quitte la cuisine et, le pas de la porte passé, je me stoppe aussitôt. L'absurdité de ce que je viens de faire me saute aux yeux. Je suis celui qui pousse les autres à confier leurs maux, à déverser leurs souffrances et pourtant... Pourtant je tais toujours là mienne. Ce n'est pas un manque de confiance en eux, mais sûrement en moi. Et personne ne mérite le dédain que je montre en refusant d'offrir ce qu'il y a de peu reluisant en moi. Je cherche trop à être parfait alors que je ne l'exige de personne. C''est  d'une hypocrisie absolue et je déteste cela. Je reviens dans la cuisine, l'air penaud. Je tends ma main à la sorcière, les larmes commençant à me monter aux yeux.

- Ce que je vais te montrer, c'est ma plaie béante. Je ne peux pas y aller seul. Cette année, je n'y arrive pas.

Quand sa main rejoint la mienne, mes yeux brillent d'une résolution triste. Je l'entraîne à ma suite et nous sortons du quartier général de l'Ordre du Phénix. A peine quelques pas dans le village de sorciers et je transplane, l'emportant avec moi. La sensation dure du voyage me laisse indifférent et nous atterrissons sur une falaise battue par le vent d'Ecosse et les embruns de la mer. La gifle glacée qui nous accueille me fait le plus grand bien. L'odeur iodée apporte comme un sentiment d'apaisement alors que c'est toujours le bordel dans mon coeur rapiécé. Je fais quelques pas, m'approchant du bord et vois les deux pierres, là, dans un creux. J'avance encore, sentant comme une résistance, mais continuant bravement. Deux noms se détachent des pierres, gravés par ma baguette il y a six ans...

Rose A. Winter

A. Dolohov

Je pose une main tremblante sur les deux pierres froides comme les êtres qu'elles protègent dans un sommeil à présent éternel. Prenant une grande inspiration, je me retourne pour regarder la sorcière, derrière moi. Voilà. Voilà les deux femmes qui auraient dû respirer à mes côtés d'une joie infinie. On croit que l'amour est sans bornes, mais on oublie souvent la mort, dans cette histoire. Elle ne vient qu'à la fin, normalement, le dernier chapitre, la dernière page, pas en plein milieu, ou même avant la préface pour A...

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Je me livre, sachant pertinement que je ne pourrai toucher Sanders. A vrai dire, j’espérais juste encourager celui-ci à partager avec moi ces sentiments qui semblaient le consumer. Il se voulait parfait, peut-être trop, n’osant pas montrer ses faiblesses. Mais il était humain, lui aussi, et avait des faiblesses, comme tout le monde. J’avais su vivre avec les miennes, tous les membres de l’Ordre en avaient fait autant. Sanders avait juste besoin de trouver la bonne main à attraper et à s’accrocher pour expier ce qui le pesait sur le cœur.
Ne pouvant me douter de sa réelle souffrance ni du temps qu’il portait son fardeau, tout ce que je pouvais faire, était de lui proposer cette aide que j’avais su accepter, il y avait trois ans. S’excusant, il avoua qu’il n’aurait pas du s’énerver. Mais parfois, il fallait que les choses sortent. Quand je le faisais, mes cheveux viraient au noir, mes yeux aussi… Durant mes années Poudlard, je passais ma frustration en criant dans un oreiller, frappant celui-ci encore et encore jusqu’à ce que le maux qui me peinait ou m’énervait me passe. Sanders se refusa de me parler, assurant que je n’avais pas besoin de souffrir plus. J’esquissais un sourire, peut-être se trompait-il ? Je pouvais tout à fait recevoir la souffrance d’un autre, étant actuellement à l’apogée de ce que je pouvais endurer. Comment cela pouvait-il empirer les choses ? Comment recevoir sa propre souffrance pourrait me meurtrir plus que je ne l’étais déjà ?

« Je pense que c’est à moi d’en juger… »  Avancais-je doucement, sans pour autant forcer celui-ci à me dire quoi que ce soit. Il finit par se relever, je posa un coude sur la table et appuya contre la paume de ma main mon visage. Le sorcier sortit, je ne le priais pas de rester. Je pouvais comprendre qu’il n’était pas prêt. Je ne l’avais pas été aussi, lorsque Sirius m’avait comprendre que mon jeu de la sang-pur parfaite ne prenait plus. Mon secret avait été bien gardé durant toutes ces années, protégeant ma réputation glaciale.
Mes yeux se posèrent sur le liquide brunâtre de mon café qui refroidissait à vue d’œil, le finissant d’une traite, abandonnant l’idée de continuer à manger. Je me demandais ce qui pouvait bien remuer Sanders à ce point. Qu’est-ce qui avait pu arriver dans son passé, pour qu’il réagisse de la sorte ? Je soupira lorsqu’il refit son apparition. Surprise, je l’observais avec de grands yeux lorsqu’il m’annonca qu’il allait me montrer sa plaie béante. « D’accord, je viens avec toi… » Répondis-je alors qu’il prit ma main pour le suivre dans le hall de l’Ordre du Phénix. J’us à peine le temps d’enfiler une cape, mes chaussures d’hiver et de changer d’apparence que le sorcier me poussa dehors. Sans un mot, il me tenait toujours la main alors que nous marchions dans la neige qui recouvrait Près-Au-Lard. Il finit par transplanter, m’emmenant avec lui. Le voyage ne fit ni chaud ni froid, ayant usé de ce moyen de transport plus que régulièrement au cours de ces trois dernières années….
Les lieux de notre arrivée, par contre… C’était une toute autre histoire. Un vent froid, humide qui se glissait dans mes vêtements venait de me frapper de plein fouet. Gelant mes os, refroidissant mon sang de quelques degrés. J’avais l’impression de grelotter dans mes vêtements d’hiver, laissant mes cheveux s’épaissir pour mieux couvrir mes oreilles. Je dus mettre ma capuche et serrer mes bras autour de mon corps.
L’odeur de la marée me vint aux narines, tandis que j’observais les lieux : nous étions en haut d’une falaise. Le temps était morose, triste. Comme Sanders qui prit la route du bord de celle-ci. Je le suivis, sentant un poids se créer au fond de mon estomac. Ce même genre de poids qui avait empêcher mon cœur de battre en toute liberté ces trois dernières années. Un peu plus loin, à l’abri des regards se trouvait un creux dans lequel reposaient deux pierres. Le médicomage vint y poser une main tremblante tandis que je me rapprochais, toujours sous les traits d’une jeune femme élancée, fine, asiatique. Il me suffit de lire les épitaphes pour comprendre ce qui bouleversait Sanders. Je ne savais pas. Il ne m’avait jamais parlé de ce passé qui, à présent, me permettait de comprendre sa dévotion dans les soins, mais aussi… Ce besoin irrépressible de se laisser attirer par la Vielle Magie. Je pince les lèvres, tout comme mon cœur se pince pour l’homme qui se tourne vers moi. Je me rapproche de lui, carresse affectueusement son bras. Je me veux réconfortante, mais les larmes restent coincées dans ma gorge.
Je ne pouvais qu’imaginer un dixième de ce que le sorcier pouvait ressentir. Que ferais-je si je perdais Sirius ? Si je le savais mort ? J’en avais une petite idée… je l’avais vécu ce cauchemar. Je n’avais su en sortir. J’y serais surement morte… Mes yeux bleutés se posèrent sur l’homme, puis sur les deux tombes simples, qui sans la magie, auraient pu être ravagée par les vents marins. Il n’y avait pas de mots pour exprimer une telle tristesse.
« Que s’est-il passé ? » Lui demandais-je simplement. Parfois, il suffisait d’en parler à vive voix pour que, le pire des maux, puissent s’envoler.



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La question est là. Brûlante. Réelle. Le vent joue avec mes cheveux comme un plaisantin. Son souffle murmure des histoires que je ne saisies pas, vivaces et oubliées. Je voudrais qu'il m'emporte dans ses chuchotements sans fin et me berce des mésaventures du monde, comme une confession ultime. Ce serait comme se perdre dans les mémoires des autres, pour oublier la mienne. Les souvenirs qui me hantent n'avaient pas besoin de la question pour devenir lucides et prégnants. Ils sont d'une violence palpable, comme la claque sans cesse répétée de la bourrasque écossaise. L'air de la mer est vivifiant, je ne peux dire le contraire. Mais son côté vigoureux et turbulent me rappelle cruellement l'impression de mourir à petit feu. Les embruns me susurrent ardemment une mélodie aérienne et sémillante, en contraste total avec le vide qui déchire mon coeur. Pendant un temps, je n'ose plus bouger, et répondre à la sorcière me paraît impossible...

[...]

- Je suis désolée, Sanders.

Je regarde Antonin avec l'énergie du désespoir et le silence pour réponse. Il me donne l'alliance de Rose. Sur l'anneau fin, argenté, entrelacé, il y a encore une tâche de sang. Son sang. Mon frère pose une main sur mon épaule et je le repousse violemment. Je n'ai que faire de la compassion qu'il éprouve. S'il croit apaiser ma rage comme ça !

- Tu sais, Sand, quand Voldemort sera réellement au pouvoir, ça te sauvera la vie, ce qu'a fait Père. Tu aurais gâché ta vie, juste pour elle.
- Tu ne comprends pas...
- Quoi ? Tes enfantillages amoureux ? Arrêtes, ne me fait pas rire, ce serait cruel pour toi !

J'ai envie de vomir, de vomir cette souffrance. Et cette résolution qui ne voulait pas naître éclot : je ne peux plus les laisser gouverner ma vie et celle des autres.

- Elle était enceinte.

Mon frère me regarde avec pitié.

- Alors on a évité le pire.


[...]

Mes yeux dans ceux de Sulpicia, je sens ma gorge se contracter au fur et à mesure que je tente de réprimer ma tristesse pour mieux choisir mes mots. Je veux lui offrir une vraie réponse, complète, non évasive. Je veux lui dire la réalité, crue, sans artifice, et ce sans qu'elle me prenne en pitié et que son cœur se serre à chaque fois qu'elle viendra à poser à nouveau ses yeux sur moi. Je ne pourrai supporter l'accablement de ce fardeau. Il n'est pas question d'instiller une tristesse quelconque à la sorcière. Elle aurait sans aucun doute les épaules de tout assumer, accueillir ce déchirement qui n'est pas le sien et en accepter la blessure pour m'aider à la guérir. Mais ce n'est pas le genre de chose qu'il est facile d'avouer et même à demi mots. Comment dire que son père est un monstre, malgré qu'on l'aime toujours ? Et ces choses inhumaines qu'il a faites... Je ne sais jusqu'où je dois pousser le vice de la confession. Il n'y a que peu de monde qui pourrait tout entendre et je ne me sens pas à l'aise déjà avec la simple idée de partager cette histoire trop lourde pour moi tout seul. Bien sûr, il y a Antonin, mais il ne comprend pas, n'admet pas ce cœur brisé et  coupable que je porterai probablement à jamais.

- Elle s'appelait Rose. On était à serdaigle ensemble et on à tout fait, ensemble. On a rit, on a pleuré, on a eut peur, on s'est fait enfermer dans la bibliothèque parce qu'on avait pas vu l'heure passer, j'ai renversé une potion d'enflure sur le professeur Slughorn une fois et elle a dit qu'elle m'avait poussé, on s'est lancé des défis, on a courut pour échapper aux professeurs, on a dévalisé Honeyduke jusqu'à être malades, on s'est embrassés, on s'est battus, on a habité ensemble, elle a essayé de m'enivrer d'alcool et je lui ai dit qu'elle m’enivrait tout court... Nos amis disaient Sanders et Rose, Rose et Sanders...

Il s'est passé tellement de choses, entre nous. J'ai des milliers de souvenirs, tous différents, tous emprunts de la même teinte de bonheur, même les plus douloureux. Ils sont ce à quoi je me raccroche tous les jours quand je veux croire que l'amour est possible dans ce monde qui part à vau l'eau, quand je n'arrive pas à fermer l’œil de la nuit, quand je pense à la violence qui est devenue inhérente à l'existence. Ils sont comme autant de baumes sur autant de plaies qui meurtrissent mon corps à cœur défendant.

- Il n'était pas pire déshonneur, je crois, pour Sevastian Dolohov que de voir son fils fréquenter une née moldue.

Je ferme les yeux et revois la rage de mon père quand il a apprit le pot aux roses. J'aurai voulu me dresser contre lui, ce jour là et lui tenir tête, mais sa fureur était telle qu'il n'a pas même pu laisser place à la moindre compassion. Il n'a vu que l'outrage, oubliant l'amour. Il n'a pris que l'affront et non la joie de l'avenir. Cet avenir qu'il a détruit.

- C'est moi qui ai fait l'autopsie. J'ai vu tout ce qu'elle a subit. J'ai pu décrypter chaque torture dans le sang et les blessures qui maculaient son corps froids. Et j'ai... Je ne savais pas... Je ne savais pas que...

Les mots se brisent en une impossibilité de formulation. Ma voix se brise et je pose à nouveau ma main sur la pierre de ma fille. Mon regard est déchirant, mais il veut tout dire. Oui,  Sulpicia. Oui, j'ai retiré mon enfant mort du ventre de sa mère décédée pour lui offrir une sépulture à elle aussi. Et les larmes qui coulent silencieusement sur mes joues émaciées sont autant de perles de pureté face à une injure affreuse. Oserais-je... ? Oserais-je dire qu'un père est un monstre ? Et que je suis père ?

- Elles sont mortes, parce que je les ai aimées.

Et s'il n'y avait  que cela...

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La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

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21 décembre 1981.

Désemparée j’observais Sanders qui me parlait de cette femme, dont je n’avais jamais eue oui dire. Elle était avec lui à Poudlard. Ils avaient été amis, puis amant, et peut être auraient ils du se marier. Ce qui était sur, c’était que le sorcier avaient eu de profonds sentiments pour celle ci. Et malgré les années qui défilaient à grands pas, Sanders semblait avoir toujours autant de sentiments pour cette femme, qui à présent vivait sous terre. Ils avaient tant partagés, des rires, des punitions, des moments intime... Plus d’un même . Et c’était ça, qui avait coûté la vie de la jeune femme. Nous, les sang pur nos ne pouvions nous mélanger si facilement, sans qu’il n’y ait de conséquences. La famille du sorcier qui était face à moi ressemblaient trait pour trait à la mienne: intolérant, ferme d’esprit, raciste. Ils détestaient les sangs qu’ils disaient impur. Mais comment un sang pouvait il l’être? J’avais toujours intellectualisé la chose, cherchant à comprendre ce que mes parents me fourraient dans la tête. Le sang tachait. Il pouvait donner la vie et en sauver d’autres, alors comment pouvait il être impur? J’avais suivi leurs préceptes, comprenant que pour survivre, je me devais de faire comme eux. Je connaissais leurs beaux discours par cœur. C’en était écœurant, mais j’avais vu les ravages que cela pouvait faire, que de s’opposer aux désirs de ses parents. J’avais observé Sirius du coin de l’œil durant toutes ces années. Jusqu’à ce que notre petit jeu perturbe ma vie, aux apparences si parfaite. Alors, je ne pouvais que comprendre Sanders dans ce regret, cet écœurement qu’il avait en pensant que tout était de sa faute.

Je ne pus que le trouver fou, d’avoir réaliser l’autopsie lui même et d’être aller jusqu’à comprendre ce qui lui était arrivée, à cette pauvre enfant et ce petit être qu’elle portait. J’étais écœurée du comportement de nos parents. De ces idées à la con qui nous pourrissait la vie et qui avait rendu possible le régime dans lequel nous vivions. Ce n’était pas pour rien que le Lord en était devenu si puisant. Ce n’était pas pour rien, que Sanders souffrait le martyre aujourd’hui: il aimait sa famille, je comprenais parfaitement cet amour inconditionnel pour les siens. Mais il avait aimé cette femme aussi, et il aurait aimé cet enfant si cela avait été possible. J’étais persuadée que si tout cela n’était pas arrivé, Sanders serait entrain de profiter de la journée en leur tenant la main, sûrement pour aller promener dans la campagne anglaise et jouer dans la neige.

Me tenant droite comme un piquet, je continuais d’observer béate, ces deux tombes. Je tentais de comprendre mais aussi, de trouver un möen pour consoler le sorcier. Il venait de se livrer' je comprenais ce qu’il se passait en lui. Et encore plus maintenant cette addiction presque obsessive de toujours user de la vielle magie, qui se faisait de plus en plus violente pour lui.
Alors, je fini par le regarder dans les yeux, prenant sur moi pour encaisser ce que je venais d’entendre. J’étais un réceptacle de la douleur, je ne pouvais me permettre de me laisser aller. C’était lui, qui avait besoin de mon aide. Et non le contraire. Et ça, c’était quelque chose qui était dans mes cordes. Fermant mon cœur à ma propre douleur, je me rapprocha du sorcier et le prit dans mes bras. Tout ce qu’il venait de me dire, c’était la pure et triste vérité sur son histoire. Le serrant fort contre moi, je pris enfin la parole.
« Elles ne sont pas mortes parce que tu les as aimées . Ton amour a sûrement été la plus belle choses qu’elles aient reçus durant leurs vies, aussi courte fut-elle. Non, elles ont été tuées par l’engrenage de la haine de nos familles pour ceux qui leurs sont différents. Elles ont été victime de cet eugénisme dans lequel nous avons grandis. Tu ne peux sais t’en vouloir pour quelque chose dont tu n’es pas responsable Sanders. » Je me reculais pour mieux observer l’homme,prenant son visage entre mes mains chaudes. Le vent faisait soulever mes quelques mèches de cheveux, un faible sourire se dessina alors sur mes lèvres. « Cesse de te tourmenter, il est temps que tu vives de nouveau et pour toi. Jamais elles ne voudraient que tu te tortures ainsi jusqu’à la fin de tes jours. Tu mérites d’être de nouveau heureux. De nouveau libre. »


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La violence de mes sentiments s'écrase devant l'étreinte de la sorcière, mais cela n'enlève en rien la culpabilité étourdissant et la douleur accablante. Je me laisse aller à capturer la moindre chaleur offerte et dans les gestes et dans le coeur. Sulpicia m'apporte une compassion qui ne frôle pas la pitié, comme trop respectueuse de ma souffrance pour m'abaisser dans la douleur. Je considère son attitude avec la plus grande gratitude. Mes muscles se délestent d'une tension que je n'imaginais pas posséder et je sens ses émotions revenir peu à peu. Les miennes étant trop difficiles, je n'avais plus de place pour accueillir le monde extérieur. Le vent siffle dans nos oreilles, mais je n'entends qu'elle et ses mots qui sont la promesse d'une rédemption que je refuse néanmoins. Le chemin vers l'apaisement est long et plein d'anicroches inévitables. J'écoute avec attention ce qu'elle dit, mais je ne l'entendrai qu'à l'avenir, le temps aidant et la répétition aussi. Quand ses mains s'accrochent à mes joues émaciées, je frissonne d'une sensation que je n'avais plus pour moi depuis longtemps : une sérénité et une protection certes possiblement vacillantes, mais réelles et bien là.

Il y a de la vérité dans ce que la sorcière m'assène, entre leçon de morale et bienveillance extrême. Je ne peux que hocher tranquillement la tête avec l'air de celui qui acquiesce diligemment mais n'obéit pas complètement. Nous savons tous les deux que changer cet état d'esprit ne peut se faire en un jour et qu'il est des blessures qui heurtent plus que d'autres. Je ne saurais me pardonner de ce mal que j'ai commis et même si celui-ci n'était pas volontaire. Pour le moment, c'est comme cela et je dois vivre avec Je sais que Sulpicia peut comprendre puisqu'elle est la sorcière qui a inventé ce vaccin meurtrier et ce n'était sans aucun doute pas son intention d'ôter la vie d'innocents. Je le lui ai dit, répété également, mais elle ne veut rien entendre là dessus. C'est son fardeau, sa culpabilité. Ni Rose, ni ma fille ne voudraient que je continue d'arpenter un chemin de croix. La question n'est pas là, pas pour moi. Ce n'est que ma personne qui désire ardemment cette punition constante, comme un rappel d'acte manqué, la promesse de faire attention, toujours, à ce que cela ne se reproduise pas. Je m'accroupis prêt des pierres gravées et d'un coup de baguette, sans un mot car cela me briserait la gorge, je fais apparaître deux gerbes de fleurs serties de roses éternelles.

- Cela fait six ans, jour pour jour.

Six ans que je traîne ma responsabilité, que je ronge en silence ce cœur meurtri. La douleur est toujours présente, et si j'ose ne serait-ce  que l'oublier dans mon âme, elle palpite physiquement sur le bas de ma nuque. Je me dis que peut être, il est temps de lever ce voile aussi. Partager les cicatrices du cœur et du corps puisqu'ils forment un tout inséparable. La panique qui me prend à cette idée m'arrache quelques battements et je me retiens de tomber sous le coup du manque d'air. Je le sens, qui pulse incessamment et j'imagine le parcours du dessin, la chair lacérée de ce fouet enragé, les traces accablantes d'une torture paternelle et ce besoin écœurant de posséder un fils. Peut-on si facilement avouer une telle appartenance ?

- Je peux rire et sourire pour moi, les autres jours. Pas le 21 décembre. Je n'y parviens pas. Je porterai sans doute cela à jamais.

Ma mâchoire se serre de dépit alors que je contemple mon oeuvre. Les fleurs ornent joliment la tristesse de mon existence. Elles déplorent la perte et brillent de mélancolie. J'ai le cœur au bord des lèvres et me sens vaciller. Le sol dur accueille mon corps affaibli de chagrin et famine. J'ai la tête qui tourne, les pensées peu claires. La douleur dans mon dos devient difficile et alors que je cherche à calmer ma respiration erratique, alors que mes yeux sont ouverts sur le monde, je ne vois plus rien.

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21 décembre 1981.
Sanders finit par se détacher de l’étreinte réconfortante que je lui avais offert, se rapprochant des pierres aux épitaphes simples, sans chichi, criant de vérité. Il y déposa une main dessus et fit apparaître des boutons de roses éternelles. Un souvenir, une mémoire qu’il venait de déposer devait surement lui servir à honorer ces deux mémoires aujourd’hui disparues.
Il m’avoua que cela faisait six ans, que les deux femmes avaient perdus la vie. Je me rapprochai de lui, glissant un bras autour du sien et déposant ma tête sur son épaule. Je continuais de recevoir sa douleur et de la comprendre. Combien de familles avaient-elles été séparée, déchirée par les idéaux sombres du Lord ? Combien d’amoureux avaient-ils eus le cœur brisé, ne pouvant assumer les origines de leur moitié ? Terrorisé à l’idée de voir celui pour qui son cœur battait, perdre tout souffle de vie et devenir froid. Rigide. Sans vie.
Je ne savais que lui dire. Que dire face à un tel drame ? C’était plus qu’un cœur brisé, c’était une possibilité de futur perdu, pour toujours. Et pas dans les circonstances les plus naturelles. Mais qu’était le pire ? Qu’elles soient mortes ? Ou que le coup fut abattu par ses proches ?

Je ne bougeais pas, restant proche de lui. Ma tête sur son épaule. Muette, j’écoutais l’homme reprendre la parole alors que bouillait en lui un nombre incalculable de sentiments et d’émotions. Je ne pouvais que comprendre, ce que c’était que de bouillir de l’intérieur. J’avais longtemps été dans cette situation, devant gérer ses émotions. Les garder en soi, et ne pas les partager. J’avais ce don, qui exposait le moindre de mes sentiments. La moindre de mes réactions. J’étais métamorphomage et si Sirius avait toujours adoré voir mes cheveux changer de couleur, moi, j’en éprouvais une réelle honte. Mais cela, le sorcier le savait.
Il finit par vaciller, tombant au sol, faible, à bout de toute forces. Il était assit au sol, le dos contre le mur. Je n’avais pu le retenir, me baissant pour l’observer. Je déposai une main sur son front, histoire de m’assurer que l’homme allait bien. Mais il n’avait pas de fièvre, il était juste pale. Faible. A bout. La vie était parfois une chienne, et par la barbe de Merlin, elle semblait choisir les meilleures personnes de ce monde pour s’acharner dessus. « Sanders, tu t’infliges une peine que tu ne mérites pas… » Posant ma main sur l’épaule du sorcier, je l’observe. Il semble peiner à respirer. Des sueurs froides apparaissent sur son front alors que Sanders ne semble plus me regarder ou regarder autour de lui. Vide, je l’observe. Inquiète.
« Sanders ? Sanders ! Qu’est-ce qu’il se passe ? » Lui demandais-je en approchant mes mains de son visage, mais sans le toucher. Les runes de mes mains se mirent à danser tandis que je les laissais flotter autour de la tête du sorcier, les glissant vers son torse. Quelque chose clochait. C’était sombre et puissant. Plus que ce que je n’avais jamais rencontré. Pinçant les lèvres, je fini par me mordiller celle-ci. Ne comprenant guère ce qu’il se passait en cet instant. « Parle moi ! »


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21 décembre 1981.

C'est un jour affreux. Un jour qui n'a pas de fin et se répète sans arrêt, dans ma tête, mes souvenirs et mon corps.  C'est une date qui tourne, tourne et tourne sans trouver de point d'ancrage si ce n'est une souffrance qui flotte le reste de l'année et qui s'exprime pleinement aujourd'hui. Le sang  qui pulse dans mon cœur pulse aussi dans la douleur de la rune. Avec une joie sombre, je peux constater que mon père est un artiste en magie noire et runique. Ses manipulations lui répondent entièrement, se dévouent à lui corps, cœur et âme. Je me sens grimacer. Le jour commence à percer à nouveau ma rétine, les sons à toucher délicatement mes tympans. J'entends Sulpicia parler et je distingue les contours de son visage qui se font de plus en plus nets. Je cligne des yeux, reprend conscience et m'assois de manière plus forte, dans un mutisme que je ne parviens à briser encore. La sorcière m'intime de lui répondre, mais je me heurte face à une impossibilité. Ma gorge est sèche de salive et de mots, contractée d'une tristesse douloureuse et de la vengeance d'un père envers son engeance.

Je peine à reprendre mon souffle et m'applique à le faire consciencieusement. C'est la première étape essentielle pour que je me retrouve et que mes esprits reviennent. Ma respiration s'apaise doucement et prend un rythme que je lui impose. Je bouge quelques muscles, tourne doucement la tête pour ne pas que ma tête me tourne et me racle la gorge. Je passe une main nerveuse sur ma nuque, comme un réflexe que je n'ai pu retenir. Je lance un regard encore larmoyant de l'asphyxie provoquée par mes inspirations presque inexistantes. Je sens que je suis à nouveau capable de fixer mon attention et d'articuler quelque chose. Je ne pourrais continuer de faire semblant pour échapper aux aveux  que je veux pourtant retenir au plus profond de moi. J'hésite encore et non pas par fierté. Mais l'inquiétude dans le cœur de la sorcière m'oblige à la confession. Je sens mon cœur qui palpite de cette panique que je connais bien. Les bourrasques de vents se font plus fortes, comme si elles voulaient m'encourager d'une caresse puissante. Je laisse l'air vivifiant me secouer un peu. Déglutissant avec difficulté, je me relève, les jambes flageolantes. Je frémis déjà de ce que je vais faire. Je lui tourne le dos, non pas pour lui manquer de respect. Ma cape tombe au sol, bien vite rejointe par la chemise que j'avais enfilé rapidement, sans plus d'ornements.

Là, sur une falaise  d'écosse, je fais face à la mer rugissante. Les embruns amène un goût salé quand je contemple la violence de la nature s'exprimer avec force la bouche ouverte pour laisser passer mon souffle. Le vent glacé fouette ma peau, doux reflet du fouet qui a imprimé les cicatrices nues et que j'offre au monde. Mes muscles comprimés se tirent d'une culpabilité affreuse doublée de honte. Rien ne viens cacher les  blessures de la rage, et moins encore le complexe runique qui s'imprime en des dessins froids sur le haut de mon dos, léchant la nuque. Je me mord la lèvre jusqu'au sang, dans la précipitation de retenir un cris. C'est une des choses les plus intimes  que j'ai fait de toute ma vie, offrir cette faiblesse que je renie avec force. Les secondes qui meurent laissent le souvenir de mon père flotter devant mes yeux voilés de douleur. Il avait promis que je m'en souviendrai, cette fois, que cela me marquerait corps et âme et il avait raison. Si au fil des jours je peux me permettre de laisser l'oubli me gagner quelques instants, toujours je suis ramené à cette réalité qui a existé. Et le jour du rappel sonne irrémédiablement. Si tout de même il est des jours où je lui fais de nouveau l'affront du refus, d'une rébellion quelconque, il ne lui suffit que de passer le châtiment dans cette abomination qu'il a créé.

Un goût amer me prend la bouche jusqu'à la nausée. Comment puis-je aimer cet homme au delà de moi-même. Rose disait toujours qu'il était important que les autres nous respectent et nous aiment, mais que rien n'importait plus que le respect et l'amour que l'on pouvait avoir pour soi-même. Et elle n'avait pas tord. Je me déteste. La colère qui me scie le cœur et le dégoût que j'éprouve n'ont d'autres cibles que ma personne. Il n'y a pas d'autre exutoire possible. Je me retourne pour regarder la sorcière, frissonnant par ce temps hivernal. Mon regard est dur et la défie de m'engueuler. J'ai cherché. J'ai passé des nuits blanches à laisser mes yeux fatigués des heures passées lire les lignes interminables de grimoires sur les runes, les malédictions, la magie noire, l'ancienne magie. Tout, j'ai tout regardé. Il existe sans doute un ouvrage que je n'ai pas consulté et qui contient la réponse. Mais elle m'échappe encore. Les seuls avancées que j'ai pu faire ne sont pas encourageantes : seule la mort de mon père me délivrerait de ce mal, comme un serment inviolable. Ou ma propre mort. Autrement dit, il n'en est pas question. Les cris de mon cœur hurlent de vouloir sortir et je sens que mon ventre se tord d'une rage que je veux vomir. Avec une hargne peu usuelle, serrant les points, je me confesse :

- Je n'ai aucun moyen d'échapper à ce qu'il s'est passé. Dois-je tuer mon père ? Ce qu'il a fait n'est pas normal, mais je n'arrive pas à lui en vouloir. Il a fait ce qu'il est et l'a fait parce que je ne suis pas ce qu'il voudrait. Alors quoi ? Je fais quoi ?

Je change ? Laisse moi rire, c'est pareil que mourir. Je meurs alors... Ce n'est pas une solution. Mon père meurt ? Non. Non, surtout pas. C'est pareil que changer et donc pareil que mourir. Alors je cherche...

- Je ne me suis pas embarqué dans mes recherches par hasard. La médicomagie me passionne et j'ai voué ma vie à soigner les autres, à  trouver comment lutter contre les blessures dues aux violences quelles qu'elles soient, les runes, la magie noire, les malédictions... Avec tous les moyens que je peux. Je suis devenu extrêmement doué pour cela. Mais je n'ai pas trouvé.

Une fatigue impressionnante me tombe comme une chape de plomb et mes jambes vacillent toujours. Je suis blême à faire peur, je le sais, je le vois dans les yeux de Sulpicia. Le monde perd de son contraste en devenant presque lumineux. Je crois que je fais une putain d'hypoglycémie. Mais je serre les dents. Comme je serre toujours les dents.

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21 décembre 1981.

Il semble me revenir doucement, s’appuyant contre la pierre froide et humide frappée par le vent salé du bord de mer. Je le regarde, anxieuse qu’il n’aille physiquement, pas si bien. Il était pale à en faire peur et j’en viens à me demander depuis quand celui-ci n’avait pas mangé. Me mordillant la lèvre, je l’observais reprendre ses esprits, baissant les mains une fois rassurée.
Sanders finit par se relever. Silencieux. Le sorcier me tournait le dos. Il avait surement besoin de temps pour digérer ses émotions…. Me faisant ouvrir grand les yeux lorsqu’il retira sa cape et sa chemise dans ce courant d’air glacial. Il allait tomber malade s’il ne faisait pas attention ! Mais la pensée m’échappa totalement lorsque j’aperçu les traits fins d’une rune dans sa nuque. Elle suivait les courbes naturelles du sorcier. Je ne sus que dire, mais me rapprocha pour observer celle-ci. C’était de la magie noire puissante, comme je n’en avais jamais vu. Il faut dire que je ne baignais pas dans ces choses là. Je n’étais pas mon ainé ni mes parents. Mon aura était pure et ma magie uniquement basée sur des émotions positives. Des sentiments tels que l’amour, le don de soi, la protection et le bonheur. Autant dire que lorsque je n’allais pas bien, je ne pouvais user de la Vieille Magie.
Elle était capricieuse, cette magie. Irrésistible et incontrôlable. Elle vous contrôlait de part sa puissance et ses jets d’excitation qui électrifiait tout votre corps. J’avais besoin de comprendre les dégâts que faisait exactement cette rune sur le Dolohov. Ce fut pour cela que je la touchai du bout des doigts.

Une sensation de brulure prit mes doigts, la peau se flétrie, se noircie rapidement. La rune venait de se défendre face à ce que j’étais. Elle avait reconnue ma magie et les tatouages que j’avais sur les mains, bras et nuques. Je n’en avais pas fais usage pour autant. Je dus retenir un cri de douleur. S’il n’y avait eu que cela. Me prenant la tête entre les mains, mon souffle se coupa quelques instants. Tombant à genou, mon apparence redevint celle que l’on me connaissait tandis que je fermais les yeux. Crispée dans cette position recroquevillée, je tentais de reprendre mon souffle.
Je venais de recevoir un aperçu de ce que faisait cette rune à Sanders. Une douleur mentale, un jet vert semblait avoir volé entre mes deux oreilles le temps d’une minute. La douleur lancinante disparue, je pus me remettre à respirer. J’entendais Sanders parler de son père qui lui avait imposé cette punition pour ces gestes. Je connaissais ce sentiment, d’amour et de haine. L’on aimait son sang. On ne pouvait renier sa famille. Elle nous avait portée, éduquée… aimée pour certains. Mais nous étions des sang-purs et cela impliquait un certain traitement. Alors, lorsqu’il me demanda amer s’il devait tuer son père, je restais interdite. Me refusant à ce qu’il me touche.

Me relevant, j’observais ma main aux doigts brûlés. Ma magie s’affairait déjà à guérir ces brules. Elles étaient grave et cela prendrait surement plusieurs heures. « Je ne sais pas Sanders. Je ne sais pas quoi te dire ou te conseiller. Tu ne peux tuer l’un des tiens… Peut-être devrais-tu montrer cette rune à un expert…. » Et par là, j’entendais ceux qui m’avaient éduquer à la Vieille Magie, mais cela impliquait de devoir quitter le pays. D’user d’un portoloin pour se rendre dans les steppes mongoles ou en plein désert du Sahara. Sanders serait-il prêt à faire un tel déplacement ? J’en doutais. Le sorcier se faisait souffrir le martyr et sa rune ne l’aidait en rien.
Je me reculais, fermant ma main blessée et serra un peu plus contre moi ma cape. Tirant au passage ma capuche pour camoufler mon visage et mes longs cheveux couleurs des blés.
Sanders s’agaçait. Je ne voulais pas le forcer à continuer à me parler. C’était déjà beaucoup, en une journée. J’avais envie de venir déposer ma main sur son épaule. Continuer à être compatissante, mais je ne me sentais pas encore apte à le faire. Il m’informait qu’il n’avait pas choisit sa spécialité par hasard, qu’il était là ou il était pour une bonne raison. Mais nous étions tous des médicomages pour ces raisons là, non ? Venir en aide à autrui ?
Les lèvres pincées, j’avais envie de vomir ce que je savais sur ce genre de runes. Du moins, qui je connaissais qui pourrait l’aider. Mais je ne savais pas si c’était une bonne idée. Alors, je gardais la chose pour moi, tentant de me contrôler comme je le pouvais. « Nous devrions rentrer avant qu’ils ne se rendent compte que je ne suis plus au QG. » Et Sirius s’inquiéterait. Il me rappellerait entre quatre yeux que j’étais supposée être morte et ne pas sortir ainsi de la maisonnette. « Tu dois manger quelque chose. »



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21 décembre 1981.

La réaction de la sorcière n'est pas tant celle que j'expectais. Il y a de la réserve, de la pudeur, ce qui est agréable. Elle protège mon jardin secret. Cependant, Sulpicia n'arrive pas à cacher cette inquiétude persistante à mon égard. Je le savais, ce que je créerais en lui donnant à voir le fardeau de mes blessures et je me réjouis de garder encore quelques secrets. Je regarde la blessure due à la brûlure. Bien évidement, en tant que médicomage qualifiée, sa curiosité à prit le dessus et elle n'a pu s'empêcher d'essayer de comprendre de quoi il en retourne. Elle n'a récolter que des doigts brûlés et d'autres questions muettes pour le moment. Je viens vers elle comme pour essayer de voir si cela n'est pas trop grave. Dans son âme naît une réaction qui me blesse profondément : c'est comme un mouvement de recul, une peur insidieuse qui l'habite, que cette magie sombre ne l'approche pas. Quand on ne se doute pas de son existence, il est facile de passer à côté sans ressentir les effets, mais quand on a vu ce que c'était et ce que cela pouvait faire, le mieux est de garder ces horreurs loin. Mais ces horreurs font parties de moi. Je grimace sans ajouter quoi que ce soit, espérant silencieusement que ce ne soit que provisoire et qu'elle ne gardera pas de craintes. Je la regarde droit dans les yeux quand elle me conseille.

- Tu sais aussi bien que moi que les experts ont quitté la Grande Bretagne pour fuir le Seigneur des Ténèbres, par crainte d'être enrôlé de force ou que sais-je. Je ne prends pas ton conseil à la légère, mais cela signifierait quitter l'Ordre du Phénix pour une période indéterminé, réussir à passer les frontières et briser ma couverture...

Cela n'implique pas que ma propre sécurité et nous savons et elle et moi qu'il y a bien une chose que je refuse, c'est de mettre les autres en danger. Même pour mon propre bien. Alors quand je songe parfois à quitter le pays, c'est une idée en l'air, bien vite réprimée. Je ne peux les lâcher. Je ramasse ma chemise et l'enfile lestement. Quand mes doigts se referment sur l'encolure de ma cape, un éclair de lucidité me transperce. Je plonge une main assurée dans mes poches sans fond et attrape un petit tube rempli d'un onguent bleu. Je le balance à la sorcière, évitant de lui remettre en main propre pour ne pas subir la moindre sensation de peur. Je ne le supporterais pas.

- C'est de ma composition, ça marche particulièrement contre les brûlures ou contusions dû à la violence. Je l'ai conçu avec...

Je me tais subitement et heureusement, c'est comme si une bourrasque de vent avait avalé mes paroles. J'allais, et avec une fierté débordante, dévoiler le secret de sa découverte. Ce n'est pas que les ingrédients soient secrets ou le processus, mais l'idée est partie de ce secret que je ne suis pas encore prêt à lui livrer. Si Sulpicia apprend mon empathie, non seulement elle se comportera étrangement devant moi, avec la suspicion peut être, que je fouille son cœur alors que ce n'est pas volontaire, mais également, cela serait un danger pour elle comme pour moi. J'ai mené des recherches étranges sur les émotions et les blessures. Souvent, le corps se souvient de l'intention. Un mal sera plus noir s'il est voulu. La magie marche beaucoup comme cela. Et j'ai eu l'idée de concentrer un soin qui serait efficace pour les violences, quelque soit le type de blessure. Il apaise régulièrement la douleur de ma nuque, sans pour autant la faire disparaître, mais j'ai connu d'excellents résultats de guérisons sur d'autres blessures. Je hoche la tête à sa remarque. Oui, nous devons sans doute rentrer. La deuxième remarque, par contre, m'embarrasse quelque peu et mon ventre noué de tristesse et de peur confirme ce malaise. C'est comme si je n'avais pas le droit et la connerie de cette pensée me saute aux yeux. Cela n'a pas de sens, cela n'en a jamais eu. Comment mérite-t-on de manger ? C'est après tout le même débat que mériter de vivre. Là, alors que ma tête tourne du manque d'énergie flagrant, que mon corps vacille et pour une fois frissonne de froid, que je comprends logiquement à quel point c'est stupide de raisonner de cette manière, cela ne résonne cependant pas pareil dans ma peur et ma violence. Mais je prends sur moi et remet ma cape autour de mes épaules. J'ai sans doute l'air morose, sombre. Nous sommes toujours aujourd'hui, je ne suis pas sûr d'arriver à rire ne serait-ce qu'un instant.

Nous transplanons et rentrons au quartier général, direction la cuisine. Un thé me tente, à la limite, mais ce n'est pas suffisant et je le sais. C'est tout ce que je permettrai, cependant, de concéder à ma peur sans éprouver de culpabilité. Une soupe serait à la limite du supportable, mais je sais qu'encore une fois, ce n'est pas suffisant. Et pour une fois parmi tant d'autres, je ne cède pas à la facilité. Avec un vide grouillant dans le ventre et une panique qui monte, je découpe une épaisse part d'un carrot cake dont la sorcière m'avait montré la recette en la réalisant il y a peu. Je fais tout de même chauffer de l'eau, comme si le réconfort d'un thé compensait l'épreuve à venir. Je laisse Sulpicia choisir ce qu'elle voudrait, si elle veut quelque chose et étrangement, je sens qu'en moi cela sera plus difficile d'avaler la moindre bouchée si je suis seul. C'est que je pourrai aisément tricher et préféré, épuisé, rejoindre la chaleur du lit que j'ai sans doute quitté à tort. Le thé Earl Grey prêt, je m'attable. Quand mon dos s'appuie sur le dossier de la chaise, je sens ma colonne vertébrale buter contre le bois dans un désagrément sensible. Antonin ne cesse de râler comme une grand-mère que je dois me remplumer.

- Merci, Sulpicia. Je suis désolé de ces secrets, mais ce n'est pas toujours facile à dire et parfois, même si c'est lourd à porter, cela vaut mieux comme ça. Ne prend pas cela pour un manque de confiance ou d'estime, ce n'est clairement pas ça...

Non, c'est même loin d'être le cas. Sulpicia est une des sorciers que j'estime même le plus et récemment, nous nous sommes beaucoup rapproché. Peut être qu'un jour, je lui confierais la réalité de mon don. En attendant... J'ose tordre mes lèvres en une ébauche de sourire maladroit.

- On ne fait pas la demande, en général, c'est naturel, mais je voulais le faire, par esprit de contradiction et parce qu'il faut s'assurer de ces choses... Veux-tu être mon amie ?

Je la regarde, une étincelle minuscule, mais malicieuse dans les prunelles. Il n'y a pas d'officialisation, normalement, mais je voulais assurer ma profonde sympathie envers la jeune femme. Nous ne le disons pas, et sans doute à tort. Je veeux qu'elle sâche, c'est tout.

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Je m’étais reculée sans vouloir le vexer. Je n’avais pas peur de lui ou de la rune qui était tatouée dans son dos. J’avais juste peur de ne plus contrôler ma magie et de lui faire du mal. Elle pouvait se montrer tatillonne. Dangereuse et incontrôlable. Alors, je m’étais reculée. Par protection, la sienne et la mienne.
Lorsqu’il répondit, presque sur la défensive qu’il n’y avait plus aucun expert en la question au Royaume-Uni, que tous avaient fuit, j’avais envie de lui répondre qu’avec un peu de volonté, je pouvais l’amener en voir un. Mais je ne pouvais pas. Sanders n’était pas encore prêt. Le serait-il un jour ?

« Passé les frontières est plus facile qu’on ne le pense… Les sorciers… Vous ne voyez que les routes crée et surveillée par le Ministère. Mais il existe d’autres moyens… » Et j’avais voyagé durant des années grâce à ceux-ci. J’avais dans mon sac au QG de l’Ordre, des pierres de voyages. Elles me servaient pour rejoindre ceux qui m’avaient éduqués en vielle magie. Elles avaient toutes des directions différentes et demandaient un certain prix pour être usée. Mais c’était le moyen de transport le plus sur. On ne devait pas pouvoir me suivre.
Me reculant, j’observais les brulures de mes doigts continuer de disparaître doucement, ma magie était puissante. Elle me faisait parfois peur. J’en avais tout de même besoin, aujourd’hui encore plus. La guerre faisait rage. Je ne savais pas me défendre, j’apprenais, mais je savais au fond qu’il ne me restait que la possibilité de la vieille magie pour que je puisse y arriver.

Je fini par détourner le regard tandis que Sanders remit sa chemise, il me lança un pot d’onguent pour guérir mes brulures. Mais je n’en avais pas réellement besoin. Je me mordillais la lèvre pour m’empêcher de lui parler de ce que je savais pour la vieille magie. De qui je connaissais. C’était trop dangereux. Je ne regrettais pourtant pas d’être revenue au Royaume-Uni, bien que la fraicheur de steppes mongoles me manquait. Le soleil du désert algérien aussi. Ne parlons pas des plages poudrées des caraïbes. Tous ces lieux m’avaient marqués dans l’âme. Ils avaient laissés une marque au fer rouge qui ne disparaitrait jamais.
Je lui rendis le pot, un sourire aux lèvres. « Ne t’inquiète pas, ma magie opère déjà. » Je remis sur mes longs cheveux blonds ma capuche. Nous allions partir du lieu et je ne désirais pas que l’on me reconnaisse, bien que les lieux étaient plutôt isolés de toutes vies. Nous ne pouvions être certains que personne n’aurait l’idée de se déplacer jusqu’ici.


~ De retour au QG, Sanders se dirigea vers la cuisine tandis que je retirais ma cape d’hiver et mon échappe. Je fis disparaître le tout dans ma chambre, ne voulant pas que l’on ne me fasse une quel qu’on que remarque sur mes petites sorties interdites. Jetant un œil rapide au salon et à la petite salle adjacente qui servait pour les réunions, je ne pus que me rendre compte à l’évidence : le QG était calme. Je rejoignis alors Sanders, lui faisant un sourire doux. J’accueillais son secret avec bonheur, je voulais l’aider et qu’il soit soulagé de sa douleur. Je voulais qu’il puisse se permettre de faire son deuil. Je m’installa à la table de la cuisine, observant le sorcier se préparer du thé et se couper une part de gâteau à la carotte. Je n’avais pas faim. Ni soif. Cependant, je sortis de ma poche des feuilles de tentaculas que j’avais pré-roulé. J’avais besoin de laisser la pression de cette annonce redescendre. J’avais besoin de me détendre. Alors, je l’alluma et tira une fois dessus. « Je ne t’en veux pas Sanders. Je suis flattée que tu ais partagé ce souvenir, cette blessure avec moi. Je serais toujours là pour toi… » Je te tendrais toujours la main.
Et je ne la lâcherai pas.

Il me fit rire, d’un ire joyeux et entrainant, mais aussi enfantin. De ce rire que je détestais tout autant que mon don, mais qui, aux oreilles de Sirius, sonnait comme un chant agréable. Un rire qui ne correspondait guère à l’image que l’on avait de moi. Sanders venait d’officiellement me demander en amie. J’hochais la tête, évidemment que nous étions amis. Mais s’il avait besoin de s’en assurer… Après tout ? « Sanders, j’accepte cette demande d’amitié avec plaisir ! » Un sourire et les yeux pétillant de la même malice que le sorcier, je me releva et me servit, finalement, une tasse de thé. « Tu dois être la première personne à vouloir devenir mon ami. » Lui lançais-je. Après tout… J’avais toujours eu cette réputation … froide. Hautaine. Sang pur.



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Les mots s'envolent dans l'air et m'atteignent au vol, difficilement. Je les entends, je distingue les sons. Est-ce que je les écoute ? Est-ce que je les comprends ? Mon ventre se tord d'une angoisse détestable alors que ma cuillère tremble entre mes doigts osseux. Le métal entre en contact avec le gâteau qui cède sous l'affront. Mais je joue avec le morceau qui résulte de cette déchirure. Je joue, le tourne dans tous les sens, sans le porter à ma bouche. A nouveau, je rencontre un refus que je ne saisi pas. S'il était si palpable que cela, je pourrais le briser, lui tordre le cou avant qu'il n'éclose et se saisisse de moi comme on se saisit d'un jouet. Mes yeux se ferment d'eux-même, pour me protéger de cette frustration immense. Mais ce n'est plus tant la vision de mon impuissance qui provoque ma détresse, plutôt son sentiment intense et désespérant. Je n'arrive pas à l'expliquer. Je n'ai pas de mots. Seulement des maux.

Je relève la tête et me rouvre au monde quand Sulpicia répond avec une certaine ironie ou amertume, la différence est ténue, que je dois bien être le seul. Ma première réaction est qu'il n'y a qu'un idiot comme moi qui fait des demandes comme cela. J'aime les idiots. Et ensuite, je comprends ce que ces paroles signifient. Il ne s'agit pas de moi, mais d'elle. Je contemple la sorcière en sirotant mon thé brûlant. Ma langue se rebelle contre la chaleur et cependant je continue. Le goût du tanin, ce parfum citronné de la bergamote, envoûtent mes sens heurtés des souvenirs douloureux. Il y a comme une essence de Rose qui flotte dans les flagrances et la douceur qu'elles me procurent. Je reste silencieux, essayant de mâcher mes mots tranquillement, à défaut de mâcher le gâteau qui reste intouché. Mon ventre gronde d'indignation.

- Les autres sont des doxys...

J'avale à nouveau une gorgée et laisse la chaleur se rependre dans mon corps. Le frétillement de cette sensation apporte un réconfort dont je me satisfait pleinement. L'idée même de ce contentement est affreuse puisqu'elle suppose que je continue de refuser plus. J'avais bravement essayé. J'ai poussé le geste jusqu'à me servir, mais aujourd'hui, en cette date funeste, je baisse les bras. C'est trop, tout cela. Je ne veux pas dire que c'est une éternelle chute qui m'entraînera plus bas que les abysses, mais que ce jour est trop sombre pour y ouvrir les yeux d'une brèche de bonté. Pas envers moi. Je me ré-adosse à la chaise et de nouveau ma colonne heurte le dossier. Mes os pointent pour pointer le problème et je n'écoute pas. Je suis têtu, complètement persévérant dans ce malheur que je m'impose. La lumière de la sorcière me réchauffe tout de même, et je suis désolé de laisser tomber comme cela. Je lui fais défaut dans mon amitié, celle que j'ai offerte il y a peu comme un trésor que je ne chérie pas, finalement. Je ne me veux pas hypocrite, mais je sais que la sincérité de cet amour pour elle repose dans un respect pour moi. Comment aimer quelqu'un qui se déteste ? Et quand mes yeux détaillent le visage de Sulpicia, je discerne comme un miroir dans ce désamour profond de soi.

- C'est une grande phrase, Sulpicia. Une grande phrase de troll sans cervelle, mais mieux vaut un ami véritable que pléthore de faux semblants.

L'odeur de sa fumée chatouille mon nez et en ce moment de faiblesse, je sens une part de moi prête à le faire. Se défoncer pour se laisser aller, fuir le contrôle du malheur et gagner la félicité de l'oubli, de l'insouciance, juste un instant d'espoir. Mais la révolte envers ce genre de chose est bien trop forte pour que je cède alors. C'est que quelque chose en moi mourrait de cette perdition agréable. Et je n'aime pas trop ce que cela provoque chez les autres.

- Je ne dirai rien. Ou plutôt c'est une prétérition. Tu sais que ce n'est pas terrible, les feuilles de tentacula. Le parfum est obsédant, les effets également, je te le concède, mais les études ont montré que le danger n'était pas négligeable.

Je me sens vieux, soudainement, à me rebeller pour une question de santé. Et je me rends compte que j'ai toujours été vieux sur ce point de vue là. Pourtant, elle pourrait m'opposer nombre de mes défauts concernant ma santé. Le refus de m'alimenter par exemple. Et ce danger constant dans lequel je me mets pour essayer de sauver les autres. Je ne suis pas un modèle. Mais je ne fais pas les drogues, pas l'alcool et je ne laisse pas des vampires sucer mon sang pour l'euphorie tordue du geste.

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« Mange ! » Lançais-je au sorcier qui s’était juste servit une part de gâteau… Sans pour autant y toucher.  Je l’observe du coin de l’œil, sans réellement donner cette impression de surveiller ce qu’il faisait. L’homme avait terriblement besoin de manger. Qu’importe son état émotionnel, il ne pouvait pas se laisser aller plus longtemps. Il finirait par s’écrouler de fatigue, à bout. Sa maigreur en devenait plus qu’évidente et il ne pourrait bientôt plus se cacher sous ses vêtements et ses capes d’hiver. Sanders ne serait alors plus d’aucune aide pour personnes… L’Ordre, ses patients et lui même. Je savais ce qui le pesait à présent. Mais se laisser dépérir n’était pas une solution. Loin de là !

L’homme me fit sourire, traitant les autres de doxys. Je n’avais jamais attiré la sympathie avant de me lancé dans la médicomagie, et la solitude n’avait pas été difficile à supporter à Poudlard. Il le savait, je lui avais déjà dis que je n’avais jamais eu d’ami durant mes études. Je n’en voulais pas aux autres. J’étais la seule responsable après tout : j’avais repoussé minutieusement tous ceux qui s’intéressaient de trop près à ma personne. N’ayant accepté que Remus… Puis Sirius. Mais ca, c’était une autre histoire.
Je ne pris la peine de répondre au sorcier, haussant tout simplement les épaules. Ce n’était pas ce genre d’amitié que je recherchais : celle des faux semblants. Nous avions tous les deux grandit dans un monde de sang-pur, d’aristocratie dont les faux semblants peuplaient le moindre recoin. Les fiançailles arrangées, les discutions mornes mais polie, les danses millimétrée. J’en avais connu trop, de ces soirées sans intérêt ou l’on devait juste d’exhiber. Se montrer.

L’odeur de mon joint remplit la pièce. J’aimais cette odeur, celle des feuilles de tentaculas séchée. Je la retrouvais dans mon amortentia, cette joie, cette délicatesse dont seule celle-ci était capable de produire. J’avais toujours été fascinée par ces plantes vénéneuses, les étudiants depuis des années, coupant leurs venins, usant leurs feuilles pour des concoctions, même les dents de laits des plantes étaient utiles.
Sanders me fit des remontrances. Laissant un sourire se dessiner sur mes lèvres. C’était plus fort que lui. Je m’en rendais bien compte. Quand aux études et le danger que représentait les feuilles ? J’en étais parfaitement au courant, mais je coupais mes feuilles et mes plants de Tentaculas étaient moins toxiques que les autres…. A force de les manipuler.

« Oh Sanders ! Une fois de temps à autre ca ne fait pas de mal ! » Je me penchais sur la table, lui tendant mon joint. Un peu d’euphorie en cette journée ne lui ferait pas de mal. « Elles ne sont presque pas toxique. » Lui lançais-je. Le sorcier pouvait dire ce qu’il voulait vis à vis de cette petite addiction. Il n’avait jamais été le seul à me reprocher ce petit travers. Sirius, bien qu’il trouvait mon comportement plus relâché agréable sous l’effet des feuilles, commençait à voir d’un mauvais œil cette petite fumette.
Je déposai le joint sur la table, prenant ma tasse de thé chaude entre mes mains, buvant quelques gorgées. Observant le sorcier qui ne touchait toujours pas à son assiette. « Veux-tu que je te fasse un gratin ? » Je voyais bien qu’il peinait à manger…



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L'injonction est ferme, brutale, réelle. Le refus plus puissant encore. Je dénie non plus vaguement ce droit et ce devoir qui m'incombe, mais avec une rage qui ne m'appartient plus. C'est la peur, la rancœur, la tristesse qui prennent le dessus. Je n'en suis plus maître. C'est une sorte de règle qui ne sait plus d'où elle vient et qui s'impose avec cette incertitude constante, farouche de ne pas laisser voir son illégitimité. Elle a le pouvoir et je devrais la renverser. Pourtant, rien n'y fait, pas même les sentiments puissants de Sulpicia. Il n'y a que mon peuple qui peut se soulever contre ce despote et les petites gens de la sorcières ont beau s'indigner eux aussi, je suis mon dictateur. Je suis un traître à ma propre cause.

Je hoche la tête face à ses répliques. Les tentaculas sont effectivement un moindre mal. C'est cependant un principe pour moi. Un principe d'une hypocrisie sans bornes puisque je me laisse griser par le vide. L'addiction de la famine est une réalité que l'on ignore. Mon cerveau atténue automatiquement mes nerfs toujours à vif et c'est alors un répit que je n'espère plus. Je me sens flotter dans cet état de brouillard constant, un cocon dangereux. Je me défonce à une substance sans matérialité. C'est une dépendance sans produit. Et si j'ose répondre au besoin du corps, ce même corps se révolte de trouver des forces, de trouver de quoi contenter son essence première et non plus sa spiritualité. Il faudrait pourtant que je m'en détache. La proposition de Sulpicia me fait regarder le sol. Je déglutis avec difficulté.

- Oui, peut être...

Je n'en suis pas sûr. Ou je suis sûr que je n'en veux pas. La moindre fibre de mon être se tord d'indignation face à cette réponse faible. J'ai laissé un chuchotement d'abandon franchir mes lèvres. J'ai céder, non pas à cette loi meurtrière, mais çà l'instinct bas qui ne veut que survivre. C'est une décision qui meurt déjà, et pourtant elle a été formulée. Pourquoi cette haine ? C'est à n'y rien comprendre. Mon corps tremble. Faible. Débile. Ces derniers temps ont été éprouvant et je le sais, j'ai laisser la difficulté m'avaler défaut d'avaler quelque chose. J'ai perdu beaucoup, ce dernier mois. Mes vêtements peinent à cacher cette maigreur effroyable et je le sais. Nous sommes en hivers et leur amplitude est pourtant grande ; ils s'étalent sur plusieurs couches, cachant quelque peu les os qui s'expriment dans un malheur atroce. Mais c'est un apparat derrière lequel je me cache. Et qu'en est-il, de cet homme qui se bat pour défendre les autres et qui est incapable de se défendre lui même Oui, mon corps tremble. Je me lève, vacillant. Mon esprit tourne et manque de s'effondrer. Hypotension orthostatique. Le monde se stabilise doucement.

- Faisons le ensemble. Je me sens d'humeur à cuisiner. Un gratin de potimarron ?

C'est un mensonge. Je n'ai que l'envie de me réfugier dans mon lit et de sombrer dans un sommeil sans rêves. Mais l'envie de ne pas l'abandonner, elle, me permet de rester là. Je ne pourrais pas la planter alors qu'elle y met tant d'énergie pour moi alors que je n'en ai plus. Mes doigts s'agitent de cette peur tenace. Elle ne me lâchera pas, c'est une promesse. L'envie de laisser les larmes couler est puissante, mais je ne veux pas m'apitoyer.

- Je sais ce que c'est, Sulpicia. On le sait. Les sorciers méprisent cela parce que soi-disant, ça n'arrive qu'aux moldus. Je suis un peu démuni.

Mes gestes deviennent méthodiques, alors que l'on commence à préparer. J'essaye d'oublier ce que je fais, car je déteste l'idée de sa finalité. Oui, je l'avoue, je suis démuni. J'ai étudié la médipsychomagie, mais il s'agit de quelque chose de complexe et différent. Dire que les sorciers sont exempts de souffrances mentales non dues à la magie est un leurre. Et le mot ne sort pas car il heurte trop. C'est une réalité qui fait mal. Et la vérité, c'est que j'ai même évité de monter sur une balance pour ne pas avoir à constater la déchéance. Je cherche à faire évader mon esprit qui commence à pulser dangereusement de panique.

- Tu sais, Sul, tu ressembles à Rose, un peu. Ou à Merta. Mais je t'aime plus parce que tu es différente encore. Pour ce que tu es.

Je fronce les sourcils et rigole légèrement, comme si j'avais dis une bêtise.

- Enfin, je t'aime comme j'aime Merta ou Antonin. Pas comme Rose hein ?

Pas comme Sirius pour toi. Mais cela, je ne le dis pas.

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Sulpicia I. Mulciber


There is no such thing as melancoly and the perfum of  Roses
Sanders & Sulpicia

« I JUST WANT TO HAVE YOU NEAR ME, HEART BY HEART, LIPS ON LIPS, HAND IN HAND, EYES TO EYES... BUT I KNOW THAT DREAMING IS LIKE LEAVING AND NOT LIKE  LIVING, AS MUCH AS THOSE WORDS SOUND  THE SAME.  »
21 décembre 1981.
Sanders finit par se lever, se montrant d’une humeur faussement joviale à l’idée de cuisiner un véritable plat pour se sustenter. Il avait besoin de manger, plus qu’il ne voulait se l’avouer. Peut-être se complaisait-il dans cette souffrance ? Mais en avait-il encore besoin après toutes ces années ?
Il s’empressa de commencer l’épluchage et la découpe des légumes. Il feignait un entraint qui me serrait le cœur. Cette journée serait longue et difficile pour le sorcier, je m’en doutais bien. Alors, je le rejoignis et le laissais préparer les légumes tandis que je me mis à battre les œufs et la crème pour le gratin. Je lui aurai fais volontiers des lasagnes végétariennes, plus nourrissante que le potimarron. Mais je le laissais décider ce qui lui ferait plaisir. Après tout, s’il aimait le légume, il y prendrait plus de plaisir. Je ne répondais rien lorsque Sanders me dit qu’il était un peu démuni. J’étais là pour l’aider, pour le soutenir, et savait que notre société n’en avait que faire des troubles que nous pouvions tous ressentir.
L’envie de soupirer me prit, mais je me retiens, prenant les légumes que l’homme avait coupés pour les placer dans le plat que je sortis. Y installant potimarron et pommes de terres. Je pris la liberté d’ajouter une carotte, ail et ognon, ainsi qu’une branche de thym pour parfumer. Ma grand mère maternelle avait toujours aimé cuisiner et avait transmit sa passion lors de mon enfance. Ce qui pouvait en surprendre plus d’un !

Un sourire se dessina sur mes lèvres lorsqu’il me compara à sa Rose et à Rosmerta. Tentant de se rattraper par la suite en me disant que ce sentiment était identique à ceux qu’il avait pour son frère et sa meilleure amie. Je tapotai son épaule. Comprenant parfaitement ce qu’il me disait. « Je ne pourrais te comparer à personne dans mon entourage, tu es tellement différent d’eux… » C’était un compliment. Oui. Mieux valait ne pas ressembler à mes parents ou mon ainé. C’était des êtres froids. Mère peut-être moins. Mais Isaiah était un tueur né.
« Tu as de la chance d’avoir un frère qui t’aime. Vraiment. » Le mien… C’était compliqué !
Les œufs et la crème ajoutée, je mis un peu de fromage râpé sur le dessus du futur gratin et enfourna. Mon petit joint était fini depuis bien longtemps. Me détendant enfin. Je n’étais pas bavarde. Jamais. Et je ne parlais encore moins de mes grands parents maternels. Je restais, malgré moi, quelqu’un de renfermée.

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HRP: désoléee c'est couuUUUurt !

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Sanders A. Dolohov


There is no such thing as melancoly and the perfum of  Roses
Sanders & Sulpicia

« I JUST WANT TO HAVE YOU NEAR ME, HEART BY HEART, LIPS ON LIPS, HAND IN HAND, EYES TO EYES... BUT I KNOW THAT DREAMING IS LIKE LEAVING AND NOT LIKE  LIVING, AS MUCH AS THOSE WORDS SOUND  THE SAME.  »
21 décembre 1981.

La jeune femme scrute le moindre de mes gestes avec une amertume sensible. J'entends son cœur battre au rythme de cette douleur qui l'habite quand elle constate mon malheur. C'est autant pour moi un affront que de lui imposer et un véritable soulagement que de sentir que ses paroles ne sont pas en l'air et qu'elle sera effectivement là pour veiller à ce que ce mal qui est là disparaisse. Nous sommes tout deux ballotés dans ce monde fou, à droite et à gauche, avec toute la violence qu'il est possible. Je continue de me concentrer sur ces gestes méthodiques qui constitue la recette que nous mettons en place. Je la vois ajouter des choses qui me laissent songeur. Celles qui épaississent le plat d'un plaisir en promesse me laisse fébrile. Les autres sont une ingéniosité culinaire que je n'avais pas imaginé et qui me pousse à me dire que je demanderai plus souvent conseil à Sulpicia. Je savais déjà cette passion étonnante pour une sang-pure, je connaissais peu en revanche son application.

Sa main sur mon épaule provoque un frisson de soulagement. Elle n'a pas mis longtemps à retrouver mon contact. Je la sais trop intelligente pour avoir oublier, mais Sulpicia passe outre et même surpasse la malédiction qui ronge mon corps. Les mots qu'elle emploie en suite me laisse perplexe. Je sais la douleur du désamour ou de la haine, mais la relation qui me lie à ma famille et particulièrement à mon frère est sans doute ma plus grande peur. Il n'y a presque plus rien que l'on puisse m'arracher et qui me mettrait à terre, puisque mes amours sont déjà enterrées. Il n'y a plus que moi-même et je ne suis pas ignorant que ce soit une possibilité. Je ne ferai pas l'idiot : j'aime ma famille. Et ma famille m'aime, à sa façon. Là n'est pas le problème. Le problème réside dans le fait que l'amour me fait perdre la raison et qu'il se puisse que j’abandonne ce qui est important pour moi, ce qui me constitue, pour satisfaire cet amour. C'est la question. La question d'Antonin. Il est droit, devant moi, le regard sérieux. Il est là, froid et dur, inflexible. Et il pose la question. C'est mon cauchemar, un épouvantard qui ne me quitte pas.

- Antonin et moi divergeons beaucoup. De ce fait, l'amour que nous avons l'un pour l'autre doit être puissant pour surmonter cela.

C'est une réalité. Je sais qu'Isaiah n'a rien d'Antonin dans sa relation avec Sulpicia. Mon frère laisse des choses de côté, par la tolérance du cœur. Il n'oublie pas, cependant, mais il concède. Ce n'est pas le cas de la sorcière. Le plat dans le four et le ventre au supplice, je lui offre un nouveau sourire, moi qui me pensais avare en ce jour.

- Les liens du sang sont importants, Sulpicia, mais peut être plus importants sont ceux du cœur. J'ai pu tisser ces liens avec ma famille, excepté Nikolaï peut être. Que ce ne soit pas ton cas ne signifie pas que tu n'ais pas de famille. Tu es comme une petite sœur pour moi, finalement.

Je sais, quand je dis cela, que c'est vrai. Sulpicia est devenue ma famille.

(c) DΛNDELION

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we accept the love we think we deserve
everybody knows that everybody dies

La vie est pleine d'occasions presque manqués et de coups de chance absolue, de grand amour et de petits désastres. La vie est faite de milk-shakes à la banane, de cuisines équipées, et de chaussures de toutes les formes et de toutes les tailles. La vie est banale à en mourir et fabuleusement incroyable. La vie c'est tout ça à la fois, à chaque instant. Alors il faut prendre tout ce qu'il y a à prendre.

(c)wild heart
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Sulpicia I. Mulciber


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21 décembre 1981.
Sanders semble oublier ses soucis ne serait-ce que l’instant présent, cet instant à cuisiner un bon plat et juste partager, lui et moi, ce qui pèse l’un sur l’autre. Je n’étais pas jalouse de sa relation avec Antonin. J’avais été plus ou moins proche de mon frère un temps, pendant Poudlard, mais cette chimère s’était aussi rapidement évaporée lorsqu’il avait épouser sa fiancée. Lorsqu’il avait rejoint le Lord et fait la fierté de nos parents. Moi, j’étais l’épine dans leurs pieds qui avait catégoriquement refusé d’épouser Carrow. Je n’étais pas à vendre. Ils le savaient et avaient usés de moyens de pressions plutôt efficaces vis à vis de mon futur, de mon vaccin. J’avais du jouer le jeu. Un jeu auquel Sirius m’avait tout simplement arraché. Je ne répondis pas lorsque le sorcier m’informa qu’il me considérait comme une sœur. Que les liens du sang n’étaient pas les seuls.
Ce n’était pas réellement ce dont j’avais besoin. Je lui souris doucement. Gardant le silence. Avais-je un jour souffert du manque d’affection de ma famille ? Non, pas réellement. J’avais toujours eu en tête de devenir Médicomage et de vivre ma vie, je ne les avais juste jamais imaginé dans l’angle de cet avenir. Mon cœur ne se pinçait pas à leur pensée. Je ne ressentais pas de tristesses pour eux. Au final, les seuls membres de ma famille qui avaient réellement été aimant n’étaient plus depuis des années. Mes grands-parents maternels que ma mère cachait, refusant de parler d’eux de honte. C’était des amoureux des moldus. Ils vivaient dans un immense manoir, qui ressemblait plus à un château, qu’ils avaient achetés à des moldus. Depuis, ces sang-purs vivaient reclus dans leur région et ne participaient plus à la vie du monde magique. Je les adorais.

Observant le plat cuir, je pouvais sentir sa douce odeur titiller mes narines. La tête légèrement penchée sur le coté, j’étais pensive. Mes doigts avaient guérit sans l’aide de Sanders et je repensais à sa rune dans son dos. Mais il n’était pas prêt à tout quitter pour se lancer dans un voyage et rencontrer des maitres de l’ancienne magie. Je pouvais écrire à ceux que je connaissais, mais je savais que la réponse était de se déplacer. Il s’y refuserait.
Il y eut du grabuge dans le hall d’entrée, plusieurs membres semblaient revenir de missions, j’observais ceux-ci se dévêtir et venir saluer Sanders. Ils déposèrent sur le table de la cuisine des nouvelles victuailles. Soupirant, je n’allais pas rester pour le déranger alors qu’il était en compagnie des membres de l’ordre. Je lui fis un petit signe comme quoi je montais dans ma chambre et le laissa.
M’installant au bord de la fenêtre de celle-ci, un livre sur les genoux.


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